Coffee Break 09/12/2019

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • Les PMI composites internationaux se sont avérés meilleurs que prévu. En particulier, le secteur manufacturier a renoué avec l’expansion pour la première fois depuis le mois d’avril, à 50,3 points.
  • Le marché du travail américain reste robuste, ce qui est une bonne nouvelle pour la période des dépenses de fin d’année. Le chiffre hebdomadaire des demandes d’assurance-chômage a baissé à 203K, son meilleur niveau des 50 dernières années.
  • Les membres de l’OPEP se sont réunis à Vienne, où ils se sont mis d’accord sur de nouvelles réductions de la production pour soutenir les cours du pétrole. De son côté, la société saoudienne Aramco est devenue la plus grande introduction en bourse au monde.
  • Le Japon a annoncé des mesures de relance budgétaire. Ce plan est peut-être plus important que prévu, mais les nouvelles mesures budgétaires ne le sont pas, conduisant à environ 1 % de relance nette du PIB sur une période de 2 ou 3 trois ans.
  • En Allemagne, Norbert Walter-Borjans et Saskia Esken ont été élus à la tête du SPD pour diriger le parti minoritaire de la coalition gouvernementale allemande jusqu’à la fin de la législature actuelle en 2021 ou mettre fin à la « Groko » (grande coalition) au bout de deux ans.

 

ET ENSUITE ?

  • Une semaine cruciale pour les marchés avec d’importantes décisions de politique monétaire accompagnées des projections économiques de la Fed et de la BCE.
  • Les électeurs britanniques se rendront aux urnes pour les élections législatives. On s’attend à ce que le parti conservateur du premier ministre Boris Johnson remporte la majorité, ouvrant la voie à un « Brexit » ordonné d’ici le 31 janvier 2020.
  • On saura également si les importations chinoises de biens de consommation vers les États-Unis deviendront plus chères ou si un accord de « phase 1 » est trouvé.
  • La conférence des Nations Unies sur le changement climatique se terminera tandis que les dirigeants européens se réuniront pour leur dernier sommet de l’année, où ils discuteront de la feuille de route de la nouvelle Commission pour les prochaines années.

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • Notre scénario à moyen terme reste légèrement positif, car nous pensons que l’économie est en voie d’amélioration. Alors que les marchés continuent de progresser lentement, nous avons de nouveau pris quelques bénéfices sur notre allocation en actions. Nous conservons une surpondération des actions par rapport aux obligations.
    • Pour les marchés financiers, les principales incertitudes ont toujours trait au conflit commercial et au creux de l’activité industrielle. La suppression des tarifs douaniers existants constituerait clairement une bonne nouvelle pour les perspectives du commerce mondial.
    • Les banques centrales ont mis en place des politiques d’assouplissement monétaire massives. Aux États-Unis, la Fed a commencé à racheter des bons du Trésor pour accroître la liquidité du système. Cette attitude accommodante est en train de devenir un facteur de soutien à moyen terme pour le mix croissance/inflation à l’échelon mondial.
    • Au sein des économies émergentes, les autorités chinoises atténuent l’impact de la guerre commerciale et du ralentissement économique mondial via des mesures budgétaires et monétaires, en évitant des mesures excessives comme en 2015.
  • Nos vues sur les marchés
    • Diminution des risques politiques : probabilité accrue d’un accord commercial entre les États-Unis et la Chine, risque réduit de « Brexit » dur, évocation croissante d’une union bancaire européenne.
    • Possibilité de prolongation du mouvement de hausse d’ici la fin de l’année sur la base d’une sorte de « rally haussier » de capitulation face aux espoirs d’amélioration.
    • D’un autre côté, les fondamentaux ne vont pas soudainement s’améliorer et les risques d’exécution dans le domaine politique demeurent, dans la mesure où ni un accord de « Brexit », ni un accord commercial de Phase 1 n’a encore été signé.
    • La valorisation relative des actions par rapport aux obligations reste attrayante.
  • Risques
    • Conflit commercial sino-américain : Les États-Unis et la Chine travaillent à la rédaction d'un accord, mais la Chine doute qu'un accord commercial à long terme soit possible avec le président Trump.
    • Les enjeux de politique intérieure aux États-Unis (procédure de destitution, préparation des élections présidentielles) vont probablement dominer et pourraient générer des chocs de croissance et des points d’entrée intéressants.
    • Incertitudes géopolitique (Iran, Hong Kong, Chili) : faisant toujours partie des problèmes en suspens, leur dénouement pourrait transformer un atterrissage en douceur programmé en atterrissage brutal.

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Notre positionnement est légèrement surpondéré. Nous privilégions les actions américaines et européennes (zone euro par rapport au Royaume-Uni). Nous sommes neutres envers les actions des pays émergents et du Japon. Nous restons prudents à l’égard des taux souverains des pays développés et nous nous diversifions en dehors des emprunts d’État à faible rendement via des expositions au crédit et à la dette émergente. En matière de devises, nous conservons une position acheteuse sur le yen et une exposition à l’or à titre de couvertures.

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Surpondération des actions
    • Maintien d’une surpondération des actions américaines. En dépit du ralentissement économique, les actions ont bien performé depuis nos points d’entrée de l’été. La région reste un choix relativement sûr. Les valorisations sont plus élevées que dans d’autres régions, mais la prime de risque semble adéquate pour le moment.
    • Neutre envers les actions des marchés émergents. Après avoir sous-performé depuis le début de l’année, la région pourrait offrir un certain potentiel de hausse. L’attitude conciliante de la Fed est un facteur favorable alors que le dollar américain affiche une légère baisse.
    • Prise de bénéfices sur les actions de la zone euro. Nous avons pris des bénéfices et affichons désormais un positionnement neutre. Les derniers chiffres macroéconomiques montrent que l’économie affiche des signes de résilience et semble avoir passé le creux de la vague. Il existe toujours une « fenêtre d’opportunité » liée à la possibilité d’un assouplissement budgétaire en plus de la visibilité accrue apportée par la BCE.
    • Légère sous-pondération des actions européennes hors zone euro et position neutre envers le Royaume-Uni.. Même si nous nous rapprochons d’une résolution concernant le « Brexit », l’effervescence politique à l’approche des élections du mois de décembre a tendance à occulter les dénouements possibles. Les valorisations sont attrayantes et les positions peu étoffées. Beaucoup d’investisseurs non européens qui avaient évité le marché jusqu’à présent pourraient s’y intéresser de nouveau à mesure que l’équilibre des risques s’améliore.
    • Position neutre envers les actions japonaises en l’absence de conviction, faute de catalyseur. On ne sait pas si la consommation des ménages résistera à l’augmentation de la TVA, qui est passée de 8 % à 10 % début octobre.
  • Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte et en nous diversifiant en dehors des emprunts d’Etat
    • Nous nous attendons à une remontée très graduelle des taux et des rendements obligataires, qui devraient malgré tout rester peu élevés.
    • Christine Lagarde a commencé son mandat à la tête de la Banque centrale européenne, avec un double défi à relever : résorber le clivage entre les décideurs du conseil des gouverneurs et les gouvernements nationaux qui restent peu enclins à rendre le relais avec des politiques de relance budgétaire.
    • Nous nous diversifions en dehors des emprunts d’État à faible rendement et privilégions la dette émergente et les obligations d’entreprises libellées en euro.
    • La dette des marchés émergents offre un portage attrayant et le ton conciliant de la Fed représente un facteur favorable. L’incertitude liée au commerce, la vigueur du dollar et le risque idiosyncrasique de certains pays sont des facteurs pénalisants.
    • Nous avons aussi une exposition à l’or pour améliorer la couverture du portefeuille.