16 JUIN

2017

Revenus fixes , Thèmes

La hausse invisible

Signe d’une communication réussie – aucune tension obligataire n’était perceptible en ce jour de FOMC. Les taux américains étant même à la baisse à la suite d'un chiffre d'inflation décevant.

La hausse du taux directeur de 25 points largement anticipée, pourrait ainsi presque paraître invisible tant les investisseurs obligataires sont long duration et la volatilité basse.

Les investisseurs semblent ainsi relativement insensibles aux changements de la FED car il n’y a plus de surprise réelle de communication et que le niveau d’équilibre apparaît largement plus faible que lors des deniers cycles monétaires.

Un tel revirement de situation depuis le début de l’année s’explique largement par un sentiment de déception des investisseurs américains : Déçus de la croissance économique plus faible, déçus du faible niveau de l’inflation et plus que jamais déçu de la politique budgétaire US dont sa visibilité n’a d’égale que sa versatilité. Dans ce contexte, les marchés ne croient pas aux estimations médianes de la FED concernant leurs taux d’intérêt . Et pourtant !

Et pourtant la FED a accéléré le rythme de sa normalisation. Avec 4 hausses depuis son point bas, elle devrait poursuivre ce rythme en 2018.
Et pourtant selon une règle de Taylor les taux FED devrait être 3% plus élevé. Et même si l’inflation domestique est basse, le taux des salaires horaires reste au-dessus des 2.5%. Et Janet Yellen de s'étonner que la courbe de Philips soit aussi plate.
Et pourtant le bilan de la FED proche des 4.5 trilliards de dollar devrait graduellement diminuer, notamment sur les obligations titrisées, et cela relativement rapidement comme l'a suggéré Janet Yellen dans sa conférence de presse.

Ce cycle de hausse invisible rappelle étrangement le cycle 2004 -2006 et le fameux conundrum qui aura conduit à un très fort aplatissement de la courbe et derrière à une crise de crédit majeur.

L’investisseur doit donc rester vigilant – car une hausse de taux n’est jamais aussi invisible qu’on pourrait le croire.