Ces derniers trimestres, les performances des économies et des marchés financiers européens ont souffert par comparaison aux autres régions du monde. Malgré les efforts considérables consentis par la Banque centrale européenne, en particulier afin de soutenir la demande intérieure par le canal du crédit, les actifs risqués européens ont récemment sous-performé.
Depuis les annonces faites par Mario Draghi il y a quatre semaines, les actifs qui auraient dû être favorisés sont clairement restés à la traîne : le secteur bancaire est en recul de 12 % dans la zone euro et les actions des marchés périphériques ont également cédé du terrain (-6 % pour le FTSEMIB et -5 % pour l’IBEX) alors que l’euro s’affirmait fortement et que les incertitudes politiques augmentaient. En d'autres termes, le potentiel de performance des actifs risqués européens ne pourra être libéré que si les marchés perçoivent un apaisement desdites incertitudes. Il est probable qu’un tel apaisement ne viendra pas avant le référendum Britannique.
Plus précisément, la lente amélioration des données macroéconomiques européennes est compensée par la montée de divers risques politiques, dont les suivants, par ordre d'importance pour les marchés financiers :
- Risque de sortie de l’Union européenne pour le Royaume-Uni. Alors que les sondages ne laissent entrevoir aucune tendance marquée quant à l’issue du référendum sur la sortie de l’UE prévu le 23 juin, les mesures implicites du risque de sortie britannique données par le marché (par exemple, la faiblesse de la livre sterling par rapport à l’euro ou le spread des swaps de défaut de crédit britanniques par rapport à leurs homologues allemands) ne cessent de grimper depuis le début d'année.
- Réfugiés. Les efforts visant à réduire l’afflux de migrants aux frontières de l’UE se sont renforcés grâce à un accord entre l’UE et la Turquie : ils pourraient toutefois être compromis par l’ouverture de nouvelles voies de passage. Le nombre des demandeurs d'asile a reculé en Allemagne, de près d’un demi-million de personnes au quatrième trimestre 2015 à 170 000 au premier trimestre 2016 (dont 20 000 en mars).
- Les négociations relatives au déblocage de la prochaine tranche d'aide à la Grèce se retrouvent à nouveau perturbées.
- Attaques terroristes. Quatre mois seulement après les événements de Paris, les attaques à la bombe de Bruxelles ont ranimé un sentiment d'insécurité pour de nombreux européens vivant dans des centres urbains.
- Impasse en Espagne. Le vide politique qui règne en Espagne depuis les législatives du 20 décembre 2015 pourrait bien conduire à un nouveau scrutin cet été. Les sondages d'opinion n’indiquent que peu de changements par rapport aux résultats de décembre.
- Référendum néerlandais. En dépit d'une participation de seulement 32 %, une majorité écrasante (64 %) s’est déclarée contre un resserrement des liens de l’UE avec l’Ukraine lors d'un référendum mené aux Pays-Bas.
Montée des incertitudes politiques en Europe
(indice de couverture des médias, moyenne mobile sur 3 mois)
Sources: www.policyuncertainty.com, stratégie AA Candriam.
Probabilité de sortie du Royaume-Uni sur base du change et swaps de défaut de crédit
Sources : Bloomberg, UBS, stratégie d'allocation d'actifs Candriam.
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