27 FÉVR.

2018

Revenus fixes , Thèmes

Nous privilégions le crédit financier européen

Stratégie obligations d’entreprises 

Le segment du crédit Investment Grade en euros affiche de bons résultats et des notations en voie d’amélioration, malgré des spreads relativement étroits. En outre, il est important de noter une augmentation de la portion des émissions Investment Grade en euros provenant d’entreprises en-dehors de la zone euro, ce qui rend cette classe d’actifs moins dominée par des émetteurs domestiques, les entreprises étrangères cherchant à tirer parti des facilités de financement au sein de la zone euro. La correction récente du marché des actions a généré un accroissement de la volatilité et les marchés d’instruments dérivés synthétiques ont connu un net élargissement des spreads. Cependant, les marchés obligataires au comptant ont été relativement peu affectés, car le volume d’émissions était relativement faible (sur les marchés primaires).

 

Nous privilégions le crédit financier européen, les CoCos restant un instrument de choix

Nous conservons notre surpondération du secteur financier par rapport au secteur non financier, lequel bénéficie actuellement de meilleurs fondamentaux et de valorisations relativement attrayantes (bien que les spreads se resserrant rapidement restent à de faibles niveaux). Le secteur de la finance bénéficie également de l’amélioration des réserves de fonds propres (et de la qualité des actifs), de meilleures marges, grâce à la hausse des taux d’intérêt, et d’un paysage règlementaire favorable. Dans le secteur financier, les CoCos restent notre instrument de prédilection, car ils bénéficient de l’amélioration des résultats, d’une duration plus courte et d’une corrélation plus faible aux bons du Trésor américain. En termes de rendement, ces instruments reflètent les niveaux observés sur le high yield américain. 

Au regard des niveaux serrés des spreads de crédit à la fois dans l’univers IG et celui du HY, les obligations convertibles présentent une source de diversification intéressante dans le contexte actuel. Les obligations convertibles pourraient bénéficier du potentiel de hausse des marchés boursiers et elles sont moins sensibles à la hausse des taux que les obligations traditionnelles. Les obligations convertibles européennes présentent, à notre avis, un bon rapport cours/valeur, les actions européennes ayant pris du retard au cours de la phase d’expansion actuelle et ce compartiment présentant un fort potentiel de hausse.

 

La réforme fiscale américaine augmente les risques spécifiques: nous maintenons une sous-pondération sur le crédit américain

La réforme fiscale adoptée par le Congrès américain semble être favorable au segment Investment Grade, en raison d’une réduction de la charge fiscale. Cependant, la capacité d’augmenter les dividendes, de s’engager dans des opérations de fusions et acquisitions, d’augmenter les dépenses d’investissement et de se désendetter pourra varier en fonction des secteurs et des avantages concurrentiels (c.-à-d., au cas par cas, plutôt qu’à un niveau homogène). La relance budgétaire favorise les actionnaires au détriment des détenteurs d’obligations et est, en fait, susceptible d’accroître les écarts entre émetteurs. En outre, les limites imposées par la nouvelle règlementation en matière de déductibilité des intérêts (max. 30 %) va pénaliser les émetteurs d’obligations à haut rendement (surtout dans le segment des notations CCC, de plus faible qualité), qui paient des intérêts plus élevés. Dans l’ensemble, la sélectivité sera essentielle, car les risques spécifiques passent au premier plan lors de la sélection de titres obligataires. Sur le front du crédit américain, les valorisations continuent d’être tendues et, par conséquent, nous maintenons notre sous-pondération, préférant en revanche, nous concentrer sur la dette émergente.