23 MAI

2017

L’événement majeur ayant marqué le mois d'avril est bien évidemment l’élection présidentielle française et sa répercussion sur les grandes économies du monde. Le deuxième trimestre a débuté par un accès d'aversion au risque qui s’est propagé jusqu’aux élections ; la victoire d’Emmanuel Macron a cependant apaisé les marchés, ce qui leur a permis de se recentrer sur l'amélioration des perspectives économiques.

Les actions se sont bien comportées, en particulier en seconde partie de mois, et les titres européens ont surperformé leurs homologues américains. Les actions des marchés émergents ont par ailleurs bénéficié du dénouement du « Trump trade », le MSCI Emerging Markets s'adjugeant 2 %. Si l'économie s’améliore à l'échelon mondial, les taux des obligations des marchés développés à échéance lointaine ont affiché 0,05 % et 0,1 %. La France a généré le meilleur rebond, avec -0,2 % pour les échéances supérieures à un an dès le premier tour des élections présidentielles.

Le dollar a poursuivi sur sa tendance à la baisse face à la plupart des autres devises des marchés développés ; la paire USD/EUR s'échangeait à 1,08 à la fin du mois. Parmi les matières premières, le pétrole reste volatil et se maintient autour des 50 dollars le baril.

L’indice HFRX Global Hedge Fund a généré 0,24 % durant le mois.


STRATEGIE LONG/SHORT SUR ACTIONS

Les investisseurs se montrent moins inquiets quant à l’issue des élections, les derniers résultats s’étant révélés plutôt favorables au marché. Les incertitudes économiques restent néanmoins bien présentes, l'étape difficile de la mise en œuvre du programme politique ne faisant que tout juste commencer. Pour refléter l’évolution du marché avec la hausse des investissements passifs et la difficulté de procéder à des ventes à découvert, nous avons maintenu notre positionnement neutre envers cette stratégie. Le récent processus de normalisation poursuit sa trajectoire et nous nous intéressons progressivement aux gérants pro-cycliques qui sont, à notre sens, mieux positionnés pour exploiter les éventuelles mesures favorables aux entreprises promises par les nouveaux gouvernements aux États-Unis et en Europe.

GLOBAL MACRO

Ces trois derniers mois, portés par les anticipations d'un plan de relance budgétaire et d'une dérèglementation aux États-Unis, ainsi que par de solides statistiques à venir, les marchés boursiers des pays développés se sont de nouveau appréciés. Cet optimisme s’est quelque peu étiolé vers la fin du trimestre et la tendance s’est poursuivie au deuxième trimestrel’administration Donald Trump ayant rencontré des difficultés dans l’adoption de ses nouvelles réformes sur la santé. Le slogan de campagne « Make America great again » (redonner aux États-Unis toute leur grandeur) pourrait prendre plus de temps qu’initialement prévu avant de se concrétiser. Les résultats des élections aux Pays-Bas et en France ont permis aux marchés de se stabiliser, mais les incertitudes économiques subsistent toutefois. Les cours des actifs devraient selon nous continuer d’observer d’importantes fluctuations à mesure que les anticipations se matérialisent. Nos stratégies macroéconomiques seront capables d’exploiter et tirer parti de ces grands changements de marché, grâce à une hausse de la volatilité des taux et des devises. Notre poche Global Macro peut compenser notre exposition nette longue car elle investit dans différents facteurs de risque de nos fonds actions 

STRATEGIES QUANTITATIVES

Les stratégies quantitatives ont terminé le mois d'avril avec une performance atone. Les stratégies Momentum et Quality ont généré de belles performances en Europe ainsi qu’aux États-Unis, tandis que la stratégie Value s’est bien comportée sur l’ensemble des régions. Les modèles de suivi de tendance à long terme ainsi que le portage ont souffert des fluctuations des devises. Les positions vendeuses de volatilité demeurent une stratégie positive mais, dans l’ensemble, une hausse de la volatilité permettrait d’augmenter le nombre d’opportunités au sein de notre poche quantitative.   

ARBITRAGE DE PRODUITS DE TAUX

Nous avons maintenu inchangée notre allocation d'arbitrage de produits de taux. À l’issue des élections présidentielles en France, le spread s’est resserré entre les taux français et allemand, et les spreads de swaps européens ont retrouvé leurs niveaux du mois de décembre 2016. À l’inverse, la volatilité s’est légèrement accentuée sur les taux d'intérêt dans la zone euro.

Le spread du Libor et des swaps indexés sur le taux à un jour aux États-Unis a de nouveau atteint des planchers historiques et renoué avec son précédent régime de prix.

MARCHES EMERGENTS

Si les marchés émergents offrent toujours de nombreuses opportunités d’investissement parmi les différentes classes d'actifs (devise, courbe de taux, positions individuelles actions et obligations), le marché se rapproche de sa juste valeur après un rebond de 18 mois. Pour exploiter ces opportunités, nous avons investi dans des gérants macro mondiaux, dont certains se spécialisent sur une région en particulier (comme par exemple l'Asie), ainsi que dans des gérants locaux capables d'effectuer une analyse fondamentale et des visites de terrain auprès des sociétés pour leur sélection de valeurs. Le Brésil et le Venezuela ont connu d’importants pics de volatilité ces dernières semaines.

ARBITRAGE DE RISQUE EVENT DRIVEN

Nous devenons plus positifs vis-à-vis de cette stratégie, mais restons toutefois conscients des risques liés à notre biais net acheteur des gérants « event ». Le nombre de transactions pourrait augmenter dans l'éventualité d'un renforcement de la dérèglementation. Dans un tel cas, les importants soldes de trésorerie des entreprises américaines affectés à l'étranger pourraient être rapatriés, voire utilisés dans le cadre d'acquisitions.

Les investissements dans les gérants « event » européens auxquels nous nous intéressons bénéficieront de la nécessité d'une importante croissance.

En ce qui concerne l’arbitrage de fusions et acquisitions, nous privilégions les gérants moins statiques et davantage orientés vers des spreads plus larges, les marges moyennes des opérations s’étant significativement compressées.

ENTREPRISES EN DIFFICULTES

Nous sommes davantage optimistes vis-à-vis de la dette d'entreprises dite « distressed », qui profite de la hausse potentielle des taux d'intérêt et de la réduction des mesures de soutien. Le secteur de l'énergie, qui a fait l’objet d’émissions massives ces dernières années, a jusqu'ici présenté de nombreuses opportunités intéressantes en raison de la volatilité des cours pétroliers et de l’impact sur ces titres. Les marchés émergents offrent également des opportunités grâce à la vigueur du dollar et au relèvement des taux d'intérêt.

STRATEGIES LONG SHORT SUR LE CREDIT ET LE HAUT RENDEMENT

Nous restons prudents vis-à-vis de cette stratégie car la classe d'actifs est davantage portée que les marges de crédit par la trajectoire des taux d'intérêt. La quête de rendement et l'environnement de taux proches de zéro voire négatifs continueront de soutenir vivement cett classe d'actifs et la possibilité de générer une performance sur la partie courte se révèle être un véritable défi.