Après un bref rebond en octobre, les marchés émergents ont renoué avec leur tendance baissière en essuyant une perte de plus de 4 %. La probabilité grandissante d’un relèvement des taux par la Fed en décembre, sans oublier son évidente divergence de politique avec les autres grandes banques centrales, ont fait grimper le dollar américain et fortement impacté la confiance à l’égard des marchés émergents (tant les devises que les cours des matières premières).

Les cours pétroliers ont cédé près de 10 % en raison de stocks très élevés et d’une économie chinoise toujours atone. Ce dernier point, ainsi que quelques enquêtes menées à l’encontre de certaines sociétés de courtage chinoises, ont pesé sur la performance des actifs chinois malgré l’annonce de l’entrée du CNY en 2016 au sein du panier de monnaies à droit de tirage spécial du FMI. En outre, en dehors de la Malaisie et de l’Indonésie, la plupart des marchés asiatiques ont perdu plus de 3 % (en partie compte tenu de la faiblesse des devises), mais l’Inde a été le plus durement touchée en raison de la défaite du parti du premier ministre, Norenda Modi, aux élections locales de l’ État du Bihar et des risques quant à un possible ralentissement de la dynamique de réforme engagée.

D’autres régions ont également été touchées. La chute des cours du pétrole a affecté les marchés du Moyen-Orient, sans oublier la dégradation de la situation macroéconomique qui a frappé la devise sud-africaine, le rand, et son marché. Les actions turques ont souffert pour des raisons économiques et géopolitiques, principalement en raison de la destruction en vol d’un avion de chasse russe à la frontière syro-turque.

Parallèlement, les marchés d’Amérique latine ont de nouveau souffert sous l’effet du fléchissement des cours des matières premières et, notamment au Brésil, de la détérioration continue de l’environnement macroéconomique et politique. Ce contexte, conjugué au récent emprisonnement du PDG d’une banque, n’a fait qu'ajouter un joug supplémentaire aux grandes difficultés que rencontre la présidente Dilma Rousseff.

  • Nous avons surperformé notre indice de référence en novembre, majoritairement grâce à notre sélection de titres.
  • La contribution positive des services logiciels (My E.G. Services, Luxoft), des soins de santé (Grape King, NMC Health) et des ADR (certificats de dépôt américains) chinois (TAL Educ., Baidu) a été en partie contrebalancée par une certaine atonie de titres tels que Vipshop et Commercial Bank of Egypt.
  • Nous n’avons procédé qu’à quelques ajustements ciblés dans notre allocation régionale.
  • Nous restons plutôt positifs à l’égard de la Corée, principalement dans les segments des soins de santé, de la biotechnologie et des cosmétiques.
  • L’Inde reste aussi l’un de nos pays de prédilection car nous pensons que les récentes réformes politiques porteront leurs fruits sur le long terme.
  • Nous avons réduit notre pondération de la Turquie à la suite des récentes tensions opposant le pays à la Russie.
  • L’intégration de titres ADR à l’univers MSCI nous a donné la possibilité d’ajouter de nouvelles actions à nos portefeuilles.
  • En raison de l’incertitude continue entourant la Chine, la Fed, l’économie et la géopolitique mondiales, nous pouvons estimer que la volatilité des marchés devrait perdurer sur les mois à venir.
  • L’environnement complexe de facteurs externes, et les incertitudes en matière de politique locale et de politiques publiques agiront comme les principaux moteurs de la divergence de performance au sein des marchés émergents. Des rebonds à contre-courant de la situation de survente actuelle de plusieurs marchés ne sont pas à exclure.
  • Nous restons prudents à l’égard de notre sélection des titres, en continuant de mettre l’accent sur les titres de qualité assortis d’un profil de croissance durable au sein d’un portefeuille diversifié et équilibré.