Coffee Break 18/02/2019

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • Selon le président chinois Xi, les pourparlers commerciaux ont « réalisé d’importants progrès », mais « il reste encore beaucoup de travail » d’après la Maison-Blanche.
  • Le président américain Donald Trump a décrété l’urgence nationale pour obtenir le financement de son mur à la frontière avec le Mexique. Une nouvelle fermeture de l’administration a été évitée, mais les tensions avec le Congrès perdurent.
  • Le PIB estimé de la zone euro a augmenté de 0,2 % au 4e trimestre 2018 par rapport au trimestre précédent, l’économie allemande ayant stagné sans pour autant se contracter.
  • Les ventes au détail ont chuté aux États-Unis en décembre, enregistrant leur plus forte baisse depuis 2009. Pour mémoire, le mois de décembre a été le pire mois depuis 1931 pour les actions américaines et a également marqué le début de la plus longue fermeture de l’État dans l’histoire des États-Unis. Par ailleurs, la confiance des consommateurs semble revenir en février. 

ET ENSUITE ?

  • Les négociateurs chinois poursuivront cette semaine les négociations commerciales à Washington.
  • La publication des PMI « flash » mondiaux devrait montrer une stabilisation à proximité du seuil des 50 points qui marque la limite entre expansion et contraction.
  • Le compte-rendu de la réunion de janvier du FOMC apportera des éclaircissements sur le changement de ton brutal de la Fed. Nous sommes à l’affût d’indications concernant la fin possible du « resserrement quantitatif ».
  • En Europe, on attend les résultats des enquêtes de confiance en Allemagne, tandis qu’en Espagne, ce sera le début de la campagne pour les élections législatives anticipées.

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • Dans les économies émergentes, l’activité continue de ralentir. Pour les principales banques centrales, dont la Fed, la Banque d’Angleterre et la Banque centrale européenne, les relations commerciales internationales constituent une source d’incertitude. Les mesures de soutien de l’économie prises par les autorités chinoises devraient permettre d’aboutir à une croissance du PIB d’environ 6 % pour 2019. Ces mesures bénéficieront à l’ensemble de la région. On notera que les mesures annoncées impliqueront des efforts accrus à l’avenir pour assurer la viabilité de la dette publique.
    • Aux États-Unis, la croissance devrait se poursuivre, mais plus lentement (2,4 % en moyenne pour 2019 contre 3 % en 2018). Le président américain se trouve au beau milieu de relations difficiles, que ce soit sur le plan intérieur ou sur le plan extérieur, avec ses partenaires commerciaux internationaux. La fin de la trêve avec la Chine se rapproche, mais elle pourrait être prolongée de 60 jours. De son côté, la Fed restera « patiente » pour garantir un atterrissage en douceur.
    • En Europe, le cycle économique reste plus atone (le taux de croissance du PIB devrait être de 1,4 % en moyenne pour 2019) et les surprises économiques ne cessent de décevoir. Les risques politiques se multiplient. La baisse des prix du pétrole et l’assouplissement des politiques budgétaires devraient toutefois permettre à la région d’éviter une récession.
  • Nos vues sur les marchés
    • Nous conservons un avis modérément positif envers les actions, car nous pensons que l’expansion mondiale se poursuivra, bien qu’à un rythme plus lent. Nous prévoyons une croissance des bénéfices de 0 à 6 % selon les régions.
    • Nous estimons que les tensions inflationnistes resteront modérées en raison du faible niveau des prix du pétrole. Une duration globalement courte continue de s’imposer en raison d’un profil risque/rendement toujours défavorable sur la plupart des segments du marché obligataire.
  • Risques
    • Incertitudes géopolitiques : elles pourraient transformer un atterrissage en douceur programmé en atterrissage brutal.
    • Ralentissement des marchés émergents : toute mesure budgétaire ou monétaire visant à atténuer l’impact de la guerre commerciale aura un effet bénéfique à court terme et un effet pénalisant à plus long terme.
    • Risques politiques dans l’UE : les écueils politiques risquent d’alimenter encore plus l’euroscepticisme alors que les opinions divergent sur un nombre croissant de sujets (« Brexit », budget italien, agitation sociale en France), et que les élections au parlement européen se rapprochent (prévues en mai). Pour le moment, la guerre commerciale initiée par les États-Unis n’a eu qu’un impact indirect sur la zone euro, mais on attend le rapport du Département du commerce américain sur les risques de sécurité posés par l’industrie automobile européenne.
    • Politique intérieure des États-Unis : la division du Congrès, les échéances budgétaires à venir et l’affaiblissement des perspectives de croissance mondiale pèseront sur les exportations américaines.  

 

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous surpondérons les actions par le biais des États-Unis et des marchés émergents. Nous restons tactiquement neutres sur les actions de la zone euro et maintenons une sous-pondération stratégique de l’Europe hors zone euro. Position neutre sur le Japon. En matière obligataire, nous conservons une duration courte en nous diversifiant en dehors des obligations gouvernementales à faible rendement.

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Nous avons augmenté notre surpondération des actions émergentes
    • Surpondération des actions américaines. L’attitude de la Réserve fédérale américaine est clairement favorable à l’économie domestique et élimine le risque d’erreur monétaire pour les prochains mois. La hausse des taux devrait rester contenue. Les relations tendues de Donald Trump sur le front domestique et à l’étranger commencent à interférer.
    • Position tactiquement neutre envers les actions de la zone euro. Les chiffres macro-économiques s’affaiblissent, mais le marché de l’emploi reste solide, ce qui devrait contribuer à soutenir la consommation. Les incertitudes politiques sont pénalisantes. À l’inverse, toute résolution des conflits actuels apaisera les marchés.
    • Sous-pondération des actions européennes hors zone euro. La région affiche une croissance prévisionnelle des bénéfices plus basse, et donc des rendements prévisionnels inférieurs à ceux du continent, ce qui explique notre avis négatif.
    • Position neutre sur les actions japonaises en l’absence de conviction faute de catalyseur.
    • Surpondération des actions émergentes. L’attitude plus conciliante de la Fed est une bonne nouvelle pour la région et nous restons convaincus de son potentiel de croissance. Même s’ils ont été durement touchés par les négociations commerciales américaines en 2018, les marchés émergents ont fait preuve de résilience.
  • Sous-pondération des obligations et maintien d’une duration courte
    • Nous nous attendons à une remontée graduelle des taux et des rendements obligataires après la forte baisse des dernières semaines.Le faible niveau actuel des prix du pétrole freine la remontée attendue de l’inflation.
    • L’expansion ralentie, mais toujours positive, de l’économie européenne pourrait conduire à une hausse des rendements de la zone euro à moyen terme. Les obligations des pays centraux et périphériques affichent un portage défavorable. La BCE se montre conciliante, mais a mis fin à son assouplissement quantitatif au mois de décembre.
    • Les spreads des marchés émergents se sont resserrés dans le contexte actuel plus optimiste. Il faudrait néanmoins de nouveaux catalyseurs pour un resserrement supplémentaire des spreads. Nous avons donc réduit notre exposition en prenant une partie de nos bénéfices.