Coffee Break 23/03/2020

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • Toujours volatils, les marchés financiers ont été quelque peu rassurés par les mesures des banques centrales et les annonces des gouvernements. La détérioration des données d’enquête et la publication d’avertissements sur les résultats n’ont pas été une surprise.
  • Malgré l’annonce d’un plafond de 750 milliards d’euros pour son programme d’achats d’urgence face à la pandémie (PEPP : Pandemic Emergency Purchase Programme), il n’y a pas de limite en pratique aux interventions de la BCE
  • Après avoir perdu plus de 35 % en l’espace de quelques jours, les prix du pétrole ont affiché jeudi le rebond le plus important jamais enregistré sur une journée (+ 24 % pour le WTI).
  • Il semblerait qu’en Chine, l’épidémie a atteint son point culminant en février, mais continue à prendre de l’ampleur en Europe et aux États-Unis.

 

ET ENSUITE ?

  • Nous restons dans l’idée que la pandémie provoquera un choc profond, mais temporaire. La politique budgétaire massive adoptée devrait subsister plus longtemps que l’épidémie elle-même.
  • L’Europe et les États-Unis se préparent à faire face à la propagation du coronavirus en mettant en place des mesures drastiques de distanciation sociale.
  • Les chiffres préliminaires des PMI mondiaux, des indices de confiance des entreprises et des consommateurs et des inscriptions au chômage aux États-Unis seront publiés. Bien qu’on s’attende à une forte détérioration, les marchés financiers pourraient l’avoir déjà intégrée en partie.
  • La Banque d’Angleterre se réunira. Comme d’autres, elle a déjà pris une série de décisions d’urgence, comprenant des baisses de taux, l’annonce de rachats d’actifs et des mesures de soutien à l’économie.

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • Nous surveillons 5 facteurs déclencheurs distincts : indicateurs liés à l’épidémie, risque de marché, reprise de l’activité, réponse monétaire et valorisations.
    • À l’heure actuelle, les mesures qui minimiseront le coût humain de l’épidémie risquent d’en maximiser le coût économique. Par conséquent, la croissance économique se contractera à court terme.
    • Sur le moyen terme, l’assouplissement des politiques de la quasi-totalité des banques centrales et l’assouplissement budgétaire à venir constitueront un soutien. Ayant déjà assoupli leurs politiques, la Fed, la BCE et la Banque du Japon sont prêtes à prendre des mesures d’assouplissement supplémentaires tout en encourageant une relance budgétaire.
    • La propagation de ce virus a un impact rarement observé jusqu’à présent sur la volatilité et les marchés financiers, qu’il s’agisse des actions, des obligations ou des matières premières. Les conséquences restent difficiles à évaluer, car de nouveaux cas continuent de se déclarer et sont en augmentation dans différents pays.
    • La masse d’informations économiques négatives est déjà intégré dans une large mesure aux cours boursiers actuels, mais avec un risque extrême important.
  • Nos vues sur les marchés
    • La gravité, l’ampleur et la durée de l’épidémie de coronavirus sont difficiles à évaluer, car c’est toute la chaine de valeur internationale qui est touchée.
    • La réponse monétaire durera plus longtemps que l’épidémie. Dans la zone euro, la BCE a annoncé un programme d’achats d’urgence face à la pandémie (PEPP : Pandemic Emergency Purchase Programme) à hauteur de 750 milliards d’euros. Prévoyant des achats de titres publics et privés, ce PEPP concernera l’ensemble des actifs éligibles au programme actuel de rachats d’actifs.
    • Dans la zone euro, l’activation du Mécanisme européen de stabilité (MES) est en cours de discussion pour gérer l’impact du coronavirus au moyen d’émissions communes.
    • Aux États-Unis, les mesures de soutien à l’économie gagnent du terrain et pourraient dépasser 1 200 milliards de dollars. Les mesures à venir pourraient inclure l’envoi d’un chèque de 1 000 dollars directement aux familles.
    • La prochaine étape sera la publication des chiffres du 1er trimestre pour une myriade d’indicateurs qui permettront d’évaluer le contrecoup.
    • En ce qui concerne les entreprises, cela sera suivi de révisions à la baisse des bénéfices et d’une diminution des dividendes.
  • Risques
    • À court terme : tant qu’il n’est pas contenu, le coronavirus est un risque.
    • À moyen terme :
      • Enjeux de politique intérieure aux États-Unis : la campagne électorale est en cours, même si le candidat qui affrontera le président sortant Donald Trump aux élections présidentielles n’est pas encore désigné. La balance penche maintenant largement en faveur de Joe Biden plutôt que Bernie Sanders.
      • Négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE : le Royaume-Uni a quitté l’UE en date du 31 janvier 2020 et les négociations ont à peine commencé pour conclure un accord commercial d’ici la fin de l’année. Michel Barnier, représentant de l’UE pour les négociations, a été testé positif au COVID-19, tandis que son homologue britannique David Frost est en auto-isolement après avoir présenté des symptômes modérés de COVID-19.

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Cette semaine, notre objectif consiste à faire passer la stratégie d’une légère sous-pondération des actions vers un positionnement neutre pour les prochaines semaines en vendant progressivement une partie de notre couverture en produits dérivés. Nous restons neutres sur nos allocations régionales. Les obligations d’État ont bondi, bénéficiant temporairement de l’aversion au risque générale. Nous restons malgré tout prudents à l’égard des taux souverains en Europe, car les achats des banques centrales seront considérables. Les spreads des marchés du crédit et du High Yield ont considérablement augmenté, mais nos avis stratégiques n’ont pas encore changé. Nous conservons une diversification au moyen de stratégies alternatives. Notre position sur la dette émergente est devenue prudente et opportuniste. Nous continuons de nous couvrir au moyen (entre autres) du yen japonais (JPY).

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Nous sommes en train d’adapter nos perspectives envers les actions : nous réduisons notre écart de sous-pondération pour passer en position neutre dans les prochaines semaines
    • Nous sommes en train de passer en position neutre sur les actions européennes et détenons toujours une petite couverture sous forme d’instruments dérivés. La réaction rapide des marchés peut créer des opportunités sur les actions même en cas de prolongation de l’impact du coronavirus.
    • Nous sommes neutres envers les actions émergentes et japonaises. L’incertitude entourant le coronavirus pèse sur le sentiment des investisseurs.
    • Position neutre sur les actions américaines. Comme sur les autres places boursières, la valorisation des actions américaines a perdu plus de 25 % et se situe désormais en-dessous de sa moyenne historique (14,7 contre 16,2).
    • Nous avons de fortes convictions à l’égard de divers investissements thématiques. Les secteurs de l’oncologie et de la biotechnologie révèlent un potentiel de croissance élevé, porté par l’innovation et le pouvoir de fixation des prix. Les thèmes liés aux mesures en faveur du Climat permettent d’avoir une exposition à des solutions essentielles pour un avenir plus propre.
  • Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte et en nous diversifiant en dehors des emprunts d’État. L’environnement actuel pourrait également engendrer des opportunités sur les marchés obligataires.
    • Nous nous attendons à ce que les rendements obligataires restent peu élevés, même s’ils devraient enregistrer une remontée très graduelle à moyen terme.
    • Nous nous diversifions en dehors des emprunts d’État à faible rendement. En matière de crédit, nous privilégions la dette émergente, y compris les obligations d’entreprises des marchés émergents. On notera que le rendement du marché High Yield américain a bondi à plus de 9,8 % tandis que celui de son homologue européen s’élève maintenant à 8,4 %.
    • Nous conservons une exposition à l’or et au yen japonais, qui jouent tous les deux le rôle de valeurs refuges.