Coffee Break 24/06/2019

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE        

  • Les banques centrales ont donné un coup de pouce supplémentaire aux marchés financiers, propulsant le S&P500 vers un nouveau sommet historique tandis que les rendements obligataires et le dollar américain baissaient. Sachant que ce n’est pas une affaire de données, mais plutôt de prévention de risques durables, il est probable que la Fed et la BCE se joindront sans trop tarder au cycle mondial d’assouplissement monétaire.
  • Les PMI « flash » du mois de juin font ressortir la vigueur soutenue des services à 53,4 pour la zone euro. Le PMI manufacturier affiche une légère hausse de 0,1 à 47,8, mais reste en-dessous de la barre des 50 pour le cinquième mois de suite.  
  • Au Royaume-Uni, la fin de la course au 10 Downing Street se rapproche. Boris Johnson, (partisan du « Brexit ») et le secrétaire aux affaires étrangères Jeremy Hunt (précédemment anti-« Brexit ») sont les deux derniers candidats en lice. Ce sont maintenant les 160 000 adhérents du parti conservateur qui choisiront le gagnant d’ici le 22 juillet au plus tard.
  • Les chefs d’État de l’UE ont adopté le nouveau « programme stratégique » de l’UE pour 2019-2024 et se sont réunis pour des discussions sur les candidats à la présidence de la BCE et de la Commission européenne. Il n’y a pas encore d’accord sur ce dernier point. 

ET ENSUITE ?

  • Les banques centrales passeront le relais aux responsables politiques. Bien que le G20 ait un ordre du jour chargé avec des thèmes comme la numérisation ou la protection de l’environnement,  tous les regards seront tournés vers Donald Trump et Xi Jinping, qui devraient se retrouver pour dîner samedi soir.
  • Les chefs d’État de l’UE se réuniront en sommet pour choisir les présidents de la BCE et de la Commission européenne.
  • Les deux soirées de débats prévues entre les vingt candidats à la nomination du parti démocrate aux États-Unis marqueront le coup d’envoi de la campagne pour l’élection présidentielle de l’an prochain. Donald Trump a officiellement lancé sa campagne de réélection la semaine dernière.
  • En matière statistique, l’événement marquant sera la publication de l’inflation des prix à la consommation du mois de mai aux États-Unis. On s’attend à ce que cette inflation dite « PCE » reste inférieure à l’objectif de la Fed. Elle ne devrait donc pas constituer un obstacle à d’éventuelles baisses de taux. Les autres chiffres à surveiller sont l’indice IFO qui mesure la confiance des entreprises allemandes et les chiffres préliminaires de commandes de biens durables et biens d’équipement aux États-Unis.

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • Nous avons un avis modérément favorable à long terme tout en restant conscients des écueils politiques, et notamment de la bataille commerciale et technologique, qui pourrait se prolonger.
    • Alors que le cycle économique est affecté par l’incertitude prolongée liée au commerce, les banques centrales ont intensifié leurs messages de préparation à un assouplissement monétaire, ce qui a fait baisser les rendements obligataires et alimenté la hausse des actions. 
    • Dans les économies émergentes, les mesures de soutien de l’économie prises par les autorités chinoises pourraient être renforcées pour rendre leur impact plus visible. 
    • Dans la zone euro, le cycle économique reste plus atone : on s’attend à un taux de croissance du PIB de l’ordre de 1,3 % en moyenne pour 2019.
  • Nos vues sur les marchés
    • La stabilisation ou l’amélioration des chiffres macroéconomiques soutiendrait probablement les rendements obligataires internationaux, tandis que le ralentissement de l’activité économique et l’escalade du conflit commercial risquent de compromettre l’espoir d’une reprise.
    • La volonté d’agir de la Fed et de la BCE a propulsé les actions à la hausse. Le dernier FOMC a validé une baisse de taux (de précaution) en juillet tandis que Mario Draghi évoque la possibilité de nouvelles mesures de relance si les conditions ne s’améliorent pas.
    • Les flux nets vers les fonds d’actions sont restés négatifs ces dernières semaines : les investisseurs se font de plus en plus prudents au vu de la conjoncture actuelle. Les enquêtes récentes auprès des gérants de fonds sont les plus baissières depuis la crise de 2008. La part des liquidités a augmenté et celle des actions a baissé. 
    • Les valorisations des actions européennes et japonaises sont inférieures aux moyennes historiques, tandis que les États-Unis et les marchés émergents sont revenus au niveau des moyennes à long terme. 
  • Risques
    • Le conflit commercial sino-américain figure en tête de liste. Il pourrait pénaliser encore plus la croissance de la production et provoquer de nouvelles poussées de volatilité. Nous pensons qu’il s’agit d’un problème durable, qui dépasse les enjeux commerciaux
    • Les incertitudes géopolitique (ex. Iran) font toujours partie des problèmes non réglés à l’heure actuelle. Selon la manière dont elles se dénouent, l’atterrissage en douceur programmé pourrait se transformer en atterrissage brutal.
    • L’incertitude politique perdure en Europe (institutions européennes, finances publiques italiennes, “Brexit”, marge de manœuvre limitée).

 

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous restons globalement neutres envers les actions, tout en ayant un biais tactique régional : nous surpondérons les actions américaines au détriment des actions britanniques. Nous sommes neutres partout ailleurs. Au sein de l’allocation obligataire, nous conservons une duration courte et continuons de nous diversifier en dehors des obligations gouvernementales à faible rendement, via des expositions au crédit ainsi qu’à la dette émergente en devise forte. En matière de devises, nous conservons une couverture acheteuse sur le yen japonais et avons récemment vendu le dollar contre l’euro en prévision de la réunion de la Fed. 

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Position neutre sur les actions
    • Surpondération des actions américaines. Selon nous, il est toujours avantageux d’avoir une option de vente «Trump put » en plus d’un « Fed put », qui font de la région un choix plus sûr.
    • Neutre envers les actions des marchés émergents. La volonté de la Fed américaine de réduire les taux si nécessaire est un facteur favorable pour la région, mais la guerre commerciale représente un problème majeur. Nous continuons de tabler sur une croissance supérieure à 6 % en Chine cette année. 
    • Neutre envers les actions de la zone euro. Nous anticipons une hausse des actions, en ayant toutefois conscience des facteurs limitatifs, dont notamment la vulnérabilité du commerce international. Le marché de l’emploi et la demande intérieure restent corrects. La plupart des investisseurs étrangers ont quitté la région, ce qui se traduit par une sous-pondération du consensus malgré des valorisations bon marché.
    • Maintien d’une sous-pondération des actions européennes hors zone euro. La région affiche une croissance prévisionnelle des bénéfices plus basse, et donc des rendements prévisionnels inférieurs à ceux du continent, ce qui explique notre avis négatif. Le risque d’un « Brexit » brutal a augmenté ces dernières semaines.
    • Position toujours neutre envers les actions japonaises en l’absence de conviction, faute de catalyseur. La région pourrait revenir dans la course si l’actualité des relations internationales s’améliore et si la croissance mondiale repart.
  • Sous-pondération des obligations et maintien d’une duration courte
    • Nous nous attendons à une remontée graduelle des taux et des rendements obligataires, surtout en ce qui concerne les émissions allemandes à 10 ans, qui se trouvent à des niveaux très bas.
    • L’expansion ralentie, mais toujours positive, de l’économie européenne pourrait conduire à une hausse des rendements de la zone euro à moyen terme. Les obligations des pays centraux et périphériques affichent un portage défavorable. La BCE pourrait se montrer plus conciliante et mettre en place un nouveau TLTRO.
    • La dette des marchés émergents offre un portage attrayant et le ton conciliant de la Fed américaine représente un facteur favorable. L’incertitude commerciale et certains risques idiosyncrasiques comme la Turquie ou l’Argentine sont des facteurs pénalisants.
    • Nous nous diversifions en dehors des obligations gouvernementales à faible rendement avec une préférence pour le segment High Yield américain, car l’attitude conciliante de la Fed, la faiblesse de l’inflation et la diminution des craintes de récession sont propices aux opérations de portage.
    • Nous revoyons le dollar à la baisse, car il devrait cesser de d’apprécier avec le début de l’assouplissement monétaire de la Fed.