Coffee Break 05/08/2019

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE         

  • Des représentants américains se sont rendus en Chine pour poursuivre les négociations, mais sans grand succès. Donald Trump vient d’annoncer 10 % de droits de douane supplémentaires en plus de ceux déjà imposés à compter du mois de septembre. La Chine a déjà répondu qu’elle ne cèderait pas aux pressions.
  • La Réserve fédérale  a baissé ses taux de 25 pb, faisant valoir qu’il s’agissait d’une décision isolée. Certains investisseurs, tout comme le président des États-Unis, ont été déçus de cette position.
  • Le US Bureau of Labor Statistics  a publié ses chiffres mensuels. Avec 164 000 créations d’emplois, ils sont conformes aux attentes du marché.
  • La croissance du PIB de la zone euro s’est réduite de moitié au second trimestre, passant de 0,4 à 0,2 %, alors que le ralentissement de la croissance de l’économie mondiale affecte toutes les régions. Les chiffres de l’inflation ont eux aussi fléchi, ouvrant la voie à un assouplissement de la politique monétaire de la BCE. 

 

ET ENSUITE ?

  • Les chiffres définitifs des PMI « services » et « composite » pour juillet sont attendus sur plusieurs marchés clés, dont la zone euro, la France et l’Allemagne. Les prévisions tablent sur un niveau de 51,5. Les services font preuve de résilience mais l’industrie continue de souffrir.
  • La Grande-Bretagne publiera ses taux de croissance estimés du PIB en base annuelle et trimestrielle pour le deuxième trimestre. Les chiffres attendus sont de respectivement 1,4 % et -0,1 %, un signe que la croissance intérieure n’est pas insensible à la saga du « Brexit ».
  • La BCE publiera son bulletin économique le plus récent, qui devrait, dans la foulée de la Fed, ouvrir la voie à de nouvelles mesures de soutien dans les prochains mois.
  • La Chine publiera son solde commercial et l’indice des prix à la consommation à fin juillet. Le solde commercial est devenu un chiffre marquant dans le contexte des tensions commerciales et du ralentissement de la croissance. 

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • Nous avons un avis modérément favorable à long terme, mais à court terme, compte tenu du contexte actuel, nous sommes neutres envers les actions, conscients que beaucoup de bonnes nouvelles ont déjà été intégrées.
    • Alors que le cycle économique est affecté par l’incertitude prolongée liée au commerce, les banques centrales sont devenues la première ligne de défense. La BCE a manifesté son intention de revenir à des mesures de relance économique d’ici le mois de septembre tandis que la Fed a annoncé une baisse de taux de 25 pb lors du dernier FOMC. Les marchés s’attendaient à plus. Le dollar américain s’est raffermi face à cette nouvelle.
    • Dans les économies émergentes, les autorités chinoises essaient de contrecarrer l’impact du conflit commercial et du ralentissement de la croissance mondiale au moyen d’outils monétaires et budgétaires. On observe des signes timides de stabilisation.
    • Dans la zone euro, le cycle économique reste plus atone. Nous continuons de tabler sur un taux de croissance de 1,3 % pour 2019.
  • Nos vues sur les marchés
    • L’espoir d’une reprise est compromis par une stabilisation des chiffres macroéconomiques qui se fait attendre. Les surprises économiques restent obstinément négatives et affichent une convergence régionale.
    • Les banques centrales sont en train d’intervenir et plusieurs d’entre elles ont abaissé leurs taux, dans les marchés émergents et aux États-Unis.
    • Les actions continuent d’enregistrer des sorties de capitaux tandis que les obligations bénéficient de flux positifs.
  • Risques
    • Le conflit commercial sino-américain figure en tête de liste, surtout depuis qu’en l’absence d’accord, Donald Trump a annoncé une nouvelle augmentation des droits de douane à hauteur de 10 % au 1er septembre. La Chine a déjà répondu qu’elle ne cèderait pas aux pressions.
    • Les incertitudes géopolitique (ex. Iran) font toujours partie des problèmes non réglés à l’heure actuelle. Selon la manière dont elles se dénouent, l’atterrissage en douceur programmé pourrait se transformer en atterrissage brutal.
    • L’incertitude politique perdure en Europe, notamment au Royaume-Uni. Boris Johnson oppose pour le moment une fin de non-recevoir à la Commission européenne. Sa volonté de quitter l’UE même en l’absence d’accord fait peur aux chefs d’entreprise et a affaibli la livre sterling.

 

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous restons globalement neutres envers les actions, tout en ayant un biais tactique régional : nous surpondérons les actions américaines au détriment de l’Europe hors zone euro. Nous sommes neutres partout ailleurs. Au sein de l’allocation obligataire, nous avons une légère sous-pondération de la duration et continuons de nous diversifier en dehors des obligations gouvernementales à faible rendement, via des expositions au crédit, avec une préférence pour les émetteurs européens et la dette émergente en devise forte. En matière de devises, nous conservons une position acheteuse sur le yen et une position encore plus vendeuse sur la livre sterling. Nous avons également une exposition à l’or.

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Position neutre sur les actions
    • Surpondération des actions américaines. Avec le changement d’attitude de la Fed, la région apparaît comme un choix « plus sûr » par rapport aux autres. Les marchés financiers sont favorables, avec des taux peu élevés, des actions en hausse et une faible volatilité. Le marché de l’emploi et la consommation sont solides tandis que l’inflation reste peu élevée.
    • Neutre envers les actions des marchés émergents. La volonté de la Fed de réduire les taux si nécessaire est un facteur favorable pour la région, mais le conflit commercial représente un problème majeur. Les marchés financiers sont également favorables, même si les chiffres économiques pourraient être meilleurs.
    • Neutre envers les actions de la zone euro. Nous sommes conscients des contraintes qui pèsent sur la région, et notamment de sa vulnérabilité au commerce international : l’industrie allemande se trouve techniquement en récession. La Banque centrale européenne est néanmoins prête à agir. Le marché de l’emploi et la consommation restent solides.
    • Maintien d’une sous-pondération des actions européennes hors zone euro. La région affiche une croissance prévisionnelle des bénéfices plus basse, et donc des rendements prévisionnels inférieurs à ceux du continent, ce qui explique notre avis négatif.
    • Position toujours neutre envers les actions japonaises en l’absence de conviction, faute de catalyseur. La région pourrait revenir dans la course si l’actualité des relations internationales s’améliorait. Le gouvernement a par ailleurs prévu une augmentation de la taxe à la consommation, qui passera de 8 à 10 % en octobre.               
  • Sous-pondération des obligations et maintien d’une duration courte
    • Les taux et les rendements obligataires devraient rester peu élevés, voire négatifs, surtout en ce qui concerne les émissions allemandes à 10 ans.
    • La BCE aura un nouveau président à compter du 1er novembre 2019. La nomination de Christine Lagarde est une bonne nouvelle pour ceux qui espèrent que l’attitude conciliante de la banque centrale se prolongera au-delà des huit ans de présidence de Mario Draghi.
    • La dette des marchés émergents offre un portage attrayant et le ton conciliant de la Fed américaine représente un facteur favorable. L’incertitude liée au commerce et les risques idiosyncrasiques en Turquie et en Argentine sont des facteurs pénalisants.
    • Nous nous diversifions en dehors des obligations gouvernementales à faible rendement avec une préférence pour la dette émergente en devise forte et les obligations d’entreprises libellées en euro.