15 DÉC.

2017

Revenus fixes , Stratégies d'investissement mensuelles , Thèmes

Amélioration des fondamentaux et valorisations attractives, mais la différenciation est cruciale

STRATÉGIE DETTE ÉMERGENTE

Les marchés émergents devraient continuer de bénéficier de l’amélioration des fondamentaux après deux ans de solide performance sur les marchés en devise forte comme en devise locale (performances en USD). La croissance s’est améliorée et l’activité exportatrice plus solide et généralisée des pays émergents a contribué à stabiliser, voire corriger, les déficits de la balance courante, qui étaient une source de vulnérabilité pour cette classe d’actifs depuis 2013. En termes de valorisation, si les rendements de la dette émergente en devise forte ou en devise locale ont fortement remonté pour se rapprocher de leurs sommets post-2008, ils restent malgré tout relativement attrayants, à 5 % pour la dette émergente en devise forte et 6 % pour les devises locales.

Même si les perspectives macro-économiques sont clairement favorables, il existe des risques externes qu’il ne faut pas ignorer, liés par exemple à des événements spécifiques ou à des élections. Les marchés émergents sont en effet confrontés à un calendrier chargé sur le plan politique, avec des élections prévues dans plusieurs pays (notamment l’Afrique du Sud et la plupart des pays d’Amérique latine) et des tensions géopolitiques toujours bien présentes concernant la Corée du nord et le Moyen-Orient. L’univers de la dette émergente n’est pas à l’abri de certains risques, comme par exemple une hausse brutale des bons du Trésor américain résultant de l’incertitude autour des facteurs macro-économiques américains et du rythme de remontée des taux.

Il convient de noter que l’univers de la dette émergente est libellé en dollars. Il est donc important pour les investisseurs en euro de prêter attention au taux de change EUR/USD, qui pourrait avoir une incidence significative sur leurs placements. Dans le contexte actuel de renforcement de l’euro, ces investisseurs ont intérêt à conserver des investissements en euros, et donc à couvrir le risque de change EUR/USD.

Pour ce qui est de la dette en devise forte, nous sommes positifs sur les pays exportateurs de matières premières, dans la mesure où les crédits dans ces régions sont désormais décorrélés de l’évolution timide des prix du pétrole (Angola, Azerbaïdjan, Équateur, Kazakhstan) et des cas spécifiques d’amélioration des notations (tels l’Argentine, l’Ukraine, l’Égypte et le Ghana). Nos sous-pondérations concernent les titres sensibles aux bons du Trésor américain ayant des valorisations tendues (Panama, Pérou, Chili, Uruguay, Philippines et Pologne). Nous sous-pondérons également l’Afrique du Sud, qui souffre de valorisations serrées, de risques liés à une transition politique compliquée, d’un risque d’abaissement de sa notation, d’un ajustement budgétaire insuffisant et d’une croissance atone.

 

Priorité aux fondamentaux et au risque spécifique, en privilégiant la flexibilité et la différenciation

En conclusion, le fait que la Fed et la BCE soient toutes les deux entrées en phase de resserrement constitue clairement un changement important pour les marchés, qui s’étaient presque habitués au soutien des banques centrales. Dans ce contexte, les investisseurs obligataires devront prêter une attention accrue aux fondamentaux et aux facteurs spécifiques qui vont jouer un rôle de premier plan. On devrait également observer un certain revirement des mesures massives d’assouplissement quantitatif, qui entraînera une remonté des taux et des poussées de volatilité, alors que celle-ci est manifestement contenue pour le moment. Ces conditions favoriseront la différenciation et imposeront une certaine sélectivité. Nous ne nous dirigeons pas forcément vers un krach des marchés obligataires, mais une gestion active, flexible et sélective sera indispensable pour relever les défis qui nous attendent alors que nous disons adieu au soutien des banques centrales et que nous nous concentrons sur les fondamentaux.