22 AOÛT

2017

Revenus fixes , Thèmes

Positionnement long sur les spreads US vs. court sur les spreads euro

CONTEXTE GLOBAL

Le cycle d'activité continue de se renforcer dans la zone euro comme au Japon, et la phase d’expansion est solidement engagée dans les deux régions. La zone euro, en particulier, observe des niveaux de confiance jamais atteints depuis 2007. Si les données économiques se sont améliorées aux États-Unis au deuxième trimestre, les perspectives dépendront néanmoins de l'application des mesures de relance budgétaire promises par le gouvernement et anticipées par les marchés. La plupart des autres pays du G10 sont eux aussi solidement ancrés dans des phases d’expansion. Le cycle de dette connait un ralentissement aux États-Unis, tandis qu'il semble désormais plus avancé dans la zone euro et au Japon.

Globalement, le taux d'inflation des pays du G10 semble avoir atteint un sommet, comme en témoignent les solides statistiques accumulées depuis le début de l’année. La décélération s’accentue aux États-Unis ; la baisse plus marquée que prévue des cours énergétiques, l’absence de pressions à la hausse sur les salaires et les faibles anticipations d'inflation limitent en effet la hausse de l’inflation. Au sein de la zone euro, l’appréciation de la monnaie unique soulève la question du taux d'inflation attendu.

Ces évolutions remettent en cause les prochaines interventions des banques centrales du G10, dont les déclarations (en particulier de la Fed et de la BCE) suggèrent un allègement du soutien monétaire. Dans l’ensemble, l'inflation reste inférieure aux objectifs fixés par les banques centrales et, malgré leur rebond, les prix du pétrole ne sont pas parvenus à atteindre les 50 dollars/baril. En l'absence de toute amélioration significative au cours des mois à venir, les banques centrales pourraient limiter leur soutien monétaire en vue de protéger les marchés face à un prochain fléchissement.Dans un tel scénario, nous sommes confrontés à un risque d’erreur accru de la part de ces organismes (en particulier devant la détérioration de la dynamique de la dette et la probabilité élevée qu’une nouvelle récession économique fasse son apparition). Par conséquent, toute déclaration et toute intervention de la part des banques centrales constitue un événement essentiel qu'il faudra suivre dans les prochains mois

 

STRATEGIE MONDIALE TAUX

Positionnement long sur les spreads US vs. court sur les spreads euro

Aux États-Unis, les perspectives d'une expansion économique ont été revues à la baisse. L’adoption des réformes peine à suivre son cours, la campagne électorale de Donald Trump fait toujours l'objet d'une enquête et les indicateurs économiques sont à la traine. Plus récemment, les craintes d’un durcissement de l’atitude envers la Corée du Nord ont entrainé un sentiment d'aversion au risque. Notre approche de gestion prudente s’explique par conséquent par les tensions géopolitiques et la baisse des perspectives économiques sans un plan de relance budgétaire.

En revanche, en Europe, l’accélération du cycle d'activité et le probable durcissement de la politique monétaire de la BCE (attendu pour l’automne 2017) nous incitent à maintenir une position courte sur la courbe de taux européens. Les valorisations tendues et le recul du risque politique renforcent par ailleurs nos convictions à l’égard de cette stratégie. Nous conservons une position courte sur les taux européens « core », Mario Draghi ayant récemment indiqué que le programme d'assouplissement quantitatif ferait l’objet d’une étude à l’automne prochain.

Surpondération des périphériques

Les marchés obligataires de la périphérie de l’Europe profitent toujours des mesures de la BCE et de dynamiques de flux positives. Le positionnement des investisseurs reste par ailleurs proche de ses plus bas historiques. Par conséquent, nous adoptons une surpondération de l’Espagne et du Portugal, où les valorisations sont toujours relativement intéressantes mais restons prudents vis-à-vis de l’Italie en raison de certains risques politiques.