Les marchés mondiaux ont à nouveau connu un mois favorable en avril. Les marchés des actions ont affiché un rendement positif grâce à des indicateurs économiques solides, des résultats d’entreprises supérieurs aux attentes et à l’optimisme accru des investisseurs. Les marchés développés ont profité le plus du redémarrage des économies alors que les marchés émergents ont poursuivi leur normalisation. Les matières premières ont fortement progressé alors que le redressement économique mondial soutient la demande face à une offre limitée. Malgré l’accélération de l’inflation, les banques centrales sont restées accommodantes, mais l’évolution de leur communication sera déterminante pour les marchés.

Le moment de vérité

AA_fr_1.PNGLes marchés financiers ont évolué sans direction précise début avril. Les indicateurs économiques étaient contrastés avec des créations d’emplois inférieures aux attentes aux États-Unis (+266.000 contre +1 million attendu) et des indicateurs PMI manufacturiers toujours proches des sommets aux États-Unis (60,5) et dans la zone euro (62,9). Au niveau sanitaire, une nouvelle vague frappant durement l’Inde et le Brésil a démontré que la pandémie n’était pas finie.

Dans les pays développés, la campagne de vaccination se poursuit, les États-Unis ou le Royaume-Uni se rapprochant du seuil d’immunité. Dans ce contexte, les économies continuent de redémarrer graduellement.

La saison des résultats du premier trimestre a largement dépassé les attentes dans toutes les régions (85 % de surprises positives pour le S&P 500, 71 % pour le Stoxx 600 Europe). Les entreprises cycliques se sont illustrées, soutenant la rotation vers les actions cycliques et value.

L’économie chinoise demeure solide et le PIB des États-Unis devrait croître à un rythme de 6,5 % en 2021 – compensant la contraction de 2020. La zone euro devrait suivre prochainement alors qu’elle devrait rattraper son retard en matière de vaccination cet été.

Dans ce contexte, le redémarrage rapide des économies et les stocks réduits ont engendré des engorgements dans de nombreuses chaînes d’approvisionnement allant des matières premières (le prix du cuivre a atteint un sommet historique) à l’industrie des semi-conducteurs, les délais augmentant pour tous les types de produits (22 semaines / au plus haut depuis 5 ans pour les capteurs). La hausse des coûts d’approvisionnement a soutenu les perspectives d’inflation (le point mort d’inflation à 5 ans a progressé de plus de 20 pdb depuis début avril à 2,79), suscitant des interrogations concernant la réaction des banques centrales. Étant donné les chiffres de l’emploi décevants et le fait que les banques centrales prévoient que l’inflation sera temporaire, les marchés ont anticipé un report du processus de normalisation (tapering) de la Réserve fédérale. Les rendements nominaux sont ainsi restés stables aux États-Unis à 1,60 %, faisant chuter les taux réels à -0,91 % (-28 pdb depuis début avril).

L’évolution des marchés conditionnée par les taux et la réaction de la Fed à l’inflation

La Fed continue d’affirmer haut et fort qu’elle est plus tolérante par rapport à l’inflation et met l’accent sur l’emploi. À cet égard, le plein emploi ne devrait pas être atteint avant des années (s’il est atteint). Toutefois, comme l'inflation persiste, la Fed devra inévitablement la surveiller de près. Elle ne peut en effet pas prendre le risque de devoir agir précipitamment face à une hausse rapide des perspectives d’inflation et laisser le marché tester ses limites. La crédibilité d’une banque centrale est essentielle pour lui permettre d’ancrer les attentes d’inflation et éviter tout emballement des taux. C’est pourquoi l’annonce du début du tapering sera le prochain grand enjeu sur les marchés, affectant tout particulièrement les titres les plus chèrement valorisés, ce qui renforce notre penchant actuel pour les actions value dans nos portefeuilles.

Notre credo

Dans ce contexte d’une croissance durable, avec un maintien de la politique accommodante des banques centrales et des rendements orientés à la hausse, la rotation devrait continuer. Historiquement, cette phase coïncide habituellement avec une meilleure performance des marchés boursiers en dehors des États-Unis, en raison de leur profil plus cyclique et value. À cet égard, l’Europe devrait surperformer au cours des prochains mois alors que son économie devrait être la prochaine à redémarrer.

 

Risques entourant notre scénario

Évidemment, certains risques persistent. Les vaccins pourraient être moins efficaces contre de nouveaux variants. Jusqu’à présent, cela ne semble pas être le cas. Toutefois, certains pays émergents souffrent d’une pénurie de vaccins, ce qui pourrait limiter le redémarrage des économies dans le monde. La volonté de se faire vacciner pourrait également constituer un risque, car nous constatons un ralentissement de la vaccination aux États-Unis en raison de la crainte des vaccins. Si le seuil d’immunité collective n’est pas atteint, on ne peut exclure de nouvelles vagues de contaminations et de confinements qui affecteraient la reprise. Un autre risque à épingler est une remontée incontrôlée, car trop rapide par exemple, des rendements obligataires. Les prochains chiffres d’inflation aux États-Unis pour le deuxième trimestre devraient être élevés en raison notamment d’une base de comparaison assez faible. Cela pourrait mettre les nerfs des investisseurs à vif et induire une correction sur les marchés des actions. Des tensions géopolitiques pourraient resurgir avec la Chine et la Russie. La nouvelle administration américaine semble privilégier une approche plus subtile que la précédente, mais peut-être plus dure sur le long terme.

Notre stratégie multi-actif actuelle

Nous restons plus favorables aux actions qu’aux obligations et maintenons notre exposition aux actions. Notre stratégie privilégie les valeurs profitant de la reflation qui profitent de l’évolution positive de l’économie. Nous surpondérons ainsi notamment les actions européennes et japonaises, avec une préférence pour les petites et moyennes capitalisations, les actions des pays émergents avec un intérêt plus marqué pour l’Amérique latine (un retardataire depuis le début du rebond des marchés), les petites et moyennes capitalisations américaines et les banques globales (un secteur qui profite habituellement de la remontée des taux).

Sur le marché obligataire, nous restons sous-pondérés en obligations souveraines. Par ailleurs, nous sommes aussi positionnés sur les matières premières qui devraient continuer à profiter du rattrapage de la demande.

AA_fr_2.PNG