Coffee Break 14/06/2021

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • Aux États-Unis, les prix à la consommation ont bondi de 5 % en glissement annuel en mai, leur plus forte augmentation depuis l’été 2008. Contre toute attente, les rendements obligataires ont baissé, les chiffres du mois dernier représentant ce qui pourrait être un sommet ponctuel.
  • Sans surprise, la décision de la BCE de maintenir un niveau élevé de mesures de soutien n’a pas été unanime, et Christine Lagarde a soigneusement évité de parler de « resserrement », indiquant que l’inflation prévisionnelle restait inférieure à son objectif de 2 %.
  • Le Sénat américain a adopté un projet de loi accordant 250 milliards de dollars au gouvernement pour investir en recherche et développement dans les nouvelles technologies face à la menace concurrentielle grandissante de la Chine.
  • Les pays du G7 ont convenu de fixer un taux minimum d’imposition des sociétés de 15 % au niveau mondial.

 

ET ENSUITE ?

  • La semaine s’annonce importante pour les marchés, car le comité de la Fed pourrait ouvrir le débat sur la réduction progressive des achats d'actifs (« tapering»). La Fed publiera également de nouvelles prévisions (« dot plots ») et son président Jérôme Powell devrait s’exprimer sur l'inflation.
  • Après le sommet du G7, la géopolitique restera à l'honneur avec un sommet de l'OTAN, un sommet UE-USA à Bruxelles et une rencontre entre Joe Biden et Vladimir Poutine à Genève.
  • La Chine suscitera également l'attention, la CNDR ayant promis de contrôler les prix du maïs, du blé et du porc suite à la hausse de 9 % de l'indice des prix à la production (IPP) en mai. Les relations sino-américaines resteront un sujet sensible, car l’administration Biden prévoit de lancer de nouvelles négociations commerciales avec Taiwan.
  • Sur le plan statistique, les investisseurs guetteront les chiffres des ventes au détail, de la production industrielle et de l’IPP aux États-Unis, de l’IPC dans la zone euro et au Royaume-Uni, et de la production industrielle et des ventes au détail en Chine.

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • La reprise économique devrait se poursuivre l’an prochain grâce au maintien du soutien budgétaire et à la prudence affichée par les banques centrales, qui communiqueront avec le plus grand soin sur une réduction progressive des mesures d’assouplissement monétaire . La pandémie semble gérable à l’heure actuelle, car les vaccins restent efficaces contre les mutations du virus.
    • Nous pensons que cet environnement est plus favorable aux actions qu’aux obligations. La rotation séquentielle actuelle du marché des actions devrait également se poursuivre, permettant aux actions hors États-Unis de bénéficier de nouveaux flux.
    • Aux États-Unis, on s’attend à une reprise des dépenses et des mesures de taxations, ce qui pourrait favoriser une hausse des rendements alors qu’un resserrement devrait être annoncé dans les prochains mois.
    • En Europe, notre scénario central table sur un retour à la croissance d’ici la fin de l’année et une mise en œuvre du plan de relance européen « Next Generation » au second semestre. Les indicateurs économiques font toujours ressortir un important décalage qui reste à combler entre les services et l’activité industrielle, car celle-ci a déjà commencé à bénéficier du rebond économique mondial. Le « reflation trade» pourrait ainsi passer à l’étape suivante dans un contexte de forte demande extérieure et de reprise de la demande intérieure.
  • Nos vues sur les marchés
    • Le sentiment des investisseurs, le positionnement et la volatilité sont en train de se remettre de leurs niveaux de crise, sans pour autant être complaisants ou extrêmes.
    • Les marchés ont bien intégré la phase de solide rebond « mécanique » de l’après-pandémie, comme en atteste la nette surperformance des valeurs cycliques. On peut désormais s’attendre à des rendements plus faibles, même s’ils restent positifs.
    • Nous constatons que les actifs spéculatifs se sont corrigés sans déstabiliser les actions et que le marché se trouve désormais sur une trajectoire un peu plus saine.
    • La communication des banques centrales et le rythme de hausse des taux nominaux détermineront l’évolution et la volatilité des marchés financiers dans la phase suivante.
    • Nous maintenons notre préférence pour les actions non américaines et conservons des couvertures contre la hausse des rendements et de l'inflation. Nous maintenons également nos positions envers les banques et les petites et moyennes capitalisations européennes et américaines, ainsi que notre exposition aux matières premières, à la livre sterling et à la couronne norvégienne.
    • Parallèlement, notre portefeuille de base reste axé sur les pays et les thèmes les plus résilients.
  • Risques
    • Hausse incontrôlée des rendements obligataires : certains indicateurs américains laissent déjà entrevoir un renforcement du marché du travail. Nous pourrions dans ce cas assister à une hausse des rendements réels et nominaux.
    • Contraintes de l’offre : les entreprises ont prévenu qu’elles avaient du mal à embaucher et à reconstituer leurs stocks pour faire face au rebond de la demande. Si ces conditions se prolongeaient, elles pourraient provoquer de nouvelles hausses des prix sans croissance supplémentaire, ce qui pèserait sur les marges.
    • Duel entre le virus et le déploiement des vaccins: le coronavirus et ses mutations pourraient devenir endémique, car l’immunité n’est pas permanente et exige par conséquent un effort de vaccination constant et généralisé.
    • Tensions géopolitiques :la résurgence des tensions entre les États-Unis et la Chine et/ou la Russie est à l’ordre du jour, comme en témoignent les sommets du G7 et de l’OTAN.
    • Incertitude politique: la fracture sociale se creuse entre les perdants et les gagnants de la crise sanitaire alors que des élections sont prévues dans plusieurs pays au cours des douze prochains mois, à commencer par l’Allemagne qui élira un nouveau parlement en septembre.


MODIFICATIONS RECENTES AU SEIN DE NOTRE STRATEGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Le contexte général reste favorable à la prise de risque, les chiffres économiques positifs et l’amélioration des prévisions de croissance venant soutenir le sentiment des investisseurs. Des risques majeurs perdurent malgré tout, que ce soit sur le plan politique, géopolitique ou monétaire. Nous vivons désormais avec le virus et malgré des écarts de vaccination qui vont très probablement se prolonger, la volatilité économique et le risque de marché négatif devraient progressivement s'atténuer. Même si les craintes d'inflation augmentent, nous pensons que la hausse actuelle devrait rester temporaire et s’atténuer quelque peu dans les prochains trimestres.
Dans ce contexte, nous continuons de sous-pondérer les emprunts d’État et conservons une duration courte sur la zone euro et les États-Unis. En ce qui concerne les actions, nous restons globalement surpondérés avec un positionnement axé sur le thème de la reflation et les secteurs gagnants à long terme. Malgré un rattrapage déjà important, nous pensons que les matières premières continuent d’offrir un potentiel de hausse. Compte tenu des risques évoqués ci-dessus, nous conservons des couvertures en instruments dérivés.

 

STRATEGIE CROSS ASSET ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • La reprise économique devrait rester soutenue pendant l’année à venir grâce au maintien du soutien budgétaire et à la prudence des banques centrales. Dans ce contexte, nous continuons de préférer les actions aux obligations.
    • En ce qui concerne les actions, l’impact de la pandémie devrait s’atténuer à mesure que les pays sortent de la crise et que leur économie se redresse. La crise de la COVID pourrait n’avoir qu’un effet très limité sur le potentiel de croissance à long terme des économies tout en favorisant une accélération des gains de productivité. Le redressement de l’après-pandémie pourrait s’accompagner d’une croissance différente, avec moins de mondialisation et davantage de croissance verte et équitable, ce qui est également synonyme de pressions sur les marges des entreprises. Notre positionnement est donc axé sur le thème de la reflation et sur les secteurs gagnants à long terme. Notre stratégie multi-actifs actuelle peut se résumer comme suit :
      1. Exposition aux actifs tournés vers le rebond/redressement de l’après-COVID
        Surpondération des actions par rapport aux obligations, avec une préférence pour les actions hors États-Unis.
        Sous-pondération des emprunts d’État, avec maintien d’une duration courte. Nous nous concentrons sur la principale source de portage, à savoir la dette émergente. Nous restons neutres envers les obligations investment grade européennes et américaines.
        Nous sommes exposés à la hausse des prix des matières premières, dans le cadre d’un panier reprenant des devises, telles que le dollar australien, le dollar canadien et la couronne norvégienne, et nous maintenons notre position acheteuse sur la livre sterling.
      1. Position positive sur les petites capitalisations
        Le contexte actuel reste favorable à la poursuite de la rotation en faveur des actions tournées vers la reprise, à la pentification de la courbe des taux et à la hausse des cours des matières premières.
        Nous achetons des petites et moyennes capitalisations aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Amérique latine.
      1. Position positive sur les banques internationales
        Malgré un rebond important sur les derniers mois, les banques de la zone euro présentent toujours une forte décote par rapport à leur moyenne à long terme et nous ajoutons des banques de la zone euro. Nous conservons aussi une surpondération des banques américaines qui pourraient bénéficier du redressement de la courbe des taux : nous pensons que les rendements américains à 10 ans devraient atteindre 2 % dans les douze prochains mois.
      1. Position positive sur les thématiques de croissance à long terme
        Inclusion de mégatendances séculaires pour profiter d’une croissance durable à long terme. La pandémie a fait ressortir leur intérêt pour la construction de portefeuilles résilients. Nos principales convictions thématiques sont la santé, la numérisation et les solutions environnementales.
        L’oncologie et la biotechnologie offrent un potentiel élevé de croissance.
        Maintien d’une exposition aux thèmes de l’innovation et de la technologie.
        Achat de valeurs de la consommation courante (secteur des boissons et produits alimentaires)

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