STRATEGIE OBLIGATIONS EMERGENTES
Nous sommes néanmoins conscients du fait que l'année 2016 devrait elle aussi être difficile pour les investisseurs des marchés de la dette émergente, tout du moins durant la première partie de l'année car les turbulences observées pour cette classe d'actifs (tels que la chute continue des prix du pétrole et le ralentissement chinois) devraient se maintenir à court terme. Toutefois, certains facteurs pourraient progressivement se dissiper et donner un coup de pouce à cette classe d'actifs. En effet, la récente correction, conjuguée aux chiffres macroéconomiques américains en demi-teinte, impliquent que la hausse des taux des Fed Funds en mars est peu probable et devrait laisser place à un relèvement bien plus progressif. S'en est suivi un affaiblissement du dollar américain. Pékin est par ailleurs temporairement parvenu à stabiliser le renminbi avec une perte légèrement moins marquée qu'attendue de ses réserves de change.
D'un point de vue des facteurs techniques, la dette émergente est devenue très intéressante car elle offre des spreads de plus de 485 pb par rapport aux bons du Trésor américain, un niveau jamais atteint depuis 2009 (Graphique 6). De la même manière, le rendement actuariel actuel (6,60 %) s'élève à des niveaux historiquement attrayants pour les flux (au-delà de 6 %). De plus, le positionnement des investisseurs est défensif et les niveaux de cash sont généralement élevés. La qualité crédit des pays devrait jouer un rôle croissant et favorable à notre approche d’investissement axée sur la valeur relative. Nos principales surpondérations concernent l’Argentine (reprise idiosyncratique liée à la transition politique) et les pays importateurs de matières premières d’Europe centrale, qui offrent un potentiel intéressant de hausse en raison d’une amélioration prochaine des notations crédit des Agences (Hongrie) ou de réformes structurelles (Croatie). Nous avons une exposition neutre aux pays exportateurs de pétrole en favorisant ceux qui offrent des rendements ajustés au risque attractifs sur un horizon de 12 mois.
Positifs sur la dette locale
Ces dernières années, la croissance des marchés émergents a subi de nombreuses révisions à la baisse. Les taux locaux ont eux aussi été dépréciés, et ainsi rendu le portage attrayant avec des rendements de près de 7 %. Toutefois, les perspectives sont aujourd'hui plus positives pour les taux locaux compte-tenu de la conjonction d’une croissance modérée, d’une inflation contenue et sur une pente descendante dans un certain nombre de grands pays émergents à taux élevés et de politiques monétaires conciliantes. Nous nous réservons la possibilité d’accroître notre exposition aux dettes locales lorsque nous observerons une amélioration plus décisive des risques sur ces marchés.
Dans cet environnement, nous avons tactiquement racheté de la duration sur certains pays (Inde, Mexique, Afrique du S.) en considérant que les corrections des marchés et la vigueur du billet vert sont allées trop loin. Les derniers chiffres de l'inflation se sont envolés tandis que de nombreuses banques centrales conservent une approche accommodante.
Aussi, nous restons positifs quant aux taux locaux russes et indonésiens. L’Indonésie devrait bénéficier de la baisse de l’inflation, d’un portage attrayant, d’une embellie de l’environnement macroéconomique et d’un engagement renouvelé en faveur de réformes structurelles. En Russie, la désinflation devrait déclencher de nouvelles réductions de taux et entrainer les rendements, qui sont pour l'heure à des niveaux élevés, vers le bas.
Nous restons prudents vis-à-vis de la Thaïlande et du Pérou en raison de la cherté des valorisations, de la hausse des incertitudes politiques et d'une plus grande sensibilité au ralentissement chinois (pour la Thaïlande uniquement). 
Stratégies d’investissement mensuelles
En savoir plusActualités
Revenus fixes