24 NOV.

2017

Revenus fixes , Stratégies d'investissement mensuelles , Thèmes

Position acheteuse stratégique sur l’EUR et le JPY toujours privilégié en tant que couverture macro

STRATÉGIE DEVISES

Position acheteuse stratégique sur l’EUR et le JPY toujours privilégié en tant que couverture macro

Sur la base du différentiel de taux, du rapport portage/risque et des surprises économiques, le cadre global est défavorable pour le dollar américain, qui a enregistré une certaine faiblesse sur les derniers mois. Avec l’affaiblissement continu du billet vert (malgré son récent rebond), l’euro a récemment retrouvé de son attrait auprès des investisseurs étrangers. Avec l’accélération du cycle d’activité, l’amélioration des indicateurs macro-économiques et la réduction de l’assouplissement quantitatif de la BCE, la position acheteuse sur l’euro pourrait bien avoir encore du potentiel. Nous cherchons toutefois à gérer cette exposition de manière tactique car cette position reste vulnérable aux communications des banques centrales, particulièrement dans le contexte d’incertitude entourant la Fed et de l’inquiétude exprimée par certains membres du conseil de la BCE après la récente appréciation de la monnaie commune. En effet, un nouveau gouverneur « strict » à la tête de la Fed pourrait avoir pour effet que les attentes du marché se repositionnent, et que le dollar américain retrouve, temporairement, un vent favorable.

Bien que les différentiels de taux restent pénalisants, le yen apparaît intéressant dans notre cadre d’analyse à long terme. Dans le contexte actuel d’incertitude géopolitique et de risque événementiel important, le yen reste une valeur refuge attrayante et un actif de diversification.

 

Devises émergentes : position neutre aujourd’hui et positive à moyen terme

Nous conservons un avis positif sur les devises émergentes, bien que nous nous attendions à une volatilité plus élevée vers la fin de l’année. Ces devises ont rebondi depuis le début de l’année grâce à la solide dynamique de croissance des marchés émergents, à des valorisations attrayantes à long terme et à une synchronisation accrue de la croissance mondiale, qui s’est étendue à la zone euro et au Japon. Nous pensons que cette tendance va se poursuivre, malgré une certaine volatilité liée à la normalisation des politiques monétaires et à la réduction des bilans sur les marchés de référence tels que les États-Unis et la zone euro.

Nous avons neutralisé la plupart de nos surpondérations endevises émergentes. En Turquie, nous maintenons une position légèrement sous-pondérée (1 %) vu la détérioration de la balance extérieure et du profil de l’inflation, ajoutée à la réticence de la banque centrale à prendre des mesures décisives pour stopper la chute de la monnaie et les ventes massives d’obligations. En Afrique du Sud, nous reconnaissons que la désignation d’un nouveau leader de l’ANC est sous de meilleurs auspices. Toutefois nous restons sur une sous-pondération de 2 % étant donné le manque de consolidation fiscale qui pourrait mener à une dégradation supplémentaire potentielle de la note souveraine en novembre. Les pays où nous jugeons que la position des investisseurs étrangers sur le marché des obligations est importante (Indonésie, Russie) courent également le risque de voir leur monnaie s’affaiblir si des dessaisissements de monnaie venaient à se matérialiser (nous sommes légèrement sous-pondérés en roupie indonésienne et neutres sur le rouble russe). Une fois que la valorisation aura fini de prendre en compte le risque accru d’accroissement des taux américains, nous estimons que la question des positions longues sur les devises émergentes se posera à nouveau (comme les prix des matières premières sont élevés, la croissance est encore solide et les balances extérieures saines). Concernant la roupie indonésienne, le ringgit malaisien, le rouble russe et le sol péruvien, nous restons sur des perspectives positives à moyen terme. Nous cherchons également à acheter du real brésilien et du peso mexicain lors de baisse des cours.

Ces surpondérations sont en partie compensées par une sous-pondération structurelle du yuan chinois. Ce dernier devrait continuer à se déprécier à moyen terme en raison de la libéralisation de son compte de capital et du ralentissement de la croissance.