15 FÉVR.

2017

Macro , Thèmes

Etats-Unis : l’activité accélère… mais l’incertitude demeure

Les derniers chiffres publiés en provenance des Etats-Unis confortent notre scénario d’accélération de l’activité en 2017. Certes, la croissance est restée très légèrement inférieure à 2 % au quatrième trimestre (1,9 %). Mais le commerce extérieur explique largement cette faiblesse. Principal moteur de la croissance ces dernières années, la consommation (+2,5 %) a, elle, continué de soutenir l’activité. Surtout, après avoir marqué le pas, la dépense des entreprises est redevenue plus dynamique : en baisse depuis un an, l’investissement en équipement a progressé de 3,1 % et les stocks ont contribué à hauteur de 1 % à la croissance (graphe 1).

Début 2017, les enquêtes auprès des entreprises comme des ménages confirment cette embellie : dans le secteur manufacturier et des services, les indices ISM ont poursuivi leur nette amélioration entamée en fin d’année dernière (graphe 2) et la confiance des ménages atteint aujourd’hui des niveaux élevés (graphe 3). Le marché du travail enfin reste bien orienté : malgré un ralentissement des salaires horaires en janvier (+2,5 % sur un an), les créations d’emplois ont rebondi (227 000 contre 148 000 en moyenne au quatrième trimestre 2016) et la masse salariale continue de progresser de plus de 4 %.

En 2017, l’économie américaine devrait en outre bénéficier de la disparition d’un certain nombre de freins. Après avoir retiré 0,4 % à la croissance en 2016, l’ajustement des stocks semble arriver à son terme. Pénalisé par la baisse du prix du pétrole, l’investissement en structure dans le secteur des énergies fossiles devrait redémarrer après avoir pesé à hauteur de 0,25 % sur la croissance en 2016. La croissance devrait dès lors accélérer de 1,6 % en 2016 et dépasser 2 % en 2017 (graphe 4).

Enfin, la stimulation budgétaire promise par Donald Trump lors de sa campagne pourrait donner un élan supplémentaire à l’économie américaine. Sur ce point toutefois les incertitudes sont nombreuses et compliquent l’exercice de prévision. Le contenu des différents plans en discussion (cross border tax, taux d’imposition des ménages et des entreprises, relance des investissements en infrastructure,…) reste flou et la longueur du processus budgétaire ne devrait pas permettre une mise en place avant la fin de l’été. En attendant d’y voir également plus clair et tant que les pressions salariales sont modérées, la Réserve fédérale a donc peu de raisons de hâter la normalisation de sa politique monétaire.