Actions européennes : meilleure performance mensuelle jamais enregistrée

Eq1_fr.JPGLe mois de novembre a été un nouveau mois exceptionnel pour les marchés boursiers mondiaux, qui ont atteint de nouveaux sommets historiques, faisant de novembre le meilleur mois de l'année. Les investisseurs se sont montrés de plus en plus séduits par les titres tournés vers la « réouverture » des économies, compte tenu des bonnes nouvelles relatives au vaccin contre la COVID-19. Le fait que le président élu Joe Biden soit favorable à des mesures de soutien importantes en faveur de l'économie américaine, tout en étant moins brutal envers la Chine, a clairement alimenté l'optimisme des investisseurs. Les banques centrales n'ont pas modifié leur message (après tout, l'économie mondiale reste en assez mauvaise posture) et continuent de défendre leur politique monétaire accommodante.

Les actions européennes affichent leur meilleure performance mensuelle jamais enregistrée, l'Espagne et l'Italie ayant surperformé dans le cadre d’un mois résolument « procyclique ». Avec les informations relatives au vaccin qui laissent entrevoir la lumière au bout du tunnel en Europe (et ailleurs), l'incertitude quant à la durée de la crise de la COVID-19 commence à s'estomper, ce qui, améliore les perspectives des actifs risqués et, par conséquent, des actions européennes - malgré un hiver qui s'annonce difficile pour l'économie. En ce qui concerne les actions, la surperformance des perdants de l’année observée ce mois-ci n’est pas surprenante avec le retour à la normale qui se profile à l'horizon. Au fur et à mesure de la reprise économique, les prévisions de bénéfices devraient continuer à se redresser, ce qui devrait soutenir les actions.

En novembre, les PMI des services ont encore baissé à la suite des nouvelles mesures de confinement. Les restrictions qui visent à contenir le virus ont de nouveau exacerbé la divergence entre le secteur manufacturier et celui des services quant au rythme de la reprise. Le PMI manufacturier de novembre s’est ralenti de 1 point à 53,8, tandis que celui des services a chuté de 4,9 points à 41,3, ce qui est révélateur d’une contraction.

La perspective d’une vaccination a rendu plus probable le retour de l'économie vers son ancienne trajectoire d'ici la fin de l’année 2021. Après un regain de faiblesse au quatrième trimestre 2020, la reprise devrait de nouveau s'accélérer au début de 2021, avec une croissance du PIB qui pourrait dépasser 7 % en 2021. La réponse des gouvernements nationaux reste inégale. Alors que le gouvernement allemand prévoit de doubler son montant net d’emprunts pour 2021, la France, l'Italie et, dans une plus large mesure, l'Espagne, ont pris du retard. Le programme « Next Generation » de l’UE n'a pas encore été ratifié.

La BCE a déjà annoncé des mesures supplémentaires. En particulier, elle augmentera probablement le montant de son programme d'achats d'urgence face à la pandémie lors de sa réunion de décembre. Cette crise laissera des traces. Les marchés de l’emploi seront durablement touchés, notamment en ce qui concerne les travailleurs peu qualifiés. Compte tenu de la forte augmentation du nombre de travailleurs qui ont quitté la population active, 3,9 millions d'emplois devront être créés pour ramener le taux de chômage à 7,4 % d'ici la fin de 2021. En outre, la dette publique sera durablement plus élevée et les divergences entre États membres risquent de s'aggraver.

Sur le plan sectoriel, l'énergie, la finance et les technologies de l'information ont surperformé, car l’actualité relative au vaccin et à l'élection de Joe Biden a favorisé les actions de type « value » dans la logique de normalisation actuelle de l’économie. Les technologies de l'information ont également surperformé, car les fondamentaux restent solides sur la base des facteurs de croissance à long terme. De leur côté, les biens de consommation de base ont sous-performé dans le contexte de reprise post-pandémie rendue possible par le vaccin.

Sur le plan des thèmes de marché, les valeurs de type « value » et les petites capitalisations ont été les plus performantes, tandis que les segments à faible volatilité ont sous-performé dans un contexte de forte hausse du marché européen. Comme on peut le voir ci-dessous, le mois de novembre a été marqué par une forte surperformance du style « value », qui a permis au marché européen de surperformer le marché américain.

Depuis notre précédent comité, notre forte surpondération du secteur financier (banques +2, assurance +1) a porté ses fruits, car l’actualité relative au vaccin et aux élections américaines a été un catalyseur important pour le secteur. Notre forte sous-pondération des services aux collectivités a également été profitable.

Nous pensons que cette rotation risque de continuer, bien que des prises de bénéfices soient possibles à court terme après cette forte surperformance. À court terme, les investisseurs devront absorber les mauvais chiffres résultant des mesures de confinement tandis que plusieurs questions subsistent quant à la distribution des vaccins. Cependant, chaque crise a son moment charnière qui marque le début de sa fin. Nous pensons que les bonnes nouvelles au sujet des vaccins constituent un premier pas vers la normalisation de l’économie. De plus, les consommateurs ont patiemment augmenté leur épargne dans l’attente d’un monde moins dominé par la COVID. C'est la raison pour laquelle nous devrions bientôt nous trouver dans un cycle de remontée des PMI qui devrait se prolonger pendant une bonne partie de 2021. Cette situation devrait continuer à soutenir le mouvement de rotation actuel. 

En conséquence, nous maintenons notre score à +1 sur l'assurance : le secteur est attrayant, d'autant plus que les taux d'intérêt à long terme sont en train d’augmenter. Nous maintenons notre forte surpondération des banques de détail de grande qualité, car elles offrent toujours des valorisations attrayantes malgré leur récente surperformance. La normalisation en cours de l'économie devrait continuer à soutenir le secteur. En outre, les taux américains et européens devraient augmenter. Nous maintenons notre forte sous-pondération des services aux collectivités, un secteur défensif onéreux qui présente un niveau d'endettement très élevé. Le secteur est également très sensible à toute tension sur les taux d'intérêt à long terme, qui est le cas actuellement. Nous conservons notre score neutre sur le secteur des produits d’hygiène et d’entretien, compte tenu de sa forte sensibilité aux taux d'intérêt. A notre avis, il fait toutefois toujours partie des gagnants à long terme. Nous conservons notre score négatif (-1) pour les services de communication en raison de fondamentaux défavorables (croissance négative et baisse des marges).

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Actions américaines : une dynamique économique solide

Les marchés des actions américaines ont atteint de nouveaux sommets historiques. L'annonce de trois vaccins efficaces contre le virus a favorisé la prise de risque sur les marchés et a alimenté la reprise post-électorale américaine, éclipsant les inquiétudes quant aux perspectives économiques à court terme.

Dynamique économique solide jusqu’en novembre, avec des indicateurs économiques signalant une poursuite de la reprise. Les enquêtes auprès des directeurs achats (PMI « flash ») du mois de novembre montrent que l’activité manufacturière tout comme les services s’améliorent, les deux indices ayant augmenté plus que prévu. Les chiffres du marché de l’emploi pour octobre ont également continué de s'améliorer, le taux de chômage ayant baissé de 1 point de pourcentage pour atteindre 6,9 %.

Cependant, la situation épidémique a continué de se dégrader aux États-Unis, avec un nombre croissant de nouveaux cas et de décès liés au COVID-19. Cette nouvelle vague a poussé les gouvernements locaux à prendre des mesures de confinement qui freineront l'activité en décembre et en janvier.

Sur le plan sectoriel (au 7 décembre), l'énergie et la consommation discrétionnaire ont surperformé les autres secteurs, car l’actualité relative au vaccin et à l'élection de Joe Biden a favorisé les valeurs de type « value »/cycliques, dans la logique de normalisation actuelle de l’économie. Les services aux collectivités ont sous-performé, car le secteur est très sensible à toute tension sur les taux d'intérêt à long terme, ce qui est le cas actuellement.

En termes de styles, les petites capitalisations ont surperformé tandis que les valeurs à faible volatilité sous-performaient en raison de la forte hausse des segments « value »/cycliques.

Depuis notre précédent comité, notre forte surpondération du secteur financier a porté ses fruits, car l’actualité relative au vaccin et aux élections américaines a été un catalyseur important pour le secteur.

Nous pensons que cette rotation risque de continuer, bien que des prises de bénéfices soient possibles à court terme après cette forte surperformance. À court terme, les investisseurs devront absorber les mauvais chiffres résultant des mesures de confinement tandis que plusieurs questions subsistent quant à la distribution des vaccins. Cependant, chaque crise a son moment charnière qui marque le début de sa fin. Nous pensons que les bonnes nouvelles au sujet des vaccins constituent un premier pas vers la normalisation de l’économie. De plus, les consommateurs ont patiemment augmenté leur épargne dans l’attente d’un monde moins dominé par la COVID. C'est la raison pour laquelle nous devrions bientôt nous trouver dans un cycle de remontée des PMI qui devrait se prolonger pendant une bonne partie de 2021. Cette situation devrait continuer à soutenir le mouvement de rotation actuel.

En conséquence, nous avons réduit notre score sur les produits de consommation de base dans le contexte de reprise rendue possible par le vaccin. Il s’agit d’un secteur trop défensif.

Nous conservons notre surpondération des banques, car le nouveau vaccin devrait permettre à l’économie de se normaliser. De plus, le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans est aujourd’hui favorable au secteur.

Nous conservons un score neutre sur les médias/loisirs, car Biden pourrait augmenter la fiscalité de ces entreprises. Ce secteur devrait également souffrir de la normalisation de l'économie, les investisseurs se positionnant sur les valeurs du « retour au travail » au détriment des valeurs du « rester chez soi ».

Nous continuons de surpondérer la technologie malgré sa récente tendance baissière, car les fondamentaux restent solides avec des moteurs de croissance à long terme.

Nous conservons un score neutre sur la consommation discrétionnaire. Le potentiel de hausse est désormais limité sur certaines valeurs. Il s'agit en outre d'un secteur très hétérogène, avec des entreprises comme Amazon qui dominent et de nombreux perdants. D’autre part, le vaccin pourrait changer la donne et favoriser les valeurs tournées vers la « réouverture de l'économie ». Investir dans ce secteur requiert une sélection rigoureuse des titres.

Nous conservons notre score neutre sur l’industrie, car ce secteur offre un potentiel de hausse limité au vu de sa récente surperformance et de ses valorisations relativement onéreuses à leurs niveaux actuels.

Nous conservons enfin notre exposition positive au secteur de la santé, en raison de valorisations décentes (en particulier dans une perspective historique) et de la résilience de ce secteur face au ralentissement économique actuel provoqué par la COVID-19. Il est quasiment sûr maintenant que le Sénat restera sous le contrôle des républicains tandis que la présidence reviendra à Joe Biden. Ce résultat était notre hypothèse de base et, en tant que tel, constitue un bon résultat pour le secteur de la santé. Joe Biden a un programme en matière de santé, mais c'est un homme politique aux opinions modérées qui privilégie la consultation, tandis qu'un Congrès divisé rend tout changement drastique pratiquement impossible.

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Marchés émergents : un moment charnière

Après une période de consolidation en septembre, le mois d'octobre a débuté dans un climat positif pour les marchés internationaux et émergents, grâce aux mesures de relance budgétaire et monétaire et à l'amélioration des données économiques. Le sentiment est malgré tout revenu à la prudence alors qu’une deuxième vague de COVID-19 frappait l'Europe et les États-Unis (y compris le président Trump), entraînant l’imposition de nouvelles mesures de confinement.

Les cours des métaux et les valeurs liées aux énergies propres ont bien résisté (de nombreuses initiatives d'investissement sont attendues dans le monde entier) et les prix du pétrole ont fortement reculé (en raison des prévisions de baisse de la demande due à la COVID et d'augmentation de l'offre, notamment en provenance de la Libye). Dans ce contexte, les marchés ont affiché une nette divergence de performance, les marchés développés affichant une nette sous-performance (-3 % en USD) par rapport aux marchés émergents (+2 %), surtout par rapport à l’Asie hors Japon (+2,8 %).

Sur l'année, les marchés émergents surpassent désormais les marchés développés. L'Asie s’est bien comportée, avec une forte hausse de la Chine, portée par des chiffres économiques solides, un COVID à peine existant, l'énorme introduction en bourse prévue d'ANT Finance et le plan quinquennal à venir.

La Corée, Taïwan et l'Inde sont restés légèrement positifs, tandis que certains marchés de l'ANASE (en particulier l'Indonésie et les Philippines) ont finalement affiché un certain rattrapage, bien que la Thaïlande, qui connaît des tensions politiques, n’ait pas suivi le mouvement.

Les régions EMEA et Latam (Amérique latine) ont empêché la classe des actifs émergents d’afficher de meilleures performances, les deux régions terminant le mois en terrain négatif avec des marchés comme la Russie, la Pologne et surtout la Turquie subissant de fortes baisses.

La plupart des secteurs ont terminé le mois en terrain positif, à l'exception notamment de l'énergie qui a été fortement pénalisée par la correction des prix du pétrole et par la baisse des prévisions de demande (à court terme et à long terme).

L'élection de Joe Biden, qui devrait renforcer la coopération internationale, devrait, à son tour, avoir un impact positif sur les marchés émergents.

En conséquence, nous avons augmenté notre score à « neutre » sur les banques, car celles-ci offrent un excellent niveau de risque/rendement. En outre, le nouveau vaccin devrait permettre à l'économie de se normaliser et aux taux américains et européens d'augmenter.

Dans le secteur de la consommation discrétionnaire, même s’il existe un potentiel d'amélioration pour l'automobile, compte tenu des nouvelles liées au vaccin et de la course actuelle à la valeur, il y a des hésitations après les bonnes performances récentes.

En ce qui concerne l’Amérique latine, nous avons fait passer notre score de « neutre » à +1, car il s'agit d'une région type en termes de baisse de valeur et de contenu cyclique (finance, énergie, matières premières). Le rally actuel des titres « value » devrait profiter à la région.

Nous maintenons notre score sur le secteur des transports, car les valorisations sont attrayantes. Ces valeurs durement touchées devraient se redresser dans la foulée du vaccin/de la réouverture de l’économie. Avec un ratio risque/rendement nettement plus favorable, la réouverture laisse présager un fort potentiel de hausse. Nous conservons toujours un portefeuille équilibré, en prenant des bénéfices sur les secteurs et les valeurs de croissance de qualité qui affichent de solides performances. Nous ajoutons progressivement des valeurs tournées vers la réouverture de l’économie, compte tenu des extrêmes de valorisation et des nouvelles récentes concernant le vaccin.

En termes de styles, nous sommes davantage équilibrés entre croissance et valeur et réduisons le biais de momentum en tant que source de financement, malgré un avis positif à long terme.

 

 

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