Depuis le début de l’année, le marché high yield a largement surperformé le marché investment grade. Sur le marché du crédit IG, les entreprises ont affiché des rendements supérieurs à ceux des émetteurs financiers.

En termes de subordination, la dette d’entreprise hybride a surperformé la dette subordonnée d’émetteurs financiers.

Le marché du crédit américain reste l’un des plus performants

Nous sommes dans la dernière étape du cycle de crédit et plus de 63 % des émetteurs ont augmenté leur levier. Les ratios d’endettement ont surtout augmenté dans les secteurs de la distribution, des médias, de la santé et de la technologie.

Mais le ré-endettement a commencé il y a 24 mois ! Un plan de désendettement et des synergies de coûts pourraient avoir un effet positif sur le compte de résultat dans un contexte de croissance de l’économie américaine.

Avec le ralentissement du processus de fusions-acquisitions et des conditions de financement plus favorables en euro, les attentes de l’offre brute en dollar ont été légèrement révisées à la baisse pour rester au niveau de 1,300 milliards de dollars, comme l’an dernier.

Mais cette anticipation est en grande partie intégrée dans les prix ! Au cours des 5 derniers mois, la catégorie IG en dollar a généré 5,2 % de rendement total, soit 1,6 % de rendement excédentaire par rapport aux bons du Trésor avec un resserrement des spreads de 20 pb.

Etant donné que le pétrole s’apprécie progressivement et que la catégorie d’actifs offre un portage attrayant, le high yield US bénéficie de flux importants. Le taux de défaut projeté est d’environ 5 %, alors que le marché suppose un taux implicite de 8,5 %.

Opportunités sur les marchés IG & HY EUR

En anticipation du début des achats de la BCE, la prime de risque de crédit a augmenté pendant huit semaines consécutives pour atteindre 120 pb au-dessus de la courbe de la dette d’Etat début mai.

Le spread des obligations admissibles s’est resserré de 33 %, et celui des obligations non admissibles de 16 %. Le programme d’achat de dette d’entreprise a fait baisser le rendement des emprunts d’entreprise à 0,95 %, leur niveau le plus bas depuis le début de l’année dernière. 65 % des composants de l’iboxx Euro Corporates ont un rendement inférieur à 1 %, contre 38 % à fin décembre ; 9 % ont même un rendement négatif ou nul !

L’amélioration des conditions de financement a incité de nombreuses sociétés à faire de nouvelles émissions.

Pendant les douze dernières semaines, le volume de nouvelles émissions était au troisième rang depuis le lancement de l’euro en 1999.

Depuis le début de l’année, le marché primaire a été très actif, avec 288 milliards d’euros d’émissions, dont 25 % venaient d’émetteurs américains.

Les rachats de dette et l’extension des échéances à 10 ans ou plus en étaient les principales raisons.

Fondamentalement, les incitations au désendettement sont fortes mais la volonté reste modeste, sauf dans le cas des grandes entreprises. Le contexte de faibles rendements, le fort appétit des investisseurs, le soutien du programme d’achat de la BCE et une prime de risque faible sont des conditions optimales pour encourager les fusions-acquisitions.

Des entreprises telles qu’Air Liquide, Ab Inbev ou Bayer recherchent de la croissance externe afin de stimuler leur génération de bénéfices.

Prenant compte de la hausse des risques politiques en Europe, de l’offre importante et du ré-endettement de certains émetteurs à faible bêta afin de compenser la détérioration des bénéfices, les crédits en catégorie d’investissement offrent peu d’opportunités en termes de resserrement des spreads. Mais le PSPP de la BCE limitera certainement tout élargissement des spreads !

Nous avons pris nos profits sur certaines positions et adopté une approche plus défensive pour avoir une exposition de 60 pb aux crédits IG (émetteurs tant financiers que non financiers)

Les achats de la BCE accentueront probablement l’offre limitée et l’illiquidité de cette catégorie d’actifs; ce qui forcera les investisseurs à s’orienter vers des catégories d’actifs à rendement supérieur, comme le high yield. Marché primaire non financier en catégorie d’investissement Changements de notations (12 mois glissants)

Le high yield EUR bénéficie d’une moindre duration, d’une prime de risque plus élevée, d’un taux de défaut européen encore faible (les faillites majeures sont limitées aux secteurs américains des métaux, des mines et des hydrocarbures), de conditions du marché du crédit assouplies et de facteurs techniques favorables du fait que la demande a augmenté plus vite que l’offre. Zone Euro / Etats-Unis