Coffee Break 15/10/2018

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • Les marchés actions ont fortement reculé mercredi. Nous avions déjà tactiquement modifié notre exposition actions, réduisant notre biais vers la zone euro, les États-Unis et les actions des marchés émergents.
  • En dehors de deux risques macro-économiques (le fait que la Fed a peu de raison de dévier de sa trajectoire de remontée graduelle des taux et le durcissement du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine), il n’y avait aucune raison fondamentale à cette forte baisse du marché.
  • Au vu de l’évolution rapide du marché, il y a un besoin important d’avoir une gestion active et opportuniste. En dehors de la valorisation, il existe maintenant à nos yeux deux facteurs potentiels de performance positive : le début de la période de publication des résultats du 3ème trimestre et le redémarrage des rachats d’actions par les entreprises. Nous conservons notre avis positif à moyen terme et serons acheteurs à des niveaux techniques plus bas.
  • Les pressions haussières sur les taux d’intérêt américains se sont un peu atténuées en fin de semaine, car les pressions inflationnistes semblent s’être légèrement affaiblies. L’inflation annualisée (IPC) de septembre ressort à 2,3 %, en baisse par rapport au chiffre de 2,7 % du mois d’août. 

ET ENSUITE ?

  • L’Italie soumettra son projet de budget à la Commission européenne.
  • La Fed publiera le compte-rendu de son dernier comité, qui apportera probablement des précisions sur sa trajectoire actuelle de remontée des taux.
  • Le Conseil de l’UE espère approuver un accord sur le « Brexit » en fin de semaine.
  • Aux États-Unis comme en Chine, les investisseurs analyseront les derniers chiffres publiés pour la production industrielle. En Allemagne, c’est l’indice ZEW du sentiment économique qui suscitera l’attention des investisseurs.
  • La publication des résultats du 3ème trimestre s’accélèrera aux États-Unis, ce qui permettra aux investisseurs de se concentrer sur les fondamentaux.

 

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • L’expansion américaine est solidement ancrée et la Fed maintient par conséquent sa trajectoire de resserrement.
    • En dehors des États-Unis, le cycle économique est plus atone, mais la dynamique devrait s’accélérer d’ici 2019.
    • Alors que les relations sino-américaines apparaissent compromises, la Chine est en train d’assouplir sa politique économique pour compenser l’effet du ralentissement et des tensions commerciales.
    • Remontée graduelle de l’inflation aux États-Unis et dans la zone euro, mais sans craintes inflationnistes.
  • Nos vues sur les marchés
    • La dynamique américaine reste solide, sans pour autant afficher de déséquilibre économique.
    • La réforme fiscale, les programmes de rachat d’actions et l’absence de valorisation excessive par rapport aux obligations continuent de pousser les actions américaines à la hausse à moyen terme.
    • Sur la base des fondamentaux, nous estimons qu’il existe un potentiel de réduction de la divergence entre les États-Unis d’un côté et le reste du monde de l’autre. Les différents risques politiques constituent un obstacle.
  • Risques
    • Guerre commerciale : les dernières estimations du FMI montrent que l’augmentation des droits de douane et le protectionnisme risquent de ralentir l’économie mondiale plus fortement que prévu, de détériorer les relations internationales et, en fin de compte, de réduire les marges des entreprises.
    • Ralentissement des marchés émergents : l’évolution de la liquidité du dollar américain sera cruciale pour les pays émergents en raison de leurs encours de dette dans cette devise..
    • Risques politiques dans l’UE : les difficultés politiques pourraient alimenter l’euroscepticisme, les opinions divergeant sur un nombre croissant de sujets : « Brexit », budget italien, élections régionales en Allemagne, issue des négociations commerciales avec les États-Unis.
    • Élections de mi-mandat aux États-Unis : après les élections de mi-mandat le 6 novembre, les risques extrêmes de réforme fiscale 2.0 accompagnée de déficits croissants (surchauffe) ou la volonté de revenir sur la réforme fiscale (refroidissement) pourraient déstabiliser les marchés dans un sens ou dans l’autre.

 

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous sommes tactiquement neutres sur les actions par rapport aux obligations. Cependant, malgré la hausse de la volatilité et les conditions de marché plus difficiles, nous n’avons pas modifié notre avis positif à moyen terme et serions acheteurs à des niveaux techniques plus bas. Nous conservons une courte duréeet un avis prudent sur l’Italie.   

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Nous avons tactiquement ramené notre exposition actions vers un niveau neutre, tout en conservant un avis positif à moyen terme sur la base des fondamentaux. Nous avons réduit notre exposition à la zone euro, aux États-Unis et aux actions des marchés émergents.
    • Nous avons légèrement réduit notre surpondération des actions américaines au vu de l’augmentation actuelle de la volatilité. À moyen terme, l’amélioration de la croissance des bénéfices et les effets positifs de la déréglementation et de la réforme fiscale de Donald Trump sont favorables à cette classe d’actifs.
    • Nous avons réduit notre exposition à la zone euro, tout en conservant une légère surpondération. La région affiche une expansion solide, bien qu’en voie de modération, ainsi que des valorisations attrayantes. Les incertitudes politiques sont néanmoins en train de s’accumuler.
    • Nous conservons une sous-pondération des actions européennes hors zone euro. La région affiche une croissance prévisionnelle des bénéfices plus basse, et donc des rendements prévisionnels inférieurs à ceux du continent, ce qui explique notre avis négatif. La séparation d’avec l’UE se rapproche, mais l’issue des négociations sur le « Brexit » reste incertaine.
    • Position neutre envers les actions japonaises. Les actions japonaises reflètent un risque domestique amoindri grâce à la prolongation pour trois ans des « Abenomics ». Le Premier ministre Shinzo Abe affiche une dynamique économique plus favorable, ce qui nous a conduits à prendre une position neutre envers cette classe d’actifs.
    • Réduction tactique de notre exposition aux actions des marchés émergents, revenue en position neutre, tout en restant à l’affût de niveaux techniques plus bas pour reprendre position. La croissance mondiale reste satisfaisante à moyen terme et, dans leur ensemble, les actifs des marchés émergents intègrent déjà une prime de risque pour le resserrement de la politique monétaire américaine, la hausse du dollar et les risques de guerre commerciale.   
  • Sous-pondération des obligations et maintien d’une duration courte
    • Nous prévoyons une remontée graduelle de l’inflation, sans craintes inflationnistes. Dans ce contexte, le resserrement monétaire international est progressif. Compte tenu de la politique de resserrement de la Fed et des pressions inflationnistes à venir, nous nous attendons à ce que les taux et les rendements obligataires continuent d’augmenter à moyen terme. En plus de l’augmentation des prix à la production, les hausses de salaire, les mesures de relance budgétaire et les droits de douane sont autant de facteurs susceptibles de pousser l’inflation à la hausse.
    • L’expansion économique européenne pourrait également conduire à une hausse des rendements de la zone euro à moyen terme. La BCE reste conciliante, mais a confirmé qu’elle mettra fin à son plan d’assouplissement quantitatif en décembre 2018. Mario Draghi considère que la montée du protectionnisme représente une source majeure d’incertitude.
    • Nous avons un avis prudent sur le crédit dans son ensemble, mais préférons l’Europe aux États-Unis pour les obligations Investment Grade comme pour le High Yield. La hausse potentielle des rendements obligataires pourrait pénaliser la performance.
    • Le segment de la dette émergente fait face à des turbulences, influencé par les discours agressifs au sujet du conflit commercial et la hausse des taux américains, mais nous pensons que les spreads peuvent encore se resserrer par rapport aux niveaux actuels. Le portage se situe parmi les plus élevés de l’univers obligataire et représente une diversification attrayante par rapport aux autres classes d’actifs.