04 JUIN

2018

Revenus fixes , Stratégies d'investissement mensuelles , Thèmes

Position tactique longue sur le dollar américain et la couronne norvégienne

Stratégie devises

Le paysage général (différentiel de taux, ratio portage/risque et surprises économiques) est défavorable au dollar. En outre, compte tenu des droits de douane mis en place par l’administration américaine, des mesures majeures susceptibles d’être mises en œuvre prochainement et de l’importance des « déficits jumeaux » auxquels le dollar est exposé, le billet vert reste, à moyen terme, sous pression par rapport aux principales autres devises. Nous nous efforçons toutefois de gérer notre position de manière tactique, car notre position reste vulnérable aux annonces de la banque centrale. La Réserve fédérale semble être désormais la seule banque centrale engagée dans un processus de resserrement monétaire, ce qui a entraîné un net renchérissement du billet vert ces dernières semaines. Par ailleurs, le dollar jouit de facteurs porteurs à court terme (réforme fiscale, relance budgétaire, rapatriement des liquidités détenues à l’étranger par les entreprises américaines). Dans ce contexte, nous détenons une position tactique longue sur le dollar américain.

La banque centrale de Norvège devrait procéder à une hausse de taux en 2018, et, dans la mesure où nous conservons une opinion très positive à l’égard de la couronne norvégienne, nous conservons notre position longue sur cette devise. Cette dernière profite également d’une conjoncture économique relativement solide.  

Malgré des différentiels de taux défavorables, le yen - au regard de notre scénario de long-terme – semble attractif. Dans le contexte actuel caractérisé par un haut degré d’incertitude géopolitique et par des risques évènementiels élevés, le yen reste un actif refuge et de diversification intéressant.

Devises émergentes: surpondération à court terme des devises liées aux exportateurs de matières premières et maintien d’un positionnement long à moyen terme

Durant le mois, nous avons renforcé notre exposition à certaines devises liées aux matières premières sous-évaluées et enregistrant une hausse régulière de leurs cours (real brésilien, peso colombien, roupie indonésienne, peso uruguayen). Nous avons parallèlement couvert le risque lié à notre sous-pondération du yuan chinois, en ce qui concerne l’effet incertain de l’introduction des droits de douane sur cette devise.  

Globalement, nous sommes surexposés aux devises émergentes des pays exportateurs de matières premières (real brésilien, sol péruvien, peso colombien) car nous pensons que les devises liées aux matières premières surperformeront dans un contexte de reprise de la croissance mondiale et qu’elles s’échangeront à des cours qui reflètent mieux les fondamentaux de long terme, lesquels indiquent que ces devises sont encore sous-valorisées. Nous surpondérons également la roupie indonésienne et le peso uruguayen, car ils offrent de bons ratios portage/volatilité, dans un contexte marqué par l’amélioration des échanges commerciaux.  

Nous avons initié une position sous-pondérée sur certaines devises asiatiques (ringgit malais, baht thaïlandais) car elles affichent des perspectives et des valorisations peu attractives, sont exposées à un risque de protectionnisme commercial, offrent de faibles revenus de portage et sont exposées aux risques liés à la croissance.