Coffee Break 25/05/2020

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • Aux États-Unis, les nouveaux cas quotidiens de coronavirus semblent plafonner dans les États non confinés, tandis qu’une nette tendance à la baisse est observé dans les États confinés et la plupart des pays d’Europe et d’Asie.
  • Les PMI « flash » du mois de mai se sont révélés meilleurs que prévu, ce qui laisse à penser que le rythme d’effondrement pourrait avoir atteint son pic en avril. Les chiffres sont néanmoins extrêmement bas.
  • Le Sénat américain a approuvé une loi qui pourrait à terme interdire à de nombreuses entreprises chinoises d’être cotées sur les marchés américains ou de lever des fonds auprès d’investisseurs américains.
  • La Chine a ouvert son Congrès national du peuple, dont les principaux sujets sont les plans de relance de l’économie et l’adoption d’une loi controversée de sécurité nationale qui vise à renforcer son emprise sur Hong Kong.

 

ET ENSUITE ?

  • De nouvelles informations seront publiées tout au long du CNP chinois. Les mesures annoncées jusqu’à présent se concentreront sur des objectifs de croissance qualitative et sur les dépenses d’infrastructures, et moins sur le soutien à la consommation.
  • La zone euro et les États-Unis publieront des donnés d’enquête sur la confiance des entreprises, le climat des affaires et le sentiment des consommateurs, qui viendront – ou non – confirmer que le mois d’avril avait marqué un premier creux dans les données prospectives.
  • Après l’initiative franco-allemande de 500 milliards d’euros annoncée la semaine dernière, la Commission européenne présentera les grandes lignes d’une proposition pour le budget de l’UE et le Fonds de relance.
  • Le président de la Fed et la présidente de la BCE s’adresseront au public.

NOS CONVICTIONS

    • Scénario de base
      • Les performances récentes des marchés ont révélé deux messages : rester avec les « gagnants » de la crise (par exemple, la technologie, la santé et les thématiques durables) et commencer à rechercher des actifs à des niveaux de valorisation historiquement intéressants qui offrent des opportunités d'investissement (nous avons ainsi identifié la dette des marchés émergents, les secteurs de valeur en Europe, les devises bon marché).
      • Nous surveillons différents indicateurs pour évaluer notre position, dont ceux liés à l’épidémie : risque de marché, reprise de l'activité, réponse monétaire et valorisations. La définition et la mise en œuvre des stratégies de sortie sont actuellement au centre des préoccupations, d'autant plus qu'une seconde vague de l'épidémie reste possible.
      • Sur le moyen terme, l’assouplissement des politiques de la quasi-totalité des banques centrales et l’assouplissement budgétaire à venir constituent un soutien. La Fed, la BCE et la Banque du Japon ne cessent d’assouplir leurs politiques. Il est essentiel que des mesures budgétaires soient prises, notamment en Europe, pour soutenir un redémarrage de l'économie à un stade ultérieur, surtout si la déflation s’installe.
      • À court terme, la volatilité n’est pas prête de disparaître, car la visibilité reste limitée sur l’épidémie. À moyen et long terme, les marchés des actions offrent de la valeur et donc un potentiel de hausse.
Nos vues sur les marchés
    • La plupart des pays ont atteint leur pic en termes de cas actifs de Covid-19. Les mesures de confinement et de distanciation sociale ont été très différentes d’un pays à l’autre, mais l’impact économique et la chute d’activité ont été massifs pour tous. La réouverture des économies est une nécessité, mais elle ne sera pas uniforme.
    • La réponse monétaire et budgétaire durera plus longtemps que l’épidémie. Les mesures de politique monétaires s’efforcent de garantir une liquidité abondante et pour certains pays, de nouveaux programmes de rachats d’actifs.
  • Risques
    • Le coronavirus est un risque tant qu’il n’est pas contenu, ou qu’un vaccin n’est pas trouvé, testé avec succès, produit en masse et commercialisé.
    • La réponse politique européenne a besoin d’être améliorée. Les dirigeants de l’UE ont convenu de la nécessité d’un fonds européen de relance « post-corona », mais ne sont toujours pas parvenus à un accord sur le sujet. Le fossé Nord-Sud est en train de se creuser.
    • Les relations entre les États-Unis et la Chine resteront probablement tendues et entraveront la croissance mondiale.
    • Enjeux de politique intérieure aux États-Unis: Joe Biden est le seul candidat démocrate qui reste en lice face à Donald Trump pour l’élection présidentielle américaine.
    • Négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE: le Royaume-Uni a clairement indiqué que le retrait ne serait pas reporté au-delà du 31 décembre 2020.

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous conservons une exposition prudente avec une légère sous-pondération des actions. Les marchés fluctuent dans une fourchette depuis mi-avril et nous attendons un signal clair pour adopter un point de vue plus directionnel. Nous avons mis en place une stratégie en deux temps, où d’une part, nous maintenons une exposition plutôt prudente aux actions et avons augmenté notre exposition aux crédits européens Investment Grade. Et d’autre part, nous avons accru le bêta de notre stratégie équilibrée sur les dernières semaines, en investissant dans des actifs qui affichent des valorisations attrayantes : banques européennes, automobile, dette émergente, couronne norvégienne. Le rapport risque/rendement s’est amélioré pour l’investisseur à long terme, mais la volatilité perdure. Tout est affaire de patience dans cette reprise.

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Compte tenu du manque de visibilité, notre exposition aux actions est en légère sous-pondération.
    • Légère sous-pondération des actions britanniques. Le pays est confronté à un double défi : maîtriser le coronavirus alors qu’il compte actuellement le plus grand nombre de décès en Europe, et se hâter de conclure un nouvel accord commercial avec l'Union européenne, son plus grand marché d'exportation, dans un délai qu'il s'est lui-même imposé.
    • Position neutre sur toutes les autres régions, en l’absence de conviction forte. L’incertitude entourant le coronavirus pèse sur le sentiment des investisseurs. D’autre part, les réponses budgétaires et monétaires sont massives, surtout aux États-Unis.
    • Depuis le début de la crise du coronavirus, certains actifs ont été durement touchés et offrent désormais des niveaux de valorisation historiquement attrayants, ce qui offre des opportunités d'investissement. Bien qu'il ne soit pas facile de repérer le meilleur point d'entrée, il peut être intéressant de renforcer certaines positions de manière opportuniste. Par exemple, les secteurs de « valeur » intègrent déjà beaucoup de mauvaises nouvelles.
    • Nous conservons de fortes convictions à l’égard de divers investissements thématiques. Les secteurs de l’oncologie et de la biotechnologie s’avèrent relativement résilients dans le contexte actuel et révèlent un potentiel important de croissance alimentée par l’innovation et le pouvoir de fixation des prix. Les thèmes liés aux mesures en faveur du climat permettent d’avoir une exposition à des solutions essentielles pour un avenir plus propre. Nous pensons également que la durabilité continuera de prendre de l’importance pour les aspects sociaux et environnementaux. Une gouvernance solide semble produire de meilleurs résultats lors d’une pandémie, tant au niveau des entreprises que des États.
  • Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte, mais avec une forte diversification, car l’environnement actuel pourrait engendrer des opportunités sur les marchés obligataires.
    • Sous-pondération des emprunts d’État qui n’offrent aucun potentiel de rendement en dehors des phases d’aversion au risque et de la fuite vers la qualité qui les accompagnent.
    • Dans un portefeuille multi-actifs, la diversification sur le crédit apparaît plus attrayante : nous surpondérons les obligations Investment Grade américaines et européennes, car les achats des banques centrales sont un facteur de soutien.
    • Nous surpondérons également la dette émergente en devise locale et en devise forte, y compris les obligations d’entreprises.
    • Nous conservons une exposition à l’or, au yen japonais et à la couronne norvégienne, qui jouent le rôle de valeurs refuges.

 

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