24 NOV.

2017

Revenus fixes , Stratégies d'investissement mensuelles , Thèmes

Nous avons réalisé quelques prises de profit le mois dernier

STRATÉGIE DETTE DES MARCHÉS ÉMERGENTS

Nous avons réalisé quelques prises de profit le mois dernier.

Les risques externes des marchés émergents sont repartis à la hausse durant le mois écoulé suite aux inquiétudes concernant la normalisation des politiques monétaires, la nomination à la tête de la Fed, les réformes fiscales en soutien à la croissance et les renégociations de l’accord de libre-échange nord-américain ayant refait surface aux États-Unis. Conformément aux estimations, la Fed a relevé ses taux directeurs en mars et en juin et a communiqué en septembre son intention de réduire progressivement son bilan, ce qui a eu pour effet de relancer les attentes d’une nouvelle hausse en décembre et de tirer à nouveau les bons du trésor américain vers la fourchette des 2,30 % à 2,40 %. Les autorités chinoises ont l’intention de maintenir la croissance autour d’un taux de 6,5 %, tout en équilibrant le désendettement de leur système financier avec des réformes et des politiques de relance. La reprise de la croissance des pays émergents couvre maintenant un territoire plus vaste, susceptible de s’élargir grâce au rebond du commerce mondial, des matières premières plus fortes et une demande chinoise stable, mais est obérée par des inquiétudes eu égard à l’impact de la politique américaine sur les marchés émergents. Dans l’ensemble, notre évaluation globale est par conséquent plutôt neutre. Les spreads des marchés émergents n’ont pas subi de correction jusqu’à présent face à la montée de ces risques externes ; ils se sont accrus de 15 points de base seulement du fait d’événements spécifiques à certains pays émergents, tels la défaillance possible du Venezuela et l’incertitude politique au Moyen-Orient. En conséquence, nous sommes devenus plus prudents sur cette catégorie d’actifs.

Cependant, nous conservons une surpondération de la dette en devises fortes, et maintenons notre biais positif à l’égard des pays exportateurs de matières premières, dans la mesure où les crédits dans la région sont désormais décorrélés de l’évolution timide des prix du pétrole (Angola, Azerbaïdjan, Équateur, Kazakhstan) ainsi que certains pays  en voie d’amélioration tels l’Argentine, l’Ukraine, l’Égypte et le Ghana. Nous avons également une vision tactique et positive pour le Venezuela vu que les obligations se négocient maintenant bien en dessous des valeurs de recouvrement.

Nos sous-pondérations incluent les dettes de pays sensibles aux bons du Trésor américain dont les valorisations sont tendues, notamment le Panama, le Pérou, le Chili, l’Uruguay, les Philippines et la Pologne. Nous sous-pondérons également l’Afrique du Sud, actuellement pénalisée par des valorisations tendues, des risques liés à une transition compliquée de sa politique intérieure et ceux d’abaissement de sa note, un ajustement budgétaire insuffisant et une croissance faible.


Nous avons réduit notre exposition en octobre, bien que certains marchés de titres en monnaies locales restent attractifs.

Les titres en devises locales vont continuer à bénéficier de pressions limitées sur l’inflation des marchés émergents voire d’une désinflation nette dans certains d’entre eux ainsi que des politiques accommodantes de la part de leurs banques centrales, bien que nous approchions de la fin des cycles d’assouplissement dont ils ont bénéficié ou que ces derniers aient déjà été pris en compte dans la plupart des marchés. La reprise cyclique de la croissance des pays émergents devrait se poursuivre, la plupart des pays de la région n’ayant toujours pas atteint leur potentiel de croissance. Nous restons positifs sur un certain nombre de titres en devises locales, mais avons réduit notre position d’ensemble.

Nous considérons que les titres en devises locales présentent encore de la valeur et nous maintenons notre surpondération de certains pays générant des rendements élevés, soutenus par des taux réels élevés et une dynamique de désinflation constructive (Brésil, Colombie, Russie), bien que nous ayons diminué les surpondérations et cherchions à y revenir dans de meilleures conditions.

Nous sous-pondérons les marchés locaux à plus faible rendement en Asie et en Europe centrale et de l’est, comme c’est le cas pour la Thaïlande (sous-performance attendue des taux locaux à faible rendement) et de la République tchèque (poursuite du resserrement par la banque centrale). Enfin, nous maintenons notre position sous-pondérée en Turquie en raison des risques croissants liés à la politique intérieure, à l’évolutiondes bons du trésor américain et à la croissance déséquilibrée et l’inflation élevée.