Coffee Break 26/10/2020

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • L'Europe a connu un nouveau record journalier de 200 000 cas de COVID-19 alors que le nombre de cas a plus que doublé en l’espace de dix jours. Les mesures rigoureuses qui ont été annoncées font peser des risques sur la croissance économique.
  • Aux États-Unis, la reprise semble se poursuivre sur le marché de l’emploi : les nouvelles demandes d’inscription au chômage et les renouvellements ont été beaucoup moins nombreux que prévu, tandis que les chiffres antérieurs ont également été revus à la baisse.
  • Le PMI composite « flash » de la zone euro s’est révélé un peu meilleur que prévu à 49,4 pour octobre, avec notamment une surprise à la hausse pour le PMI manufacturier de l’Allemagne qui ressort à 58 (au lieu du chiffre attendu de 54). L’enquête continue de faire ressortir des tendances sectorielles divergentes : la croissance de la production manufacturière s’est accélérée alors que le secteur des services durement touché par l’épidémie s’inscrit en baisse pour le deuxième mois consécutif.
  • Aucun des deux candidats n’est sorti clairement vainqueur du dernier débat présidentiel de jeudi. Tous les regards restent fixés sur les discussions relatives au plan de relance. Les derniers commentaires de la présidente de la Chambre des représentants américaine Nancy Pelosi sur les progrès réalisés ont suscité un certain optimisme.

 

ET ENSUITE ?

  • L’enquête de conjoncture Ifo sur la confiance des entreprises allemandes permettra aux investisseurs de mieux cerner l’impact des nouvelles mesures restrictives. Le taux de croissance du PIB des principales économies au 3e trimestre et la confiance des consommateurs aux États-Unis susciteront également l’attention.
  • La BCE et la Banque du Japon annonceront leurs nouvelles décisions de politique monétaire. On s’attend à ce qu’il n’y ait pas de changement, mais les commentaires de la BCE sur la situation actuelle de la zone euro seront analysés en détail.
  • L’attention des investisseurs se tournera également vers les résultats du 3e trimestre, avec l’entrée en scène des GAFAM. En tout état de cause, le facteur dominant reste l’évolution du virus, ce qui se traduit par des prévisions peu précises pour les trimestres à venir.
  • À huit jours du scrutin, les élections américaines sont dans tous les esprits. Avec la fin des débats présidentiels et une dernière semaine complète de campagne, les candidats vont se tourner vers les médias et les réseaux sociaux pour se garantir une couverture solide.

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • Notre scénario central prévoit la poursuite d’une reprise graduelle, mais irrégulière, des marchés financiers, en raison principalement de l'abondance de liquidité et du soutien des gouvernements. Cette dynamique pourrait s’essouffler d’ici la fin de l’année alors que l’incertitude devrait être à son comble :
      • en raison des élections et de l’absence persistante de décision sur un nouveau plan de relance aux États-Unis ;
      • en raison du « Brexit » et de la remontée des cas de COVID-19 dans de nombreux pays en Europe. La France, l’Allemagne et l’Angleterre renforcent les restrictions sur la vie sociale pour endiguer une nouvelle vague d’infections.
    • La réponse politique européenne a quelque peu rassuré grâce à l’accord sur un plan de relance, qui combine le budget à long terme de l’UE et le nouveau plan « Next Generation EU » pour un montant total de 1 800 milliards d’euros. Sur le plan monétaire, la BCE a laissé entrevoir la possibilité de nouvelles mesures de soutien.
    • Nos principales convictions :
      • Premièrement, nous restons fidèles aux « gagnants » apparents de la crise, à savoir les pays et les secteurs qui se sont montrés les plus résilients cette année : la technologie, la santé, l’environnement, l’Allemagne par rapport à la zone euro, la Chine par rapport au reste du monde.
      • Deuxièmement, nous avons ajouté des positions sur des actifs qui présentent des niveaux de valorisation attractifs par rapport au passé. Nous avons identifié les banques au sein des secteurs « value », la dette des marchés émergents et les devises bon marché. Nous avons également accentué certaines préférences régionales (Europe et marchés émergents – notamment les actions chinoises de classe A – au détriment des États-Unis et du Japon).
      • Troisièmement, nous anticipons un rebond à l’annonce d’un vaccin autorisé et sommes en train de nous constituer un panier de « réouverture ».
  • Nos vues sur les marchés
    • À court terme, les surprises économiques risquent d’être moins favorables, car les attentes ont été revues à la hausse et les restrictions de déplacement risquent de peser sur les services. Les taux réels ont cessé de baisser dans l'attente de nouvelles orientations des banques centrales et d’une plus grande visibilité sur le plan politique et sur l’évolution de l’épidémie.
    • La volatilité n’est pas prête de disparaître : alors que la visibilité sur l'épidémie et ses conséquences reste limitée, elle est également de règle en période d’élection présidentielle. Les élections de 2020 s’annoncent très polarisées. La probabilité d’une vague démocrate a récemment augmenté.
    • Historiquement, la reprise économique (et l’augmentation des taux) est favorable à la performance des titres « value ». Cela n’a pas été le cas jusqu’à présent, car les taux sont restés bas. Entre le fléchissement de la reprise économique et le nouveau cadre de politique monétaire de la Fed, il n’y a pas de raison majeure de favoriser un style plutôt qu’un autre.
    • À plus long terme, les politiques monétaires et budgétaires conciliantes et la perspective d’un vaccin devraient conduire à une reprise de l’économie.
  • Risques
    • La pandémie de coronavirus est le principal obstacle à la reprise économique. Seul un vaccin pourrait inverser la tendance de façon durable.
    • Risque électoral aux États-Unis : la gestion de la crise du coronavirus, les tensions économiques, les troubles sociaux et la perspective d’un arrêt brutal des mesures de soutien budgétaire sont source d’incertitude alors que la valorisation n’est plus aussi attrayante qu’elle ne l’a été. Une fois la période électorale passée, il y a convergence macroéconomique sur une politique expansionniste, qu’elle passe par une augmentation des dépenses (Biden) ou une baisse des impôts (Trump) dans un contexte de politique monétaire conciliante.
    • Les relations entre les États-Unis et la Chine resteront probablement tendues et assombrissent les perspectives de croissance mondiale. Aucun des deux pays ne peut se permettre de relancer une guerre commerciale.
    • Négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE : alors que l'échéance du « Brexit » se rapproche à grands pas, le Royaume-Uni n’a toujours pas conclu d'accord avec l'Union européenne.

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous maintenons une légère sous-pondération des actions dans leur ensemble, et compte tenu de l’incertitude actuelle, nous conservons aussi nos couvertures sur les actions américaines et européennes, ainsi que notre exposition à l’or et au JPY en tant que couvertures du portefeuille. En plus de notre conviction d’une réduction structurelle de la prime de risque de la zone euro et d’une surpondération des actions de la zone euro par rapport aux actions américaines, nous tablons également sur un affaiblissement à terme du dollar américain par rapport à l’euro. Nous avons une position neutre sur les actions britanniques. Nous avons renforcé notre surpondération des actions émergentes et continuons de sous-pondérer les actions japonaises.

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Nous avons une légère sous-pondération des actions, qui s’accompagne d’une sélectivité accrue concernant l’allocation régionale en actions, d’autant plus que la reprise économique apparaît de plus en plus inégale selon les pays. Une gouvernance solide semble produire de meilleurs résultats face à une pandémie, tant au niveau des entreprises que des États.
    • Surpondération de la zone euro et sous-pondération des actions américaines, avec une préférence pour les actions allemandes. La réponse coordonnée des États membres face au virus a resserré les liens. La reprise est toutefois inégale selon les pays et l’Allemagne se distingue par sa gouvernance et ses performances. Faisant habituellement preuve de résilience dans les périodes de récession, les États-Unis apparaissent aujourd’hui plus fragmentés que l'Europe. Les valorisations ne sont plus aussi attractives qu’elles ne l’ont été par le passé. Les rachats d’actions, qui ont été un moteur important ces cinq dernières années, devraient également être moins favorables en 2020 en Amérique du Nord. 
    • Position neutre sur le Royaume-Uni de façon opportuniste. Le Royaume-Uni est passé à côté du rebond des marchés internationaux tandis que la faiblesse de la livre sterling devrait être un facteur de soutien. Cela ne devrait surprendre personne que le « Brexit » soit un facteur défavorable pour le Royaume-Uni, mais également pour l’Europe dans son ensemble. Nous nous attendons à un accord de sortie « allégé », avec peut-être encore quelques rebondissements d’ici là.
    • Surpondération accrue des actions émergentes et sous-pondération des actions japonaises, avec une préférence pour les actions chinoises. La Chine connaît une reprise économique en forme de « V » et compte plusieurs mois d’avance sur le reste du monde.
    • Nous conservons des convictions clés à l’égard de divers investissements thématiques. Les secteurs de la technologie, de l’oncologie et de la biotechnologie s’avèrent relativement résilients dans le contexte actuel et révèlent un potentiel important de croissance alimentée par l’innovation et le pouvoir de fixation des prix. Nous pensons que les thèmes liés au climat et à l’environnement permettent d’avoir une exposition à des solutions essentielles pour un avenir plus propre et vont continuer à prendre de l’importance. 
  • Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte, mais avec une forte diversification, car l’environnement actuel pourrait engendrer des opportunités sur les marchés obligataires.
    • Sous-pondération des emprunts d’État qui n’offrent aucun potentiel de rendement en dehors des phases d’aversion au risque. Nous privilégions les obligations des pays périphériques par rapport à celles des pays centraux de l’Europe.
    • Dans un portefeuille multi-actifs, la diversification sur le crédit s’avère attrayante : nous surpondérons les obligations investment grade, car les achats des banques centrales sont un facteur de soutien.
    • Tout en conservant une surpondération de la dette émergente, nous avons pris quelques bénéfices sur notre exposition en devises fortes. Les marchés obligataires se sont en grande partie remis de leur chute du début d’année.
    • Nous avons une exposition à la couronne norvégienne (NOK), qui s’est révélée attractive pendant la crise, ainsi qu’à l’or et au yen japonais, qui jouent un rôle de couverture.
    • Notre conviction profonde d’une réduction structurelle de la prime de risque de la zone euro nous conduit à avoir une position vendeuse sur l’USD contre l’EUR.

 

 coffee break