Nous conservons un avis négatif sur les devises des pays émergents, car l’économie chinoise continue de montrer des signes de ralentissement et nous prévoyons un renforcement du dollar américain en raison d’une politique monétaire plus stricte.
Cette attitude prudente à l’égard des devises émergentes se traduit par un positionnement très acheteur sur l’USD. Dans ce contexte, nous conservons une position négative sur bon nombre de ces devises, et avons notamment réduit notre exposition aux devises asiatiques (CNY, MYR, PHP, IDR par exemple). Ces devises restent très corrélées à l’économie chinoise. Nous avons accru notre sous-pondération de la MYR en raison de la détérioration des paramètres économiques endogènes (accélération des pertes de réserves de change, scandales politiques) et de la baisse des prix du gaz et du pétrole.
Nous sommes également négatifs sur le THB. Le récent attentat à la bombe, s’il reste isolé, ne devrait pas selon nous avoir un impact significatif sur l’économie ou l’industrie du tourisme. Nous conservons notre positionnement négatif à la fois sur la devise et sur les taux dans le cadre d’un biais fondamental globalement négatif.
Nous restons par ailleurs négatifs sur le MXN, une des devises les plus utilisées par les acteurs du marché pour se couvrir de leur risque de change sur les marchés émergents (car l’une des plus liquides). Nous sommes toujours négatifs sur le ZAR en raison de la faiblesse de la croissance et du double déficit.
Dans ce contexte, nous avons peu de devises en surpondération. Nous conservons notre exposition à l’INR. La baisse des prix des matières premières est favorable à l’Inde et nous continuons de penser que les réformes en cours commencent à porter leurs fruits.

Des taux locaux intéressants à long terme
La dette des pays émergents libellée en devise locale constitue l’une des classes d’actifs obligataires les plus attrayantes, avec un rendement de l’ordre de 7 % à l’heure actuelle.
Le niveau actuel des rendements offre une certaine protection contre de nouvelles corrections sur le marchés des changes ou la volatilité des taux. Beaucoup de pays émergents ont une inflation en baisse en raison de la chute du prix des matières premières ou de la faiblesse de la demande intérieure. Les banques centrales de ces pays adoptent par conséquent une attitude plus conciliante en réduisant leurs taux directeurs, ce qui pourrait soutenir les taux locaux. Nous restons ainsi exposés à des pays comme la Russie ou l’Indonésie, dans lesquels les taux devraient baisser en raison de la faiblesse des prévisions de croissance.
Nous restons néanmoins prudents à l’égard des taux de pays exportateurs de matières premières comme le Pérou, la Colombie, la Malaisie ou de pays dont les banques centrales sont d’humeur à relever les taux (Afrique du Sud, Brésil).
Profil risque/rendement attrayant pour la dette extérieure
La dette externe affiche des caractéristiques attrayantes, le spread par rapport aux bons du Trésor américain fluctuant aux alentours de 400 pb. Dans un environnement de faibles taux, nous estimons que cette augmentation du spread constitue une bonne opportunité d’achat compte-tenu d’un profil risque/rendement attrayant. Les facteurs techniques sont également favorables. La classe d’actifs devrait continuer à attirer les flux de capitaux comme elle l’a fait au 1er semestre. La faiblesse de l’offre nette (nouvelles émissions moins remboursements, environ 2 milliards d’USD) constitue également un facteur très favorable.


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