Avec la pandémie, la dette publique s’est envolée partout dans le monde. Pourtant, aux États-Unis comme en Europe, des plans d’investissement ambitieux seront bel et bien mis en œuvre… ce qui se traduira par une nouvelle hausse de la dette publique. Nos gouvernements sont-ils inconscients… ou se rendent-ils compte au contraire qu’ils ont un rôle à jouer ? Il est crucial de répondre à cette question, alors même que l’Europe se prépare à revoir les règles de son pacte de stabilité et de croissance.

Les économistes de Candriam, Anton Brender, Florence Pisani, et Émile Gagna alimentent le débat en remettant l’augmentation de l’endettement public dans son contexte, soit celui d’économies au sein desquelles les sommes épargnées par les ménages favorisent la demande de dette. Or, contrairement à certaines idées reçues, il est inutile de compter sur les entreprises pour émettre des titres de dette équivalents. Ces dernières années, les banques centrales ont réussi à stimuler les emprunts hypothécaires des ménages en abaissant toujours plus les taux d’intérêt à long terme. Toutefois, l’allongement de la durée des prêts et les prix de l’immobilier qui ne cessent d’augmenter indiquent que cette politique a atteint ses limites.

Tant que les ménages épargneront plus que ce que les acteurs privés seront prêts à emprunter, les gouvernements auront tout intérêt à continuer à s’endetter. S’ils utilisent leurs ressources avec prudence, ils ne feront pas faillite. Cela impliquera néanmoins qu’ils fassent preuve d’un véritable talent d’équilibriste !

Les autres travaux de ces trois auteurs comprennent :

  • Money, Finance, and the Real Economy (2015)
  • The Sovereign Debt Crisis: Placing a Curb on Growth (2012)

Anton et Florence ont également collaboré à la rédaction des publications suivantes :

  • The American Economy: A European View (2018)
  • Global Imbalances and the Collapse of Globalised Finance (2010)

« Dans la quasi-totalité des économies développées, la faible dette nette des entreprises peut surprendre. D'autant plus que les observateurs s'inquiètent souvent de cet endettement excessif. »