La dette des marchés émergents libellée en monnaie locale est l’une des classes obligataires les plus attrayantes, avec un rendement actuel de 6,7 %.

Ce niveau de rendement offre une protection contre une nouvelle correction des monnaies locales et contre la volatilité des taux directeurs. Dans de nombreux pays émergents, l’inflation a baissé en raison d’un moindre coût des matières premières ou d’une demande intérieure faible. En conséquence, les banques centrales émergentes adoptent un ton plus conciliant en réduisant leurs taux directeurs. Cela pourrait favoriser les taux locaux. Nous maintenons notamment notre exposition à des pays comme l’Indonésie et la Russie, où nous prévoyons une baisse des taux à cause de la faiblesse des prévisions de croissance. Dans le cas de la Russie, l’atténuation du risque géopolitique devrait également favoriser les taux.

Toutefois, nous restons prudents vis-à-vis des taux locaux d’exportateurs de matières premières tels que le Pérou, la Colombie et la Malaisie ou de pays dont les banques centrales risquent de relever les taux (Afrique du Sud, Brésil).

 
 

Profil de risque / rendement attrayant de la dette externe

La dette externe présente des caractéristiques attrayantes, avec un spread d’environ 340 pb par rapport aux bons du Trésor américain. Dans un contexte de taux bas, cette hausse des spreads nous semble une bonne opportunité d’achat compte tenu des caractéristiques de risque / rendement attrayantes. Nous prévoyons que les spreads se resserreront de 35 pb d’ici à la fin de l’année, du fait de fondamentaux robustes et de dynamique de dette favorables. Des facteurs techniques sont également favorables. Cette classe d’actifs devrait encore bénéficier d’entrées de capitaux, tout comme au 1er semestre (graphique 5). La faiblesse de la nouvelle offre nette (nouvelles émissions moins remboursements, de l’ordre de 2 milliards d’USD) est aussi très favorable.

Après une forte performance, nous n’avons pas d’exposition aux obligations ukrainiennes alors que l’hypothèse d’une restructuration de la dette en des termes moins favorables semble se dessiner.

Nous reconnaissons que la situation grecque s’est répercutée sur la dette d’Europe de l’Est. Bien que peu de ces pays aient des liens commerciaux avec la Grèce, le contexte de « risk off » a affecté tout le secteur de la dette. Sur le long terme, nous n’anticipons aucune incidence économique durable sur ces pays et prévoyons que leurs spreads se resserreront dès qu’une solution politique acceptable aura été trouvée.

 

Position défensive sur les monnaies locales

émergentes : nous prévoyons un renforcement du dollar suite au durcissement de la politique monétaire.

Notre prudence actuelle à l’égard des devises émergentes se traduit par un positionnement « long » sur l’USD. Dans ce contexte, nous restons négatifs vis-à-vis de l’IDR, une devise à beta élevée, puisque la croissance et la dynamique des réformes s’affaiblissent en Inde. Nous restons négatifs sur le MXN, l’une des devises de référence les plus utilisées par les participants du marché pour couvrir leur risque de change émergent (étant l’une des plus liquides). Nous restons notamment négatifs à l’égard du ZAR à cause de la croissance faible et du double déficit (balance budgétaire et des comptes courants) de l’Afrique du Sud.

Du côté des surpondérations, nous apprécions le CNY car nous considérons que la tendance de dépréciation de cette devise gérée par la BPC a touché à sa fin. En outre, le CNY est une monnaie à faible bêta et le pays bénéficie encore d’une balance courante très excédentaire.