23 JANV.

2018

Le crédit Investment Grade (IG) en euros, bien que porteur de spreads relativement serrés, affiche de bons résultats et une amélioration des notations. Il est également important de noter que la part des émissions IG en euros par les sociétés en dehors de la zone euro augmente, ce qui en fait une classe d'actifs moins dominée par le marché intérieur, les sociétés étrangères cherchant à tirer parti des facilités de financement dans la zone euro. De plus, la technique continue de soutenir la classe d'actifs grâce à la vigueur constante de la demande.

 

Nous privilégions le crédit financier européen, les CoCos restant un instrument de choix

Nous conservons notre surpondération du secteur financier face au secteur non financier, qui bénéficie actuellement de meilleurs fondamentaux et de valorisations relativement attractives (bien que les spreads se resserrant rapidement restent à de faibles niveaux). Le secteur de la finance bénéficie en outre de l'amélioration des réserves de fonds propres (et de la qualité des actifs), de meilleures marges (grâce à la hausse des taux d'intérêt) et d’un paysage règlementaire favorable. Dans le secteur financier, les CoCos restent notre instrument de prédilection, bénéficiant du redressement des résultats, d'une duration plus courte et d'une corrélation plus faible avec les bons du Trésor américains. En termes de rendement, ces instruments reflètent les niveaux observés sur le crédit à haut rendement américain.

Les obligations convertibles représentent une source intéressante de diversification dans l'environnement actuel, les spreads de crédit étant resserrés à la fois dans l'environnement Investment Grade  et dans le High Yield. Les obligations convertibles pourraient bénéficier de la hausse actuelle des marchés boursiers et sont moins sensibles à la hausse des taux que les obligations traditionnelles. Nous pensons que les convertibles européennes sont d’un bon rapport cours /valeur, les actions européennes ayant pris du retard pendant la phase actuelle d'expansion et la classe d'actifs présentant un fort potentiel de hausse.

 

La réforme fiscale américaine augmente les risques spécifiques : nous maintenons une sous-pondération sur le crédit américain

La réforme fiscale adoptée récemment par le Congrès américain semble être favorable aux entreprises Investment Grade en raison d'une réduction de la charge fiscale. Cependant, la capacité d'augmenter les dividendes, de s'engager dans des fusions et acquisitions, de stimuler l’investissement et de se désendetter varient selon les secteurs et les avantages concurrentiels (c.-à-d, au cas par cas plutôt que sur un niveau homogène). La relance budgétaire favorise les actionnaires au détriment des détenteurs d'obligations et est, en fait, susceptible d'accroître les écarts entre émetteurs. En outre, les limites imposées par le nouveau règlement sur la déduction des intérêts (max 30 %) vont pénaliser les émetteurs d’obligations à haut rendement (principalement dans les notations de niveau CCC), qui payent des intérêts plus élevés. Dans l'ensemble, la sélectivité sera essentielle comme les risques spécifiques sont au premier plan en matière de sélection d’obligations d'entreprises. Les valorisations restent étroites sur le crédit américain, par conséquent, nous maintenons une sous-pondération et préférons porter notre intérêt sur la dette émergente.