Nombre de facteurs ont récemment diminué l’appétit pour la dette émergente libellée en devise forte. Le lancement de la normalisation de la politique monétaire américaine, les risques d’un atterrissage brutal en Chine et la tendance baissière des cours des matières premières ont contribué à un élargissement des spreads. Cependant, d’un point de vue valorisation, le spread par rapport aux bons du Trésor américain se situe à environ 400 pb, ce qui est historiquement attractif (Graphique 4). Les facteurs techniques continueront d’être favorables étant donné que l’offre nette (émissions brutes moins les rachats et les coupons) est attendue près de zéro. Sur un horizon d’un an, nous tablons sur un rendement positif de la classe d’actifs de l’ordre de 4 % en nous fondant sur une hypothèse de hausse des rendements des bons du Trésor américain à 2,75 % et d’un resserrement de 25 pb des spreads de la dette émergente par rapport à ceux des bons du Trésor américain.

Nombre de pays d’Europe centrale, à l’instar de la Hongrie, de la Croatie et de la Géorgie, toutes des économies importatrices de matières premières, rencontrent nos faveurs. En novembre, nous avons renforcé l’exposition au titre malaysien quasi-souverain de 1MDB, qui a vivement rebondi par rapport à ses plus bas depuis que les risques de service de la dette ont diminué.

Le fonds est sous-exposé aux crédits à faible bêta d’Amérique latine tels que le Panama, le Pérou, le Chili et l’Uruguay, car les valorisations sont chères et devraient afficher une plus forte sensibilité au resserrement monétaire américain. Nous sous-pondérons la dette libanaise car le pays présente des caractéristiques de valorisation onéreuses au regard des contextes économique et politique y prévalant.

  
 

Challenges à court terme mais les taux locaux sont attrayants à long terme

La croissance économique des marchés émergents a subi de nombreuses révisions à la baisse en 2014 et 2015. Dans le même temps, la dépréciation persistante des devises est susceptible de pousser l’inflation à la hausse dans de nombreuses économies émergentes. En conséquence, certaines banques centrales ne disposent que d’une marge de manœuvre très limitée pour assouplir davantage les conditions monétaires.

En termes de valorisation, la dette des marchés émergents libellée en monnaie locale est l’une des classes d’actifs du revenu fixe les plus attrayantes, avec un rendement avoisinant actuellement les 7 %. Les actuels niveaux de rendement sont un rempart contre une nouvelle correction des devises locales et la volatilité des taux de base.

Nous demeurons prudents à l’égard de nombreux taux asiatiques locaux. Nous sous-pondérons par exemple la Thaïlande et la Malaisie car, à l’instar de nombreux autres pays asiatiques, les deux pays sont économiquement liés à la Chine et présentent des caractéristiques de portage peu attrayantes. En outre, la Malaisie est confrontée à des incertitudes politiques. Nous nous montrons plus engageants à l’égard de la dette locale brésilienne en raison de valorisations attrayantes et d’une faible probabilité de resserrement monétaire. Le climat politique reste difficile mais les réserves de change sont élevées et stables. Aussi restons-nous positifs quant aux taux locaux russes et indonésiens. L’Indonésie devrait bénéficier de la baisse de l’inflation, d’un portage attrayant, d’une embellie de l’environnement macroéconomique et de l’engagement renouvelé en faveur de réformes structurelles. La Russie présente également un niveau de portage élevé et nous nous attendons à des réductions des taux et in fine à de la désinflation.