L’impact des élections présidentielles américaines sur les marchés

Bien que les marchés des actions ne montrent pas d’inquiétudes au sujet des élections à venir, le résultat peut exercer une influence sur leur performance dans les années à venir.

Une analyse des valeurs fondamentales des démocrates et des républicains nous enseigne que les républicains devraient être meilleurs pour les marchés des actions. Les démocrates estiment en effet nécessaire la mise en place d’une réglementation forte et sont toujours à la recherche de recettes fiscales pour investir dans des programmes sociaux (la richesse économique des Américains aisés et des grandes entreprises est en partie transférée vers les groupes sociaux-économiques de population les plus démunis).

De leur côté, les républicains sont de fervents partisans de l’entreprenariat (moins de réglementation) et ont tendance à privilégier les baisses d’impôts (par exemple, les baisses d’impôts sous le gouvernement Bush). Sur le papier, la politique des républicains devrait donc être favorable aux marchés boursiers. Rien n’est cependant moins vrai.

Le lien entre le cycle d’élections présidentielles et le marché des actions américaines a depuis toujours suscité des débats. Différentes études montre l’impact du cycle d’élections présidentielles sur les marchés des actions. L’étude de Ned David, par exemple, sur les cycles d’élections présidentielles depuis 1900, révèle que les marchés boursiers enregistrent une bonne performance durant l’année même de l’élection puis à la troisième année de la présidence (étude de Ned Davis sur la base de la performance du Dow Jones Industrials).

Une autre analyse depuis 1944 nous apprend également que les différences de rendements peuvent être exceptionnelles selon le résultat de l’élection. Le rendement annuel moyen est supérieur de plus de 2 % sous une présidence démocrate par rapport au taux enregistré si un président républicain est élu. En outre, le S&P 500 a une performance nettement supérieure au cours de l’année suivant les élections lorsqu’un président démocrate est élu. Dans le cas d’une élection d’un président républicain, le rendement moyen se révèle même être négatif. En outre, les marchés ont ensuite réalisé de très bonnes performances sous la plupart des présidents démocrates, dont Clinton et plus récemment Obama, alors que le S&P 500 a notamment reculé sous la présidence du républicain George W. Bush, qui a terminé son mandat dans une période de crise financière.



Conclusion

Une analyse du rendement historique du S&P 500 nous enseigne qu’un président démocrate s’avère préférable pour la performance sur les marchés boursiers et que l’élection d’un président républicain peut engendrer une performance négative du marché américain lors de la première année de la présidence. Cependant, si le lien entre le cycle d’élections présidentielles et les marchés des actions a clairement été observé, rien n’assure qu’un tel schéma se reproduise systématiquement pour chaque cycle.

Combiné à l’analyse fondamentale et technique, c’est un éclairage complémentaire qui permet d’optimiser les décisions d’investissement.