Coffee Break 19/08/2019

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE         

  • Le président américain a décidé de reporter au 15 décembre plus de la moitié des hausses de droits de douane de 10 %. Pour la première fois depuis le commencement du conflit commercial, début de 2018, Donald Trump a (implicitement) admis que les droits de douane pouvaient avoir un impact négatif sur l’économie américaine.
  • Pour la première fois depuis 2007, les taux américains à 10 ans sont brièvement passés en dessous des taux à 2 ans. Ce phénomène est l’un des indicateurs de récession fondés sur le marché qui reflète l’anticipation d’une baisse des taux à court terme dans un avenir proche.
  • Malgré les mesures de relance des pouvoirs publics, la production industrielle chinoise a atteint son niveau le plus bas depuis 2002, tandis que les ventes au détail dans les investissements en immobilisations ont quelque peu ralentis, ce qui constitue des signes d’un ralentissement de la croissance.
  • Les résultats du premier tour des élections en Argentine ont été une surprise négative qui pourrait compromettre le plan de sauvetage du FMI. Le risque de retombées au niveau régional reste toutefois limité.
  • En Europe, l’économie allemande s’est contractée de 0,1 % au deuxième trimestre, sous l’effet du marasme de l’activité industrielle, des tensions commerciales et de l’incertitude liée au « Brexit ». Les discussions se sont intensifiées concernant des mesures de relance budgétaire (un « New Deal » vert par exemple).
  • Le sénat italien semble moins pressé que Matteo Salvini de débattre de nouvelles élections.

 

ET ENSUITE ?

  • Le 23 août marquera le début du symposium annuel de la Fed à Jackson Hole. Le thème relativement vague de cette année, les « défis de la politique monétaire », offre à la banque centrale de nombreuses opportunités de rassurer les marchés financiers.
  • L’Italie sera également sous les feux de la rampe avec le discours prévu du premier ministre Conte devant le Sénat.
  • En termes de données, les PMI « flash » du mois d’août seront publiés pour les États-Unis, la zone euro et le Japon.
  • En fin de semaine, les leaders mondiaux se réuniront à Biarritz (France) pour le sommet du G7. 

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • Nous avons un avis modérément favorable à long terme et avons tactiquement renforcé notre exposition aux actions après la forte baisse qui a suivi l’escalade du conflit commercial.
    • Alors que le cycle économique est affecté par l’incertitude prolongée liée au commerce, les banques centrales sont devenues la première ligne de défense. La BCE a manifesté son intention de revenir à des mesures de relance économique d’ici le mois de septembre. La Fed a annoncé une baisse de taux de 25 pb lors du dernier FOMC, mais elle ne s’arrêtera probablement pas là.
    • Dans les économies émergentes, les autorités chinoises essaient de réduire l’impact du conflit commercial et du ralentissement via des mesures budgétaires, et monétaire. On observe des signes timides de stabilisation.
    • Les craintes de récession aux États-Unis sont exagérées mais le risque d’une stagnation prolongée de la zone euro a augmenté.
  • Nos vues sur les marchés
    • L’espoir d’une reprise est compromis par une stabilisation des chiffres macroéconomiques qui se fait attendre. Les surprises économiques restent obstinément négatives et affichent une convergence régionale.
    • Les banques centrales sont en train d’intervenir et plusieurs d’entre elles ont abaissé leurs taux, dans les marchés émergents et aux États-Unis.
    • Les actions ont enregistré les sorties de capitaux les plus importantes de 2019, tandis que les obligations bénéficient de flux positifs. Les marchés du crédit continuent de résister.
  • Risques
    • Le conflit commercial sino-américain figure en tête de liste, surtout depuis qu’en l’absence d’accord, le président Trump a annoncé une nouvelle tranche d’augmentations des droits de douane au 1er septembre, avec d’autres hausses prévues mi-décembre. La Chine a répondu qu’elle ne cèderait pas aux pressions et a laissé sa monnaie se déprécier. Les entreprises ne savent plus où produire, investir, embaucher ou s’approvisionner.
    • Les incertitudes géopolitique (ex. Iran) font toujours partie des problèmes non réglés à l’heure actuelle. Selon la manière dont elles se dénouent, l’atterrissage en douceur programmé pourrait se transformer en atterrissage brutal.
    • L’incertitude politique perdure en Europe, notamment au Royaume-Uni. Boris Johnson oppose pour le moment une fin de non-recevoir à la Commission européenne. Sa volonté de quitter l’UE même en l’absence d’accord fait peur aux chefs d’entreprise et a affaibli la livre sterling.

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous restons globalement neutres envers les actions et sommes prêts à renforcer notre exposition pour profiter d’un profil risque/rendement plus avantageux après la forte correction observée depuis fin juillet. Nous conservons un biais tactique régional qui s’exprime par une surpondération croissante des actions américaines et une sous-pondération des actions europénnes hors zone euro. Nous sommes neutres partout ailleurs. Au sein de l’allocation obligataire, nous sous-pondérons la duration et continuons de nous diversifier en dehors des obligations gouvernementales à faible rendement, via des expositions au crédit, avec une préférence pour les émetteurs européens et la dette émergente en devise forte. En matière de devises, nous conservons une position acheteuse sur le yen et une position encore plus vendeuse sur la livre sterling. Nous avons également une exposition à l’or, que nous avons récemment renforcée afin d’améliorer la couverture du portefeuille, car le conflit commercial (et au-delà) entre les deux premières économies mondiales constitue une situation sans précédent depuis la seconde guerre mondiale.

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Position neutre sur les actions
    • Surpondération des actions américaines. Avec le changement d’attitude de la Fed, la région apparaît comme un choix « plus sûr » par rapport aux autres. Le marché de l’emploi et la consommation sont solides tandis que l’inflation est maîtrisée.
    • Neutre envers les actions des marchés émergents. L’attitude conciliante de la Fed américaine est un facteur favorable pour la région, mais le conflit commercial représente un problème majeur. Les marchés financiers résistent relativement bien, mais les chiffres économiques pourraient être meilleurs.
    • Neutre envers les actions de la zone euro. Nous sommes conscients des contraintes qui pèsent sur la région, et notamment de sa vulnérabilité au commerce international. L’Allemagne enregistre ainsi une récession industrielle. La Banque centrale européenne est néanmoins prête à agir en septembre. Le marché de l’emploi et la consommation restent favorables.
    • Maintien d’une sous-pondération des actions européennes hors zone euro. La région affiche une croissance prévisionnelle des bénéfices plus basse, et donc des rendements prévisionnels inférieurs à ceux du continent, ce qui explique notre avis négatif.
    • Position toujours neutre envers les actions japonaises en l’absence de conviction, faute de catalyseur. On ignore encore si le gouvernement maintiendra son projet d’augmenter la taxe à la consommation de 8 à 10 % en octobre.               
  • Sous-pondération des obligations, diversification et maintien d’une duration courte
    • Les taux et les rendements obligataires devraient rester peu élevés, voire négatifs, surtout en ce qui concerne les émissions allemandes à 10 ans.
    • La BCE aura un nouveau président à compter du 1er novembre 2019. La nomination de Christine Lagarde est une bonne nouvelle pour ceux qui espèrent que l’attitude conciliante de la banque centrale se prolongera au-delà des huit ans de présidence de Mario Draghi.
    • La dette des marchés émergents offre un portage attrayant et le ton conciliant de la Fed représente un facteur favorable. L’incertitude liée au commerce et les risques idiosyncrasiques en Turquie et en Argentine sont des facteurs pénalisants.
    • Nous nous diversifions en dehors des obligations gouvernementales à faible rendement avec une préférence pour la dette émergente en devise forte et les obligations d’entreprises libellées en euro.
    • Nous avons aussi une exposition à l’or pour renforcer la couverture du portefeuille.