L’accord global sur la Grèce conclu en juillet a entraîné une surperformance des actifs risqués. Mais depuis fin juillet, les marchés du crédit se sont élargis en raison de la crainte d’un ralentissement plus important que prévu en Chine et de la chute des prix des matières premières, qui ont atteint leur niveau le plus bas depuis 2015 (figure 3). Plus récemment, le scandale Volkswagen a également pesé sur le secteur automobile.

Nous conservons un avis globalement positif sur les marchés du crédit (secteur financier et non financier). Au plan fondamental, les entreprises sont en bonne santé (à l’exception des secteurs connaissant des circonstances particulières). Enfin, le soutien monétaire est très fort, et de plus en plus tourné vers les obligations d’entreprises. Au plan financier, les entreprises continuent de renforcer progressivement leurs ratios de haut de bilan.

Après un été très calme en matière d’émissions, de nombreuses entreprises européennes sont venues sur le marché depuis début septembre, offrant une prime attrayante qui s’est traduite par une demande supérieure à l’offre. Malgré le solide appétit des investisseurs, nous avons noté quelques indigestions au final.

 

Plus défensif sur la classe d’actifs

Nous avons préféré réduire notre positionnement positif sur la classe d’actifs, craignant une correction en raison des incertitudes macro-économiques (Chine, matières premières) combinées à l’offre abondante prévue pour les prochaines semaines.

Au plan micro-économique, la dynamique de fusion/acquisition s’accélère, avec Altice et AbInbev essayant respectivement d’absorber Cablevision et SABMiller. Nous avons accru notre pondération d’AbInbev, dont le spread s’est élargi de 30 pb à la suite de son offre sur SABMiller. La direction possède une solide expérience en matière de fusions/acquisitions et ce rachat, si financé à hauteur de 50 % par la dette, aura un impact d’un cran sur les notations, ce qui est déjà plus que largement intégré au spread à notre avis.

 

Une approche sélective

La sélection des titres joue un rôle décisif dans le contexte actuel, dans lequel le cycle des fusions/acquisitions, l’exposition géographique (poids des pays émergents dans l’activité) et les facteurs sectoriels dominent l’actualité. Le secteur de l’immobilier a souffert ces dernières semaines en raison notamment de l’abondance de l’offre qui a pesé sur le marché secondaire. Nous avons décidé de profiter de cet élargissement en augmentant notre exposition au secteur. Nous avons cédé une partie de notre exposition au secteur de la réassurance : le début de la saison des cyclones pourrait être un catalyseur négatif. Nous sous-pondérons également le secteur bancaire australien, qui est très exposé à l’économie chinoise et aux marchés de matières premières.