Coffee Break 29/07/2019

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE         

  • Élu à la tête du parti conservateur britannique, ce qui en fait le successeur de Theresa May, Boris Johnson a battu Jeremy Hunt avec 66 % des votes. Dans son discours de victoire, il a promis d’apporter un nouvel esprit d’audace.
  • Le président de la BCE a modifié de manière significative les « indications sur l’orientation future de la politique monétaire » (forward guidance) de la banque centrale, ouvrant ainsi la voie à des mesures de relance monétaires. L’euro a atteint son plus bas niveau depuis mai 2017 à 1,111 USD.
  • Le taux de croissance annuel estimé du PIB américain s’affiche à 2,1 %, un chiffre conforme aux prévisions et inférieur au chiffre précédent de 3,1 %.
  • La période de publication des résultats du deuxième trimestre 2019 offre des surprises positives, mais cela s’explique surtout par le fait que les attentes avaient précédemment été revues à la baisse.

 

ET ENSUITE ?

  • Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin et le représentant américain au commerce Robert Lighthizer se rendront à Shanghai pour deux jours de réunion. Les attentes sont grandes, car les entreprises américaines ressentent elles aussi la pression des droits de douane.
  • Plusieurs réunions des banques centrales sont prévues, dont celles de la Banque d’Angleterre, de la Banque du Japon et de la Fed. Une majorité d’investisseurs s’attend à ce que cette dernière abaisse ses taux de 25 pb.
  • Le US Bureau of Labor Statistics publiera ses chiffres mensuels. On s’attend à 160 000 créations d’emplois non agricoles (contre 224 000 le mois dernier).
  • La publication du PIB de la zone euro pour le deuxième trimestre et des PMI manufacturiers définitifs du mois de juillet pour plusieurs puissances économiques mondiales seront les principaux faits marquants. 

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • Nous avons un avis modérément favorable à long terme, mais à court terme, compte tenu du contexte actuel, nous sommes neutres envers les actions, conscients que beaucoup de bonnes nouvelles ont déjà été intégrées.
    • Alors que le cycle économique est affecté par l’incertitude prolongée liée au commerce, les banques centrales sont devenues la première ligne de défense. La BCE vient de manifester sa volonté de revenir à des mesures de relance économique, tandis que la Fed devrait abaisser ses taux lors de la prochaine réunion du FOMC en juillet.
    • Dans les économies émergentes, les mesures prises par les autorités chinoises en réaction au conflit commercial et au ralentissement de la croissance mondiale commencent lentement à porter leurs fruits : on observe des signes timides de stabilisation.
    • Dans la zone euro, le cycle économique reste plus atone. Nous continuons de tabler sur un taux de croissance de 1,3 % pour 2019.
  • Nos vues sur les marchés
    • L’espoir d’une reprise est compromis par la stabilisation (ou l’amélioration) tardive des chiffres macroéconomiques. Les surprises économiques restent obstinément négatives et convergent au niveau régional.
    • Alors que les banques centrales manifestent leur volonté d’agir, les marchés anticipent une ou plusieurs baisses de taux, ce qui pousse les actions à la hausse.
    • Les actions continuent d’enregistrer des sorties de capitaux tandis que les obligations bénéficient de flux positifs.
  • Risques
    • Le conflit commercial sino-américain figure en tête de liste.
    • Les incertitudes géopolitique (ex. Iran) font toujours partie des problèmes non réglés à l’heure actuelle. Selon la manière dont elles se dénouent, l’atterrissage en douceur programmé pourrait se transformer en atterrissage brutal.
    • L’incertitude politique perdure en Europe, notamment au Royaume-Uni.

 

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous restons globalement neutres envers les actions, tout en ayant un biais tactique régional : nous surpondérons les actions américaines au détriment de l’Europe hors zone euro. Nous sommes neutres partout ailleurs. Au sein de l’allocation obligataire, nous conservons une duration courte et continuons de nous diversifier en dehors des obligations gouvernementales à faible rendement, via des expositions au crédit (avec une préférence pour les émetteurs européens et les titres en euros) ainsi qu’à la dette émergente en devise forte. En matière de devises, nous conservons une position acheteuse sur le yen et une position vendeuse sur la livre sterling. Nous avons également une exposition à l’or.

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Position neutre sur les actions
    • Surpondération des actions américaines. Avec le changement d’attitude de la Fed, la région apparaît comme un choix « plus sûr » par rapport aux autres. Les marchés financiers sont favorables, avec de faibles taux, des actions en hausse et une faible volatilité. Le marché de l’emploi et la consommation sont solides et l’inflation reste faible.
    • Neutre envers les actions des marchés émergents. La volonté de la Fed de réduire les taux si nécessaire est un facteur favorable pour la région, mais le conflit commercial représente un problème majeur. Les marchés financiers sont favorables, même si les chiffres économiques pourraient être meilleurs.
    • Neutre envers les actions de la zone euro. Nous sommes conscients des contraintes qui pèsent sur la région, et notamment de sa vulnérabilité au commerce international : l’Allemagne se trouve techniquement en récession dans le secteur industriel. La Banque centrale européenne est néanmoins prête à agir. Le marché de l’emploi et la consommation restent solides.
    • Maintien d’une sous-pondération des actions européennes hors zone euro. La région affiche une croissance prévisionnelle des bénéfices plus basse, et donc des rendements prévisionnels inférieurs à ceux du continent, ce qui explique notre avis négatif.
    • Position toujours neutre envers les actions japonaises en l’absence de conviction, faute de catalyseur. La région pourrait revenir dans la course si l’actualité des relations internationales s’améliorait. Le gouvernement a par ailleurs prévu une augmentation de la taxe à la consommation, qui passera de 8 à 10 % en octobre.              
  • Sous-pondération des obligations et maintien d’une duration courte
    • Les taux et les rendements obligataires devraient rester peu élevés, voire négatifs, surtout en ce qui concerne les émissions allemandes à 10 ans.
    • La BCE aura un nouveau président à compter du 1er novembre 2019. La nomination de Christine Lagarde est une bonne nouvelle pour ceux qui espèrent que l’attitude conciliante de la banque centrale se prolongera au-delà des huit ans de présidence de Mario Draghi.
    • La dette des marchés émergents offre un portage attrayant et le ton conciliant de la Fed représente un facteur favorable. L’incertitude liée au commerce et les risques idiosyncrasiques en Turquie et en Argentine sont des facteurs pénalisants.
    • Nous nous diversifions en dehors des obligations gouvernementales à faible rendement avec une préférence pour la dette émergente en devise forte et les obligations d’entreprises libellées en euro.