Coffee Break 15/04/2019

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE     

  • Le FMI a révisé à la baisse ses prévisions de croissance de l’économie mondiale pour 2019, les ramenant de 3,5 à 3,3 %. Cette baisse provient principalement des économies développées, les prévisions pour la Chine ayant été revues à la hausse à 6,3 % (+0,1 %).
  • Les données chinoises (en matière d’exportations, d’offre monétaire, de crédit, d’inflation et de réserves de change) se sont avérées meilleures que prévus, ce qui laisse à penser que la reprise est au rendez-vous.
  • Le prix du pétrole a augmenté pour la sixième semaine de suite, l’offre limitée de pétrole brut au niveau mondial venant compenser la crainte que le ralentissement économique mondial réduise la demande.
  • Le sommet de l’UE s’est mis d’accord sur un nouveau report du « Brexit » « seulement aussi longtemps que nécessaire » et « au plus tard jusqu’au 31 octobre ». La menace d’un « Brexit » sans accord a donc été repoussée de six mois.

ET ENSUITE ?

  • On guettera des signes supplémentaires de stabilisation des perspectives de croissance chinoises dans les ventes au détail, la production industrielle et les chiffres de PIB.
  • Les PMI préliminaires du mois d’avril révèleront dans quelle mesure l’amélioration des données chinoises pourrait contribuer à stabiliser les perspectives économiques de l’Europe, envers lesquelles les investisseurs sont très négatif.
  • Le ministre japonais de l’économie se rendra aux États-Unis pour des pourparlers commerciaux.
  • La période de publication des résultats du premier trimestre s’accélère avec les rapports de Netflix, IBM et Johnson & Johnson qui s’ajoutent à ceux des banques américaines.

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • Nous avons un avis modérément favorable à long terme, tout en reconnaissant que les marchés ont fortement progressé depuis le début de l’année dans un contexte de croissance ralentie.
    • La prime de risque politique a baissé et les banques centrales ont adopté une attitude plus conciliante, faisant volte-face ou allant même jusqu’à interrompre la normalisation de leur politique monétaire.
    • Il est rassurant de voir que les chiffres macro-économiques s’améliorent en Chine, semblent atteindre un plancher en Europe et se stabilisent aux États-Unis, mais les surprises économiques restent négatives.
    • La publication des résultats du premier trimestre est en cours. Elle sera suivie de près pour évaluer l’ampleur du ralentissement.
    • Dans les économies émergentes, les mesures de soutien de l’économie prises par les autorités chinoises devraient permettre d’aboutir à une croissance du PIB d’environ 6 % en 2019.
    • En Europe, le cycle économique reste plus atone, mais les chiffres macroéconomiques pourraient avoir atteint un plancher. Le taux de croissance du PIB devrait être de 1,3 % en moyenne pour 2019.
  • Nos vues sur les marchés
    • Les flux nets vers les fonds en actions sont restés négatifs ces dernières semaines malgré la performance positive des marchés : les investisseurs restent prudents.
    • Les entreprises restent un soutien important du marché grâce à leurs programmes de rachats d’actions, mais la période dite de « blackout » pendant la publication des résultats du premier trimestre a commencé.
    • Les valorisations des actions européennes et japonaises sont inférieures aux moyennes historiques, tandis que les États-Unis et les marchés émergents sont revenus au niveau des moyennes à long terme.
    • L’amélioration des chiffres macroéconomiques en Chine et en Europe pourrait réduire les pressions haussières sur le dollar et les pressions baissières sur les prévisions d’inflation tout en faisant monter les rendements obligataires internationaux. 
  • Risques
    • Les incertitudes géopolitiques font partie des questions toujours en suspens. Selon la manière dont elles se dénouent, l’atterrissage en douceur programmé pourrait se transformer en atterrissage brutal.
    • Les relations commerciales internationales restent une source d’incertitude. Elles risquent elles aussi de peser sur la croissance de la production et de provoquer des accès de volatilité.
    • En dépit des mesures d’assouplissement, le ralentissement persiste en Europe et dans les marchés émergents.

 

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous sommes neutres envers les actions, avec quelques biais tactiques régionaux qui reflètent l’attitude conciliante des banques centrales, l’atténuation des craintes de récession et le niveau peu élevé des taux d’intérêt et de l’inflation. Nous privilégions les actions émergentes par rapport aux actions américaines et celles de la zone euro par rapport à l’Europe hors zone euro. Nous maintenons une position neutre envers les actions japonaises. En matière obligataire, nous conservons une duration courte en nous diversifiant en dehors des obligations gouvernementales à faible rendement.

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Position neutre sur les actions
    • Sous-pondération des actions américaines. Nous nous attendons à une croissance ralentie, mais toujours positive, des bénéfices en 2019. Les valorisations boursières ont récupéré et se situent désormais à un juste niveau suite à la remontée des cours et à la réduction des prévisions de bénéfices.
    • Surpondération des actions émergentes. La croissance chinoise reste le principal moteur : le soutien monétaire et l’assouplissement budgétaire devraient permettre d’atteindre un objectif de croissance de plus de 6 %. Le conflit commercial n’est pas résolu, mais le risque de hausse supplémentaire des droits de douane semble écarté. La pause de la Fed est un facteur favorable à la région.
    • Surpondération des actions de la zone euro. Les chiffres macro-économiques semblent atteindre un plancher et la demande intérieure reste solide. La plupart des investisseurs étrangers ont quitté la région, ce qui se traduit par une sous-pondération du consensus. Malgré leur rebond, les valorisations restent bon marché et sont inférieures aux moyennes historiques.
    • Sous-pondération des actions européennes hors zone euro. La région affiche une croissance prévisionnelle des bénéfices plus basse, et donc des rendements prévisionnels inférieurs à ceux du continent, ce qui explique notre avis négatif.
    • Position neutre envers les actions japonaises en l’absence de conviction, faute de catalyseur. Ce marché pourrait redevenir intéressant selon l’évolution de l’actualité et de la croissance internationale.
  • Sous-pondération des obligations et maintien d’une duration courte
    • Nous nous attendons à une remontée graduelle des taux et des rendements obligataires, surtout en ce qui concerne les émissions allemandes à 10 ans, qui se trouvent à des niveaux très bas.
    • L’expansion ralentie, mais toujours positive, de l’économie européenne pourrait conduire à une hausse des rendements de la zone euro à moyen terme. Les obligations des pays centraux et périphériques affichent un portage défavorable. La BCE se montre conciliante et s’apprête à mettre en place un nouveau TLTRO.
    • La dette des marchés émergents offre un portage attrayant et la pause dans le resserrement monétaire de la Fed représente un facteur favorable.
    • Nous nous diversifions en dehors des obligations gouvernementales à faible rendement avec une préférence pour le segment High Yield américain.