Weekly Insights 16/08/2017

Highlights

  • États-Unis : le nombre hebdomadaire de demandeurs d’emplois est inférieur à 300 000 pour la 127e semaine consécutive, la plus longue période depuis 1970.
  • Zone euro : la confiance des investisseurs est stable et bénéficie des excellentes conditions actuelles.
  • Allocation d’actifs : l’exacerbation des tensions géopolitiques actuelles ne modifie pas notre stratégie actuelle ; nous restons en effet convaincus que l’expansion mondiale se poursuit, en particulier dans la zone euro. Nous maintenons notre surpondération des actions ainsi que notre biais négatif à l'égard des obligations. 

Allocation d'actifs :

La recrudescence des tensions géopolitiques entre les États-Unis et la Corée du Nord a récemment déclenché des pics de volatilité, une correction des marchés des actions, une chute des taux d’intérêt et un rebond du prix de l’or. Néanmoins, ce sentiment d'aversion au risque n'a pas suscité de mouvement de panique et seuls quelques indices boursiers approchent de leurs niveaux de support stratégiques.

Cette situation ne modifie pas notre opinion fondamentale ; dans la mesure où nous restons convaincus que l’expansion mondiale se poursuit, en particulier dans la zone euro. Les actions européennes n'ont toutefois pas profité de cet environnement économique positif en raison de la récente appréciation de la monnaie unique, qui s’est d'ores et déjà traduite par une baisse des révisions relatives des bénéfices des entreprises. Le taux de change EUR/USD devrait néanmoins se stabiliser et profiter des divergences entre les politiques monétaires de la Fed et de la BCE, ce qui devrait entrainer un « re-rating » relatif des actions de la zone euro. Les actions italiennes et les petites capitalisations européennes gardent notre faveur car elles restent relativement peu influencées par la hausse de l’euro en raison de leur forte exposition au marché intérieur.

Pour les prochaines semaines, nous suivrons attentivement l'évolution du contexte géopolitique, les dénouements politiques au Royaume-Uni et aux États-Unis, ainsi que la réunion des Banques centrales à Jackson Hole.

Notre stratégie d’investissement actuelle pour les fonds traditionnels :

Légende
gris : pas de changement
bleu : modification

ACTIONS CONTRE OBLIGATIONS

Nous surpondérons légèrement les actions et restons négatifs envers les obligations, en maintenant une duration courte :

  • La dynamique de croissance mondiale est bien enclenchée.
    • Les dernières statistiques ont confirmé le redressement de l'économie européenne, avec une croissance supérieure à la moyenne en 2017-2018.
    • Les données économiques provenant des États-Unis commencent à devenir plus favorables tandis que les marchés émergents bénéficient d’un bon élan et d'un dollar plus faible.
    • Dans ce contexte, nous favorisons la zone euro, le Japon et les marchés émergents.
  • Les divergences des politiques monétaires des banques centrales des deux côtés de l’Atlantique devraient se maintenir :
    • Selon nous, les investisseurs s'accommodent bien trop des ajustements de la Fed, tandis qu'ils se montrent nettement plus prudents vis-à-vis des décisions de la BCE. En dépit d’un éventuel durcissement monétaire, la BCE continuera d'étendre son bilan l'année prochaine. Parallèlement, la Fed pourrait quant à elle commencer à réduire son bilan dès le mois d’octobre avant d’accélérer le rythme en 2018. Le sommet de Jackson Hole qui se tiendra dans le courant du mois devrait apporter plus de précisions à ce sujet.
  • Les actions possèdent une valorisation attractive comparée au crédit.
  • Les principaux risques qui pèsent sur les marchés sont toujours de nature politique et ne sont plus européens mais américains :
    • En Italie, les élections ne devraient pas avoir lieu avant 2018. À moyen terme, le risque italien semble gérable et est déjà intégré dans les cours des marchés.
    • Au Royaume-Uni, les négociations sur le « Brexit » avancent peu.
    • Les craintes concernant le protectionnisme ont reculé, sans toutefois disparaître totalement. Les tensions géopolitiques en Syrie, en Corée du Nord, en Russie et potentiellement en Iran sont sources d’incertitudes.
    • Aux États-Unis, après l’effondrement de la nouvelle loi sur les soins de santé, le budget 2018 et la réforme fiscale seront essentiels pour renforcer la crédibilité de Donald Trump. Le retard observé dans la mise en œuvre du plan de relance budgétaire américain constitue toujours une source d'inquiétudes.

 

STRATEGIE REGIONALE ACTIONS

  • Nous conservons un positionnement positif à l’égard des actions de la zone euro. La croissance économique en cours, plus solide et diversifiée géographiquement, l'approche conciliante et prudente de la Banque centrale et la solide dynamique des bénéfices des entreprises renforcent l’attrait des actifs risqués de la région. Néanmoins, les anticipations des bénéfices ont déjà fait l’objet d’une révision à la baisse car la hausse de l’euro pourrait se révéler préjudiciable aux exportateurs européens ; la vigueur de la demande intérieure devrait cependant jouer le rôle de soutien. Notre positionnement est toujours positif à l'égard des actions italiennes. Nous conservons par ailleurs notre exposition aux banques. En Europe, la forte baisse de la prime liée au risque politique et les récents sauvetages bancaires renforcent la confiance.
  • Nous conservons une sous-pondération de l’Europe hors EMU, en particulier du Royaume-Uni. Les incertitudes qui planent autour de la situation politique britannique, les négociations sur le « Brexit » et leur impact sur l'économie nous incitent à ne pas nous positionner sur cette zone. Les fondamentaux perdent leur entrain dans la région et les risques baissiers subsistent.
  • Notre approche reste neutre vis-à-vis des actions américaines. Il semblerait que les États-Unis soient sur le chemin du redressement. Les surprises économiques ont commencé à se redresser de leurs niveaux particulièrement négatifs. Néanmoins, nous identifions toujours un risque d’exécution dans la mise en œuvre du plan de relance budgétaire et suivrons les dénouements politiques.
  • Nous surpondérons les actions japonaises. Le renforcement de la croissance mondiale et les mesures de politique intérieure conciliantes sont parmi les principaux moteurs de la performance. En outre, la BoJ a confirmé la mise en place d’une politique monétaire hautement accommodante, ce qui a entrainé une dépréciation du yen japonais. Le récent remaniement du gouvernement de Shinzo Abe a induit une pause dans la baisse de confiance des Japonais envers leur premier ministre.
  • Nous surpondérons les actions des marchés émergents. Ces dernières bénéficient en effet de valorisations attrayantes et d’une solide croissance mondiale. La faiblesse du dollar et le ralentissement de l'économie américaine sont positifs pour la région, qui surperforme le marché dans son ensemble. Les ajustements apportés au bilan de la Fed pourraient entrainer de nouvelles incertitudes pour les marchés émergents, mais le cycle mondial et les politiques monétaires accommodantes à l’échelle locale devraient se révéler favorables.

 

STRATEGIE OBLIGATAIRE

  • Nous conservons notre sous-pondération des obligations et maintenons une duration courte. La baisse des taux d'intérêt est selon nous imputable à la récente aversion au risque ; par conséquent, les taux souverains européens et américains devraient reprendre le chemin de la hausse à moyen terme grâce au durcissement de la Fed et à d'éventuelles pressions inflationnistes. Bien que nous tablions sur une hausse des salaires et éventuellement sur un plan de relance afin de donner un coup de fouet à l'inflation, les effets prennent plus de temps que prévu à se concrétiser.
  • Afin d’augmenter la diversification, nous continuons de fermer nos positions sur les emprunts d’États générateurs de rendements peu élevés.
    • Notre positionnement est neutre vis-à-vis du marché du crédit, car les spreads se sont d’ores et déjà sensiblement resserrés et toute hausse des rendements obligataires pourrait pénaliser la performance.
    • Notre exposition aux obligations indexées sur l'inflation est diversifiée.
    • Nous conservons une surpondération de la dette émergente dans la mesure où l'assouplissement monétaire actuellement engagé représente un soutien non négligeable.
    • Notre exposition aux obligations à haut rendement est quasi-neutre : nos objectifs de spreads ont été revus à la baisse, l’effet de la duration est moins négatif et le portage reste attrayant.
    • Nous conservons notre légère surpondération du dollar, le taux de change EUR/USD ayant rompu ses niveaux de résistance stratégiques.

 

Macro :

  • Aux États-Unis, avec 3 000 demandeurs d’emploi supplémentaires durant la première semaine du mois d'août, le nombre hebdomadaire s'établit ainsi à 244 000 (contre 240 000 estimés par le consensus).
  • Le chiffre reste toutefois inférieur au seuil des 300 000 pour la 127e semaine consécutive, la plus longue période depuis 1970.
  • Les prix à la consommation ont augmenté de 1,7 % en glissement annuel au mois de juillet, un niveau inférieur aux estimations (1,8 %) mais toutefois supérieur à celui du mois de juin (1,6 %). Les secteurs de l’énergie, des aliments, des soins médicaux, des matières premières et des services de transport ont connu les hausses les plus vigoureuses.
  • Dans la zone euro, l’indice Sentix a légèrement chuté en août, à 27,7, contre 28,3 le mois précédent. La confiance des investisseurs est restée stable et bénéficie des excellentes conditions actuelles. Les projections sont toutefois moins optimistes en raison des inquiétudes qui entourent l'économie américaine et de l’impact potentiel du scandale sur les émissions des véhicules automobiles en Allemagne.
  • La production industrielle a chuté de 0,6 % en juin par rapport au mois précédent, impactée par le ralentissement de la production de biens d'équipement et de consommation ainsi que de produits intermédiaires. 

Actions :

Actions Europe

La semaine s’est révélée peu favorable aux actions européennes.

  • Les investisseurs ont profité de la montée des risques géopolitiques pour prendre leurs bénéfices sur les différents segments.
  • L'indice européen Stoxx 600 a enregistré une de ses plus mauvaises performances hebdomadaires depuis le début de l’année. Le FTSE 100 a touché un plus bas de trois mois vendredi, et le DAX 30 allemand s’est inscrit en-deçà des 12 000 points jeudi pour la première fois depuis le mois d'avril. L’Eurostoxx 50, le CAC 40 et l’IBEX ont également tous les trois sous-performé, pénalisés en grande partie par la correction des financières.
  • La plus mauvaise performance sectorielle fut produite par les ressources de base, qui ont souffert de la correction des prix des matières premières et des mises en garde de la Chine concernant les cours du minerai de fer. Les actions des banques, du pétrole et du gaz, ainsi que certaines valeurs de la technologie ont également cédé du terrain.

 

Actions Etats-Unis

Tous les principaux indices boursiers américains ont chuté durant la semaine.

  • Les inquiétudes grandissantes quant à un éventuel conflit entre la Corée du Nord et les États-Unis, et les résultats parfois décevants des entreprises ont pesé sur la plupart des principaux indices.
  • Le titre de Walt Disney, notamment, s’est replié après la publication de résultats peu réjouissants au deuxième trimestre (baisse des abonnements au câble et des recette publicitaires). Disney a annoncé le lancement imminent d'une plateforme numérique de streaming, pénalisant ainsi son concurrent Netflix.
  • Parmi les grands distributeurs, plusieurs titres se sont effondrés après la divulgation de bénéfices décevants.

 

Actions marchés émergents

Les actions émergentes ont connu une correction généralisée durant la semaine.

  • Les tensions observées entre la Corée du Nord et les États-Unis ont pesé sur les marchés boursiers mondiaux. Le marché sud-coréen, notamment, a souffert de la chute des valeurs technologiques, les investisseurs étrangers ayant profité de ces divergences pour prendre une partie de leurs bénéfices.
  • L’Inde a subi les plus grandes pertes de l’univers émergent car les investisseurs se sont montrés particulièrement inquiets face aux mauvais résultats des entreprises.
  • La Chine a elle aussi eu droit à son lot de mauvaises surprises : deux poids lourds du secteur technologique chinois ainsi que le géant Tencent avec son application de messagerie WeChat, font actuellement l’objet d'une enquête du gouvernement, qui les accuse tous les trois d’enfreindre la loi en matière de cybersécurité.

Obligations :

TAUX

Les emprunts d'État ont rebondi durant la semaine, profitant de la montée des tensions politiques.

  • Dans ce contexte, les spreads périphériques se sont écartés, tandis que ceux des pays « core » se sont resserrés, en particulier sur la partie avant de la courbe.
  • Aux États-Unis, l’inflation est limitée : l’IPC sous-jacent n’enregistre en effet qu'une modeste hausse de 0,1 % par rapport au mois dernier (contre une estimation de 0,2 %).
  • Les rendements américains, britanniques, japonais et allemands à 10 ans affichent respectivement 2,22 %, 1,10 %, 0,05 % et 0,42 %. 





CREDIT

L'aversion au risque a été renforcée dans le courant de la semaine en raison des faibles niveaux de liquidité et des agitations géopolitiques.

  • Les indices des prix au comptant ont subi davantage de pressions que les indices synthétiques, en particulier sur le secteur de la finance.
  • Les spreads se sont élargis respectivement de 5 pb, 47 pb et 30 pb sur les segments Investment Grade, des CoCo et de la sous-assurance.





DEVISES

 

Les tensions géopolitiques ont revigoré les devises « refuges ».

  • Le yen japonais et le franc suisse se sont appréciés et surperforment l’ensemble des principales devises.
  • En revanche, le won coréen a perdu près de 2 %.
  • Le dollar néozélandais a connu une semaine difficile en raison des commentaires de la banque centrale à l’égard de la vigueur de la monnaie et des répercussions négatives sur les anticipations d'inflation. 

 

Marché :

APERÇU HEBDOMADAIRE DES MARCHÉS




FAITS & CHIFFRES MARQUANTS