19 AVR.

2018

Le risque d’une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine a déclenché une nouvelle chute des actions en mars, faisant de cette classe d’actifss le principal segment responsable de la hausse des niveaux de volatilité. De façon assez inhabituelle, les valeurs technologiques ont contribué à cette chute au lieu de servir de soutien aux valorisations du marché.

Il n’y avait vraiment aucun endroit où se réfugier sur les marchés des actions. Presque chaque indice actions a affiché un recul, compris entre 2 % et 3 %. Le Brésil, avec un rendement étale, a une nouvelle fois été au devant de la scène. Les services aux collectivités et les biens de consommation de base sont les segments qui ont surperformé. Les valeurs cycliques ont été le plus durement touchées par la menace de tarifs douaniers et les valeurs technologiques ont été entraînées dans le mouvement de baisse par les problématiques de gouvernance de Facebook.

La Fed a, comme prévu, augmenté ses taux à court terme d’un quart de point. Toutefois, malgré les déclarations plutôt fermes de Jérôme Powell, relevant les prévisions de la Fed, les cours des bons du Trésor américain à moyen et long terme ont progressé, les rendements reculant de 0,10 % à 0,15 %. Les taux européens et britanniques ont suivi un chemin similaire. Le dollar a perdu environ 1 % par rapport à l’euro, au yen japonais et à la livre sterling. Les tarifs douaniers ont impacté les cours des matères premières, les métaux de base étant les plus pénalisés. Le cours du minerai de fer a chuté de 20 %, le cuivre, le platine et l’aluminium ont perdu près de 6 %, tandis que le palladium a reculé d’environ 10 %. Le pétrole a pour sa part été gagnant, le cours du pétrole brut WTI affichant une hausse de 5,35 % sur le mois.

L’indice HFRX Global Hedge Fund en euros a baissé de 1,25 %.

Stratégie long short equity

La chute massive des actions s’est poursuivie en mars, la plupart des indices perdant en moyenne 2 à 3 %. Les tarifs douaniers débattus par l’administration Trump ont accru le degré d’incertitude, ce que les marchés n’ont évidemment pas apprécié. Un autre évènement important a influencé la performance des hedge funds. Il s’agit de l’examen du modèle d’affaires de Facebook, lequel a entraîné la majeure partie du secteur de la technologie à la baisse. La performance des gérants de portefeuille long/short actions a été dispersée. En moyenne, les stratégies ayant un biais neutre au marché ont surperformé les fonds ayant un biais long.

Les gestionnaires long/short actions présentent une proposition d’investissement intéressante car ils disposent de plus d’instruments avec lesquels tirer parti de cette phase tardive du cycle économique. Leur exposition nette plus faible offre une protection stucturelle contre les pertes extrêmes du marché, et les paris sur des positions short implicant des secteurs menacés ou des valorisations onéreuses vont générer de la valeur, ce qui est favorable pour les rendements. .


Stratégie global macro

La stratégie Global Macro offre une palette étendue de possibilités d’investissement, lesquelles devraient, en théorie, bénéficier de la réévalutation actuelle du risque des actifs. Pendant très longtemps, ces gérants de portefeuille ont été aux prises avec les banques centrales et le manque de volatilité du marché. L’inflexion du cycle économique va offrir des opportunités dans des classes d’actifs telles que les obligations, grâce à des paris directionnels, que ce soit des positions longues, courtes ou de valeur relative, afin de tirer parti de tout écartement du spread de crédit. Les stratégies Macro vont être capables de capter et de bénéficier de ces mouvements prononcés du marché.


Stratégies quantitatives

L’environnement de marché et l’augmentation de la volatilité n’ont pas été vraiment favorables aux stratégies de suivi de tendance ou systématique Macro. Toutefois, la hausse de la volatilité a été avantageuse pour les stratégies de valeur relative actions, qu’elles soient basées sur les cours ou sur les fondamentaux. Celles-ci ont en effet affiché de solides performances en mars.


Fixed income arbitrage 

Nous avons maintenu inchangée notre allocation d’arbitrage obligataire. La hausse de la volatilité s’est infiltrée au niveau des taux d’intérêt. Après plus d’un mois de vente massive des obligations, le marché semble avoir marqué une pause. Il mise en effet sur un ralentissement économique potentiel générant une importante volatilité à la fois en termes de spreads de swaps que de contrats à terme, ce qui déboucherait sur de nombreuses opportunités.

Aux États-Unis, si l’accès aux lignes du bilan de la Fed n’a pas été un problème jusqu’à la fin de l’année 2017, le prermier trimestre a vu le spread du Libor et des swaps indexés sur le taux à 1 jour atteindre des plus hauts historiques en raison des importantes émissions du Trésor US, ce qui a pesé sur le financement en dollar américain des banques. Entre-temps, les spreads de swaps américains à 10 ans sont retournés en territoire négatif et le spread de swap de devises à court terme s’est resserré.

Tous les gestionnaires de ce segment ont obtenu, depuis le début de l’année, de solides rendements ajustés du risque, tout en étant positivement exposés à la volatilité.

 

Marchés émergents

Les pays d’Amérique latine – poussés par une amélioration du sentiment dans les principales régions économiques – se sont montrés plutôt résilents. Par ailleurs, la Russie et la Chine ont été affectées par une hausse des tensions géopolitiques avec les pays occidentaux. Ceci a débouché sur une grande dispersion des performances des gestionnaires spécialisés sur les marchés émergents, en fonction du positionnement de leur fonds. Nous pensons que les marchés émergents continuent d’offrir un nombre important d’opportunités dans toutes les catégories d’actifs (devises, taux d’intérêt, titres individuels  et dette) mais nous allons continuer à les surveiller de près.


Arbitrage de risque « Event-driven »

Le mois de mars a été complexe pour les stratégies évènementielles, en raison de la chute des marchés des actions, de l’élargissement des marges sur les transactions et de la hausse des tensions géopolitiques. Toutefois, malgré les chocs prononcés subis par le marché, ces stratégies se sont avérées, en moyenne, plutôt résilientes, réussissant à terminer le premier trimestre avec des rendements presque inchangés. L’ensemble des opportunités demeure néanmoins intact, un grand nombre d’opérations ayant été annoncées depuis le début de cette année.  

La chute des marchés et le mouvement général d’élargissement des marges sur les transactions, associés à un flux d’opérations solide à l’échelon mondial, rend le segment des fonds d’arbitrage de fusions et d’acquisitions attrayant, compte tenu du vivier d’opportunités  

 

Entreprises en difficulté

Nous surveillons de près les gestionnaires de ces stratégies, en raison de la génération potentielle de rendements élevés, mais nous restons généralement en retrait, car l’environnement actuel continue de favoriser la réappréciation du risque. Le marché commence à réévaluer le risque, mais les spreads très étroits offrent des risques asymétriques négatifs. Néanmoins, il y a eu quelques ombres au tableau, car le marché (ou les banques) ont puni sévèrement les entreprises très endettées qui n’ont pas tenu leurs promesses ou dont la trésorerie était trop tendue pour la viabilité de l’entreprise. Jusqu’à présent, le secteur de l’énergie, qui a fait l’objet d’émissions massives ces dernières années, a présenté de nombreuses opportunités intéressantes, en raison de la volatilité des cours du pétrole et de l’impact sur les titres. Dans le secteur du commerce de détail, les entreprises de type « brick-and-mortar » (commerces physiques), durement touchées par les innovations technologiques, sont sujettes à de nombreux bouleversements.


Stratégie long short crédit & high yield

La quête de rendement s’est avérée plus difficile pour la première fois depuis février 2016. Si les produits de crédit long-only ont souffert, la récente flambée de volatilité a également entraîné une vente massive de la base, permettant aux gestionnaires de stratégies de valeur relative de capitaliser sur le changement de régime.