Coffee Break 12/08/2019

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE         

  • Sur fond de reprise du conflit commercial, la monnaie chinoise a chuté pour la première fois depuis 2008 au-delà de 7 CNY pour 1 USD. Cette baisse du yuan associée, pour la première fois depuis 2016, à la chute des prix à la production se traduit par des pressions déflationnistes.
  • Plusieurs banques centrales, parmi lesquelles celles de l’Inde, de la Thaïlande et de la Nouvelle-Zélande, ont baissé leur taux directeur.
  • L’activité industrielle de la zone euro est toujours en plein marasme, comme le montre la baisse des chiffres de production industrielle en France, aux Pays-Bas et en Allemagne.
  • L’économie britannique s’est contractée de 0,2 % au cours du deuxième trimestre, affichant ainsi son plus mauvais trimestre depuis 2012.
  • En réponse au président américain Trump qui réclame des baisses de taux substantielles, quatre anciens présidents de la Fed ont déclaré que l’indépendance de la banque centrale devait être préservée.

 

ET ENSUITE ?

  • L’IPC de juillet aux États-Unis sera publié le 13 août. Il représente un bon moyen de suivre l’évolution des prix à la consommation pour les produits et les services et de confirmer si un taux annuel de 2,1 % (sur 12 mois) pourra être atteint.
  • En Chine, les chiffres de la production industrielle (prévue à 6 % sur 12 mois), des investissements en immobilisations et des ventes au détail seront publiés mercredi. Ces indicateurs économiques pourraient s’avérer une nouvelle preuve du ralentissement de la croissance dans la région.
  • L’entrée en vigueur des droits de douane au 1er septembre pourrait encore être évitée. La Maison-Blanche semble prête à repousser les décisions sur Huawei après que Pékin ait déclaré vouloir cesser ses achats de produits agricoles américains. Un suivi attentif des tensions sino-américaines pourrait donc s’avérer utile.
  • Le taux de croissance du PIB allemand au deuxième trimestre et l’enquête ZEW sur le sentiment économique (qui devrait être en baisse de 200 pb par rapport au mois précédent) risquent de venir confirmer les faiblesses du pays. 

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • Nous avons un avis modérément favorable à long terme et avons tactiquement renforcé notre exposition aux actions après la forte baisse qui a suivi l’escalade du conflit commercial.
    • Alors que le cycle économique est affecté par l’incertitude prolongée liée au commerce, les banques centrales sont devenues la première ligne de défense. La BCE a manifesté son intention de revenir à des mesures de relance économique d’ici le mois de septembre. La Fed a annoncé une baisse de taux de 25 pb lors du dernier FOMC, mais elle ne s’arrêtera probablement pas là.
    • Dans les économies émergentes, les autorités chinoises essaient de réduire l’impact du conflit commercial et du ralentissement via des mesures budgétaires, et monétaire. On observe des signes timides de stabilisation.
    • Les craintes de récession aux États-Unis sont exagérées mais le risque d’une stagnation prolongée de la zone euro a augmenté.
  • Nos vues sur les marchés
    • L’espoir d’une reprise est compromis par une stabilisation des chiffres macroéconomiques qui se fait attendre. Les surprises économiques restent obstinément négatives et affichent une convergence régionale.
    • Les banques centrales sont en train d’intervenir et plusieurs d’entre elles ont abaissé leurs taux, dans les marchés émergents et aux États-Unis.
    • Les actions ont enregistré les sorties de capitaux les plus importantes de 2019, tandis que les obligations bénéficient de flux positifs. Les marchés du crédit continuent de résister.
  • Risques
    • Le conflit commercial sino-américain figure en tête de liste, surtout depuis qu’en l’absence d’accord, le président Trump a annoncé une nouvelle tranche d’augmentations des droits de douane au 1er septembre. La Chine a répondu qu’elle ne cèderait pas aux pressions tout en laissant sa monnaie décliner.
    • Les incertitudes géopolitique (ex. Iran) font toujours partie des problèmes non réglés à l’heure actuelle. Selon la manière dont elles se dénouent, l’atterrissage en douceur programmé pourrait se transformer en atterrissage brutal.
    • L’incertitude politique perdure en Europe, notamment au Royaume-Uni. Boris Johnson oppose pour le moment une fin de non-recevoir à la Commission européenne. Sa volonté de quitter l’UE même en l’absence d’accord fait peur aux chefs d’entreprise et a affaibli la livre sterling.

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous restons globalement neutres envers les actions, tout en remontant notre exposition aux actions des États-Unis et de la zone euro pour profiter d’un profil risque/rendement plus avantageux après la forte correction observé depuis fin juillet.Nous conservons un biais tactique régional qui s’exprime par une surpondération croissante des actions américaines et une sous-pondération des actions europénnes hors zone euro. Nous sommes neutres partout ailleurs. Au sein de l’allocation obligataire, nous sous-pondérons la duration et continuons de nous diversifier en dehors des obligations gouvernementales à faible rendement, via des expositions au crédit, avec une préférence pour les émetteurs européens et la dette émergente en devise forte. En matière de devises, nous conservons une position acheteuse sur le yen et une position encore plus vendeuse sur la livre sterling. Nous avons également une exposition à l’or, que nous avons renforcée afin d’améliorer la couverture du portefeuille.

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Position neutre sur les actions
    • Surpondération des actions américaines. Avec le changement d’attitude de la Fed, la région apparaît comme un choix « plus sûr » par rapport aux autres. Le marché de l’emploi et la consommation sont solides tandis que l’inflation est maîtrisée.
    • Neutre envers les actions des marchés émergents. L’attitude conciliante de la Fed américaine est un facteur favorable pour la région, mais le conflit commercial représente un problème majeur. Les marchés financiers résistent relativement bien, mais les chiffres économiques pourraient être meilleurs.
    • Neutre envers les actions de la zone euro. Nous sommes conscients des contraintes qui pèsent sur la région, et notamment de sa vulnérabilité au commerce international. L’Allemagne enregistre ainsi une récession industrielle. La Banque centrale européenne est néanmoins prête à agir en septembre. Le marché de l’emploi et la consommation restent favorables.
    • Maintien d’une sous-pondération des actions européennes hors zone euro. La région affiche une croissance prévisionnelle des bénéfices plus basse, et donc des rendements prévisionnels inférieurs à ceux du continent, ce qui explique notre avis négatif.
    • Position toujours neutre envers les actions japonaises en l’absence de conviction, faute de catalyseur. On ignore encore si le gouvernement maintiendra son projet d’augmenter la taxe à la consommation de 8 à 10 % en octobre.               
  • Sous-pondération des obligations et maintien d’une duration courte
    • Les taux et les rendements obligataires devraient rester peu élevés, voire négatifs, surtout en ce qui concerne les émissions allemandes à 10 ans.
    • La BCE aura un nouveau président à compter du 1er novembre 2019. La nomination de Christine Lagarde est une bonne nouvelle pour ceux qui espèrent que l’attitude conciliante de la banque centrale se prolongera au-delà des huit ans de présidence de Mario Draghi.
    • La dette des marchés émergents offre un portage attrayant et le ton conciliant de la Fed représente un facteur favorable. L’incertitude liée au commerce et les risques idiosyncrasiques en Turquie et en Argentine sont des facteurs pénalisants.
    • Nous nous diversifions en dehors des obligations gouvernementales à faible rendement avec une préférence pour la dette émergente en devise forte et les obligations d’entreprises libellées en euro.