27 MARS

2018

L'environnement idéal semble déjà avoir pris fin, ou c'est ce que le marché semble penser. Les bons du Trésor américain ont progressé en raison d'anticipations d'inflation plus élevées, soutenues entre autres, par un communiqué de la Fed semblant plus offensif que prévu. C'est l'un des événements ayant conduit à une vente massive d'actions qui fut la conséquence d’une compression des multiples, alors que les gains à terme ont en réalité augmenté de 2 %.

La vente massive de titres en début de mois a eu un impact sur presque tous les marchés dans le monde. De nombreux indices étaient proches de rendements négatifs à deux chiffres au creux de la baisse. En milieu de mois, les actions se sont redressées de façon globale. En moyenne, les marchés ont terminé le mois en baisse entre 3 et 4 %. Le Brésil a surperformé, avec un rendement de +0,52 %. Les entreprises technologiques se sont mieux redressées, le Nasdaq ayant perdu 1,38 % et le S&P 500 terminant le mois avec un recul de près de 4 %.

Les bons du Trésor américain ont continué à augmenter au cours du mois de février, le 10 ans américain flirtant autour de la barre des 3 %. Les taux américains ont augmenté en moyenne de 0,20 % sur les différentes échéances. Les taux européens ont été plutôt stables. En février, le cours du dollar américain s’est inversé et a gagné 3,17 % par rapport à la livre sterling et 1,66 % par rapport à l'euro. Les matières premières ont été parmi les plus performantes au cours du mois, le maïs, le coton, le sucre et le soja ayant gagné entre 1,5 % et 5 %. Après cinq années de déclin, la demande dépasse l'offre. Les métaux liés à la fabrication des batteries continuent d'augmenter. Les matières premières comme le prix du pétrole brut WTI, le cuivre, l'or et l'argent ont vu leur valeur baisser.

L'indice HFRX Global Hedge Fund en euros a baissé de 2,72 %.

Long short equity

Contrairement à d'autres mouvements baissiers récents, il n'y a pas eu de forte rotation sectorielle ou de changement de stratégie au cours du mois de février. La correction a été principalement due à une une réévaluation des risques conduisant à une baisse à tous les niveaux. Sur le marché américain, le secteur de la technologie a de nouveau surperformé suivi des secteurs de la finance et des matériaux. Les retardataires ont été principalement des sociétés touchées par la révision des taux d'intérêt, ce qui a eu des répercussions sur les sociétés à fort effet de levier ou les sociétés sensibles à l’évolution des taux. La dispersion de la performance a été élevée parmi les gestionnaires de portefeuilles actions long/short.

Depuis un certain temps, les plus performants ont été les fonds d’investissement long/short en actions qui ont pris des positions longues sur des secteurs traditionnellement gagnants comme les médias sociaux et des positions courtes dans des secteurs en déclin comme les journaux traditionnels. Cela se produit généralement dans un fonds prenant des positions intersectorielles ou qui était long sur la nouvelle économie et court sur l’économie traditionnelle. L’attention des investisseurs sera attirée sur les fondamentaux de l'entreprise avec la remontée du cours des actions et l’envolée des taux d’intérêt. Nous pensons que cela favorisera les positions intra-sectorielles en raison d'une plus grande dispersion et de plus d'opportunités pour des stratégies telles que les fonds market -neutral dont l'exposition nette plus faible pourrait offrir une meilleure protection contre les corrections de marché.


Global Macro

La traversée du désert semble s'achever pour les gestionnaires Global Macro mondiaux. Depuis des années, les banquiers centraux ont mené la danse en maintenant des taux « planchers ». L’impact est important, car la confiance joue un rôle important dans les mouvements de marché. Par conséquent, de nombreux gestionnaires macro ont affiché des résultats décevants. Avec le retrait des banques centrales, le risque dinvestissement sera réévalué, ce qui entraînera des changements importants dans les prix des actifs. Nos stratégies macro seront capables d’exploiter et tirer parti de ces grands changements de marché.


Quant strategies

Les fonds Quant ont fait la une des journaux au cours du mois de février en raison de lourdes pertes présumées. Tout le monde n’a pas été concerné mais principalement les stratégies de suivi de tendances qui avaient une position très longue en actions durant le mois. On a aussi beaucoup écrit sur l'échec spectaculaire d'un ETF à faible volatilité qui a perdu 90 % de ses actifs en une journée à cause du pic de volatilité. Les modèles orientés sur le court terme on été profitables en février. Une augmentation de la volatilité des marchés sera bénéfique pour les fonds quantitatifs et permettra de nouvelles opportunités.

 

Fixed Income Arbitrage

Nous avons maintenu inchangée notre allocation d'arbitrage de produits de taux. En dépit des arguments énoncéspar les banques centrales et qui devrait en définitive conduire à des taux plus élevés, la volatilité est restée modérée. L'accès aux marchés aux États-Unis n'avait pas posé de problème ces derniers mois, car les opportunités s'étaient réduites. Toutefois, nous sommes restés confiants envers cette stratégie, l'Europe et le Japon ayant offert des opportunités intéressantes, nous avons attendu avec intérêt les échéances de décembre. Tous les gestionnaires de ce segment ont obtenu, en rythme annuel, de solides rendements corrigés du risque tout en étant positivement exposés à la volatilité.

 

Marchés émergents

Même si les marchés émergents continuent d’être regardés avec méfiance et d’être considérés comme fortement dépendants du dollar, cette région, il ne faut pas l'oublier, couvre des zones économiques très hétérogènes comme la Chine, le Brésil et la Russie. En moyenne, par rapport aux pays développés, ils ont des économies moins diversifiées et moins robustes, mais aussi moins endettées, ont une meilleure composante démographique et connaissent une croissance plus rapide. Nous pensons que ces caractéristiques permettent d’offrir encore beaucoup d’opportunités d'investissement parmi les différentes classes d'actifs (devises, courbe de taux, positions individuelles actions et obligations).


Risk arbitrage – Event-driven

Bien que cette stratégie ait permis des rendements corrects en 2017, elle n'a pas répondu aux attentes promises par la politique de Donald Trump. Les entreprises sont restées dans l’expectative en attendant des éclaircissements.en raison des nombreuses incertitudes engendrées par les rumeurs politiques en provenance de Washington. Au cours du mois de février, les stratégies événementielles ont également été affectées par les mouvements du marché, en particulier les gestionnaires de situations particulières ayant une plus grande exposition au marché. La performance des fonds d'arbitrage de fusions et acquisitions a été plus dispersée, en raison de la résilience des marges sur les transactions et du développement d’opérations d‘acquisitions dans les médias.

Maintenant que le nouveau régime fiscal américain est en place, l’année a commencé par un mois record en termes d’annonces de rachat par les grandes entreprises américaines. Nous pensons qu'il y a encore beaucoup d'opportunités à saisir en 2018. Les entreprises traditionnelles, par exemple, visent une consolidation plus poussée pour pouvoir faire face aux géants de la technologie. Des champions européens sont créés via des fusions et l'empressement de la Chine à acheter des entreprises étrangères va apporter des améliorations technologiques.


Distressed

Nous surveillons de près les gestionnaires en difficulté, en raison de la génération potentielle de rendements élevés mais nous demeurons généralement en retrait parce que l'environnement actuel continue de réapprécier le risque. Le marché commence à réévaluer le risque, mais les spreads très étroits offrent des risques négatifs asymétriques. Néanmoins, il y a eu quelques ombres au tableau car le marché et/ou les banques ont puni sévèrement les entreprises à fort effet de levier qui n'ont pas tenu leurs promesses ou dont la trésorerie semblait trop tendue pour que l’entreprise soit viable. Le secteur de l'énergie, qui a fait l’objet d’émissions massives ces dernières années, a jusqu'ici présenté de nombreuses opportunités intéressantes en raison de la volatilité des cours pétroliers et de son impact sur ces titres. Les entreprises de type « brick and mortar » (commerces physiques), durement touchées par les innovations technologiques sont sujettes à de nombreux bouleversements dans leur secteur.


Long short credit & High yield 

La quête de rendement et l’environnement de taux proches de zéro (voire négatifs) continuent de soutenir vivement la classe d'actifs mais la volatilité pourrait s’élever fortement si des changements soudains dans la politique monétaire surprennent le marché.