Les indicateurs macro s’améliorent du côté des Etats-Unis. Bien que la croissance du PIB n’ait pas répondu aux attentes au deuxième trimestre 2016, l’activité devrait repartir à la hausse au second semestre.

Deux éléments contribuent de manière essentielle à l’augmentation du PIB : la consommation des ménages et les exportations. Le redressement du marché de l’emploi soutient la consommation des ménages. Les exportations nettes se stabilisent et comme les volumes des importations et des exportations commencent à s’équilibrer, les stocks non absorbés ne devraient plus pénaliser la croissance. Dans l’ensemble, les Etats-Unis réduisent les risques de baisse à l’échelle mondiale.

Les bénéfices annoncés pour le 2ème trimestre 2016 ont agréablement surpris, devançant les prévisions de 79%. Au départ, les prévisions étaient relativement faibles et les bénéfices inexistants (sauf pour l’énergie). Au 2ème semestre, les bénéfices devraient afficher une croissance positive en glissement annuel.  

La croissance en zone euro est conforme aux attentes et ne souffre pas du Brexit pour l’instant

Si le Brexit a occasionné pas mal de remous le 23 juin, ses répercussions se sont jusqu’à présent limitées à un périmètre local, n’impactant que les échanges commerciaux. Les exportations de la zone euro vers le R.U. devraient diminuer, mais comme elles ne représentent pas plus de 3,5% du PIB de la région, les analystes sont rassurés. A ce jour, la croissance en zone euro est conforme aux prévisions grâce à la stabilité des conditions financières. La situation est cependant différente pour le Royaume-Uni. Si l’incertitude quant à la politique économique reste modérée dans la zone euro, elle augmente fortement Outre-Manche où le PMI a chuté, alors qu’il demeure plus stable dans la zone euro.

En bref, la consommation, la confiance par secteur et les investissements sur le continent européen sont raisonnables et il est fort probable que les conditions de crédit restent favorables pour l’instant. La Commission européenne a également décidé de ne pas imposer de sanctions économiques à l’Espagne et au Portugal qui n’ont pas atteint les objectifs budgétaires. Ces dernières années, ces deux pays ont en effet déployé des efforts considérables sur le plan structurel dans un climat très difficile.

Il ne serait par ailleurs pas opportun d’alimenter un sentiment anti-européen. Dans plusieurs pays, 2016 (2ème semestre) et 2017 sont des périodes de campagnes électorales à différents niveaux – notamment en Italie, aux Pays-Bas, en France et en Allemagne.

Dans notre scénario, nous continuons à ne pas miser sur un redressement majeur du marché depuis le Brexit. Même si les retombées de l’événement semblent très limitées, la prime de risque persiste et continuera à peser sur la croissance prévisionnelle au cours des 12 prochains mois.

R.U. : la Banque d’Angleterre assouplit son taux

Face à la détérioration de l’environnement macro, la Banque d’Angleterre utilise les outils dont elle dispose pour soutenir la croissance. Elle a assoupli son taux directeur qu’elle a réduit de 25 pb, en plus d’autres mesures d’assouplissement monétaire. La baisse de confiance a affecté l’indice PMI composite, la confiance du consommateur et les prévisions du PIB, qui sont en recul, alors que les prévisions concernant l’inflation ont été revues à la hausse. Selon nous, la performance du marché dépendra à présent principalement de l’évolution du PIB. La valorisation relative est assez chère en raison de la contraction des bénéfices ces dernières années. Une dépréciation de la GBP et la stabilisation des prix des matières premières devraient soutenir la progression des bénéfices. Malgré cela, nos prévisions de rendement global pour ce marché demeurent plutôt moroses.

Recharge du potentiel dans les pays émergents : les grands gagnants du Brexit ?

Les mesures d’aversion au risque dans les pays émergents ne traduisent pas les mêmes tendances que sur les marchés émergents au lendemain du Brexit. Alors que les investisseurs affichaient généralement une aversion au risque plus grande à l’égard des marchés émergents que des indices mondiaux, les choses changent. Le référendum britannique a créé une onde de choc locale, mais pas mondiale. Plus l’investisseur s’éloigne de l’épicentre, plus il y trouve satisfaction.

Sauf en Europe orientale, l’activité industrielle semble enfin reprendre. Les économistes s’accordent en général sur des prévisions positives en ce qui concerne la croissance du PIB en Chine (+6,5%) et en Inde (+7,7%). Quant à la Russie, elle se redresse peu à peu après avoir été durement frappée par la chute des prix pétroliers.

La valorisation relative des actions émergentes demeure très intéressante par rapport à d’autres marchés.

  1. La croissance économique se stabilise, y compris en Chine.
  2. Le risque d’appréciation de l’USD s’atténue depuis que la Fed a décidé en juillet de ne pas changer ses taux pour la 5ème fois consécutive.
  3. Ce sont les marchés émergents qui présentent le rendement prévisionnel à moyen terme le plus élevé.

Ces différents facteurs nous amènent à conclure que les marchés émergents offrent le meilleur potentiel d’appréciation.

Actions vs Obligations : où en sommes-nous ?

A moyen terme, nous sommes neutres sur les actions par rapport aux obligations. Les actions sont relativement attrayantes mais il faudrait un catalyseur ferme pour alimenter le mouvement de consolidation. Par ailleurs, les taux obligataires sont sous pression, les banques centrales ayant tendance à se montrer plus conciliantes que prévu cette année. La quête de rendement demeure un thème central.

STRATEGIE ACTIONS REGIONALES

Une visibilité plus courte requiert agilité et souplesse dans l’approche d’investissement

Notre légère sous-pondération de la zone euro et du Royaume-Uni représente une séquelle prudente du Brexit et de l’incertitude politique qu’il a engendrée. Nous maintenons une position neutre sur les Etats-Unis et le Japon. Les données macro se renforcent aux Etats-Unis et nous pensons que la FED relèvera ses taux en fin d’année. Mais la campagne présidentielle apportera son lot de volatilité. En ce qui concerne le Japon, il mène les combats classiques des marchés développés : croissance lente, inflation basse voire nulle et vieillissement de la population. La Banque du Japon a annoncé de nouvelles mesures budgétaires et monétaires pour contribuer à stimuler la croissance mais les marchés ont été déçus. Il faudra attendre septembre pour y voir plus clair.

Nous avons accru la surpondération des actions émergentes. La stabilisation des données macro concernant les marchés émergents et celle des prix des matières premières, la politique monétaire accommodante de la Banque populaire de Chine et la dépréciation progressive du Yuan devraient favoriser l’atténuation des pressions et la mise en place d’un environnement plus favorable.

STRATEGIE REVENU FIXE

Convictions concernant le crédit

Sur le front du crédit, nous accordons toujours la préférence aux obligations high-yield en raison de leur valorisation et de leur portage attrayants. Malgré cet intérêt, nous restons prudents et disciplinés dans notre démarche d’investisseur. Ayant atteint nos spreads cibles et vu les bonnes performances engrangées, nous avons réduit notre exposition à cette classe d’actifs.

Nous surpondérons également le crédit européen et américain.

Convictions concernant les obligations souveraines

En conséquence, notre allocation aux instruments à revenu fixe se diversifie au-delà des obligations souveraines à taux bas/négatifs. Nous renforçons notre conviction sur les marchés émergents, où notre position s’exprime par une surpondération à la fois en devises locales et en devises fortes.

Le vote sur le Brexit a accéléré la quête de rendement : la dette émergente est la classe d’actifs qui continue à bénéficier des afflux de capitaux les plus importants.

Nous maintenons une exposition neutre mais bien diversifiée aux obligations européennes des pays de référence et de la périphérie, aux obligations d’entreprises américaines et aux obligations indexées sur l’inflation. Les seuils de rentabilité misent sur une inflation de 1,5% pour les prochaines années, ce qui paraît exagérément prudent.

STRATEGIE MATIERES PREMIERES

La production de l’OPEP explose et les prix chutent

  • Après un court rebond en juin, les prix du pétrole brut ont traversé une période difficile en juillet. Ils ont atteint le plus bas niveau de la fourchette 40-50$, et au début de ce mois, ils ont même continué à baisser légèrement.
  • Les niveaux de production de l’OPEP ont atteint des sommets sans précédent.
  • La production américaine est en baisse, ce qui a permis aux prix d’atteindre les 50$/baril. Au-delà de ce niveau, certains producteurs américains d’huile de schiste commenceront à rouvrir les installations. Cette tendance, combinée à des stocks importants, engendre une certaine consolidation des prix.
  • Bénéficiant de la dynamique, les prix de l’or ont grimpé, non seulement suite à la forte baisse des taux réels aux Etats-Unis mais également en raison de l’intérêt porté au métal jaune par un nombre croissant d’ETF. L’or a ainsi gagné 26% depuis le début de l’année.