Stratégie multi-actifs

Le dernier compte-rendu du comité de la Fed et les chiffres de l’emploi ont fait remonter la probabilité d’une hausse des taux en décembre. En éliminant la référence au ralentissement mondial, en se montrant plus optimiste sur l’investissement et les dépenses des ménages, et en mentionnant la « prochaine réunion » dans ses différentes déclarations concernant son éventuelle décision de relever les taux, la Fed apparaît maintenant plus confiante pour mettre fin à sa politique de taux nuls, en place depuis 2008. À travers les taux Fed Fund, les marchés financiers évaluent maintenant à 70 % la probabilité d’une hausse des taux en décembre.

Lorsque la banque centrale américaine procédera à cette première hausse des taux, les investisseurs prêteront attention à ses messages concernant la manière dont elle entend gérer ce cycle de hausse. Dans l’environnement économique et financier actuel, nous continuons de penser qu’il s’agira d’une hausse graduelle et prudente.

Les politiques toujours conciliantes de la BCE et de la Banque du Japon pourraient également renforcer la prudence de la Fed dans ses interventions. Une dichotomie profonde entre la politique de la Fed et celle des autres banques centrales semble en effet peu probable. Alors que la Banque populaire de Chine a déjà baissé ses taux, et que le président de la BCE a annoncé lors de la réunion du 22 octobre la forte probabilité d’un nouvel assouplissement de politique d’ici la fin de l’année, nous pensons que la liquidité restera abondante à l’échelon mondial, notamment dans la zone euro et au Japon, soutenant ainsi les actifs à risque.



 

STRATÉGIE ACTIONS PAR RÉGION

Un cadre solide pour les actions de la zone euro

Maintien d’une forte surpondération des actions de la zone euro

Les actions de la zone euro continuent de bénéficier de plusieurs facteurs favorables. Comme évoqué plus haut, la région affiche une meilleure dynamique économique et se montre plus résiliente que les États-Unis. Les conditions de liquidité restent en outre plus favorables dans l’espace de la monnaie unique. En matière de bénéfices, si les résultats ont surpris négativement au troisième trimestre, les investisseurs s’attendent encore à une solide croissance sur l’année complète (supérieure à 10 %, contre une croissance nulle des bénéfices aux États-Unis, d’après Datastream) et les valorisations ne sont pas excessives. Par conséquent, si on les compare à la croissance attendue à long terme, les valorisations sont plus attrayantes dans la zone euro qu’aux États-Unis, et dans un contexte de taux d’intérêt extrêmement faibles, les valorisations relatives restent par ailleurs intéressantes. Nous conservons donc une forte surpondération des actions de la zone euro et une sous-pondération des actions américaines et britanniques. Nous conservons également notre surpondération des petites capitalisations européennes.

 

Position neutre sur les marchés émergents avec une surpondération tactique de la Chine

Bien que le ralentissement de l’activité manufacturière se soit tassé le mois dernier, les chiffres économiques à paraître seront décisifs pour confirmer que les économies émergentes ont touché un point bas. Compte-tenu des incertitudes économiques actuelles et de la croissance attendue des bénéfices à long terme, les valorisations ne nous semblent pas aussi bon marché qu’elles pourraient paraître et nous préférons rester neutres sur cette classe d’actifs.

Au sein des pays émergents, nous avons toutefois pris une exposition directe aux actions chinoises (MSCI China) mi-octobre. Nous pensons que la crainte d’un « atterrissage brutal » de l’économie chinoise est en train de s’atténuer, les investisseurs semblant maintenant avoir intégré un scénario de croissance inférieure à 7 %. Et comme évoqué plus haut, les mesures politiques annoncées lors de la session plénière du comité central rendent crédible la réalisation d’un objectif de croissance de 6,5 % sur les cinq prochaines années. Nous estimons enfin que les valorisations des entreprises chinoises demeurent attractives.

Toujours positif sur le Japon (avec prudence)

Après l’activisme de la BCE, de la Banque populaire de Chine et de la Fed, la Banque du Japon a décidé de ne pas modifier sa politique monétaire, ce qui a quelque peu surpris les marchés. Le soutien par la liquidité est toutefois toujours présent, la Banque du Japon continuant d’injecter 80 000 milliards de yen par an. Le maintien du yen à son (bas) niveau actuel pendant une période suffisamment longue pourrait aider à faire avancer les réformes structurelles du pays et des entreprises japonaises.

Nous devons également faire preuve de prudence tant que les incertitudes concernant les économies émergentes n’auront pas disparu, le Japon étant l’une des économies les plus exposées à ces pays.

 

STRATÉGIE OBLIGATAIRE

Maintien d’une duration courte avec une préférence pour une diversification accrue

Les dernières déclarations des principales banques centrales ont été rassurantes pour notre stratégie obligataire. Alors que la Fed semble prête à relever ses taux pour la première fois en sept ans, nous conservons notre sous-pondération des obligations d’État en raison de leur faible marge d’absorption de toute hausse éventuelle. Nous avons également légèrement réduit notre duration.

Nous préférons donc toujours nous diversifier en dehors des obligations d’État, avec notamment la décision de nous exposer aux obligations américaines investment grade. Avec une couverture du risque de taux, le but est de capturer le spread, qui apparaît intéressant.

Nous restons non couverts sur cette exposition au dollar américain.

 
 

STRATÉGIE MATIÈRES PREMIÈRES

Signaux insuffisants pour une position positive

Bien que l’indice des matières premières reste fortement impacté en 2015, les signaux ne sont pas suffisamment solides pour que nous prenions une position positive sur la classe d’actifs.

Pétrole : Les tendances macro-économiques ont soufflé un vent contraire sur les matières premières depuis le début de l’année. La faiblesse de la croissance nominale et la vigueur de l’USD sont deux facteurs qui expliquent la baisse des prix des matières premières, et si la croissance du PIB mondial s’est ralentie depuis 2005-07, les prévisions du consensus continuent d’être révisées à la baisse. La baisse de la production pétrolière des États-Unis constitue un facteur positif, qui pourrait contribuer à un rééquilibrage du marché mondial au cours des prochains trimestres, laissant potentiellement le déséquilibre du marché mondial derrière nous. Toutefois, même si les prix du pétrole réussissaient à trouver un plancher, les incertitudes perdurent, notamment en ce qui concerne la demande.

Les métaux de base restent pénalisés par le ralentissement des secteurs manufacturiers, notamment dans les pays émergents. En ce qui concerne les métaux de base tels que le cuivre ou le nickel, les efforts réalisés pour ajuster la production à la baisse pourraient soutenir les cours dans les prochaines années si le ralentissement économique des marchés émergents, et notamment de la Chine, s’atténue