20 JUIN

2018

Performance absolue , Stratégies d'investissement mensuelles , Thèmes

Les états-unis et la politique « america first » entretiennent un climat agité sur les marchés mondiaux

Les mesures découlant du paradigme « America First » continuent de représenter l’un des principaux facteurs dominant le sentiment des investisseurs à travers le monde. Les menaces de tarifs douaniers imposés unilatérallement par l’administration Trump entretiennent un niveau d’incertitude inconfortable. Parallèllement, l’Argentine et l’Italie ont enregistré un sérieux avertissement, impliquant une réévaluation  de leurs actifs financiers. 

Au cours du mois, les actions américaines ont surperformé celles cotées dans le reste du monde. L’indice S&P 500 a affiché une hausse de 2,16 % et le Nasdaq, entraîné par le bon comportement des valeurs technologiques et des valeurs de croissance en général, a gagné 5,48 %. Les actions européennes ont chuté, en raison des incertitudes politiques italiennes. L’indice MSCI Europe (-0,64 %) a affiché une légère baisse, tandis que l’indice Euro Stoxx 50, davantage exposé aux valeurs financières, s’est replié de 3,67 %. Sans surprise, l’indice FTSE MIB a sous-perfomé les autres indices européens, perdant 9,15 %. L’Amérique latine ne s’est pas bien comportée durant le mois, après le relèvement des taux en Argentine et la propagation d’une aversion au risque généralisée sur les marchés émergents. L’indice argentin Merval s’est inscrit en baisse de 4,14 %, tandis que les indices Ibovespa et Mexbol ont chuté respectivement de -9,22% et de -6,47%. En Asie, l’indice de la bourse de Taiwan a surperformé, grâce au rebond des semi-conducteurs.

Du côté obligataire, la réévaluation des émissions italiennes a constitué le principal évènement. Les rendements des emprunts d’État italiens se sont sensiblement tendus, notamment ceux des émissions à moyen terme, lesquels ont progressé de plus de 100 pb. Un mouvement de fuite vers la qualité a généré une détente des rendements à moyen et long terme allemands d’environ 20 pb. Le dollar s’est renchéri par rapport à toutes les principales devises, gagnant, par exemple, +3,55 % par rapport à l’euro. Les devises argentine et turque ont payé le prix de la faiblesse économique ou politique, perdant respectivement  17,40 % et 10,33 %. 

L’indice HFRX Global Hedge Fund EUR est resté inchangé, à +0,01%.

Long/short equity

Les fonds actions long/short ont, en moyenne, affiché une performance solide durant le mois, grâce, essentiellement, à l’alpha généré sur leurs positions acheteuses. Cependant, les stratégies long/short liées à la technologie se sont particulièrement distinguées, car elles ont profité de la reprise du segment des semi-conducteurs. En outre, les gérants ayant un style d’investissement axé sur les valeurs de croissance ont eu tendance à surperformer les gérants fondamentaux de style value. Les gérants actions long/short continuent d’être une option intéressante, car ils disposent d’une palette d’outils plus large pour tirer le meilleur parti de ce stade avancé du cycle économique. Leur exposition nette plus faible offrira une protection structurelle dans le cas de lourdes pertes sur le marché et les paris vendeurs sur des secteurs en difficulté ou sur des titres surévalués apporteront de la valeur aux performances de leurs fonds.  


Global Macro

Le mois de mai a été essentiellement bénéfique pour les gérants ayant une orientation baissière. Ces derniers ont réalisé des gains sur leurs positions vendeuses sur les marchés émergents, plus spécifiquement en Turquie, en Argentine et en Europe périphérique. Les performances ont affiché de fortes dispersions entre les gérants, certains fonds faisant la une de l’actualité en raison du caractère très prononcé de leur surperformance ou sous-performance. Nos stratégies Global Macro continuent d’offrir de nombreuses opportunités d’investissement, lesquelles, en thérorie, devraient bénéficier de la réévaluation actuelle du risque des actifs. L’inflexion du cycle économique créera des opportunités dans des classes d’actifs telles que les obligations, grâce à des choix directionnels (acheteurs ou vendeurs), ou de valeur relative, permettant de profiter de l’élargissement des spreads de crédit. Les stratégies macroéconomiques seront capables de capturer et de tirer parti de ces grands changements de marché.


Stratégies quantitatives

L’environnement de marché et l’accélération de la volatilité ont accentué la pression sur les modèles de suivi de tendance et sur les stratégies systématiques macro. Néanmoins, la hausse de la volatilité s’est avérée favorable aux stratégies actions de valeur relative (en termes de prix ou de fondamentaux), lesquelles ont généré de solides performances en mai.  

 

Fixed Income Arbitrage

Nous avons maintenu inchangée notre allocation envers cette stratégie. En dépit de dynamiques opposées sur les marchés des taux d’intérêt, l’équilibre entre acheteurs et vendeurs de bons du Trésor américain a laissé peu de place aux arbitrages sur les marchés au comptant ou sur les contrats à terme.

Après avoir atteint un pic historique en avril, le spread du Libor et des swaps indexés sur le taux à un jour aux États-Unis s’est replié de 20 pb. Entre-temps, les spreads de swaps américains à 10 ans ne se trouvent plus en terrain négatif et le spread de swaps de devises à court terme s’est resserré.

En revanche, le marché européen a été plus turbulent sur son flan périphérique, le marché italien ayant déclenché un élargissement du spread cœur/périphérie très prononcé.

Depuis le début de l’année, tous les gestionnaires des stratégies d’arbitage de produits de taux ont généré de solides rendements ajustés du risque, tout en étant positivement exposés à la volatilité.

 

Marchés émergents

Le sentiment d’aversion au risque s’est propagé de l’Argentine et de la Turquie au reste des marchés émergents. Les investisseurs sont préoccupés par l’impact que le dollar fort aura sur des économies affichant un pourcentage élevé de dette libellée en dollars. En moyenne, les fonds alternatifs étaient acheteurs nets  sur les marchés émergents et ont profité de la correction pour prendre des positions acheteuses en Amérique latine et en Asie. Même si nous pensons que les marchés émergents continuent d’offrir un nombre important d’opportunités dans toutes les classes d’actifs (devises, taux d’intérêt et titres), nous allons continuer de les surveiller de près.

 

Risk arbitrage – Event-driven

La performance des gestionnaires de stratégies évènementielles s’est montrée, en moyenne, positive durant le mois. Au sein de ce segment, les stratégies Merger Arbitrage ont réalisé un très beau parcours. Les marchés ont eu le sentiment d’un apaisement des tensions entre la Chine et l’administration Trump. Ceci a entraîné un resserrement des marges sur les opérations de fusions et acquisitions (ces marges s’étaient élargies le mois dernier pour les raisons opposées).

 

Entreprises en difficulté

Nous surveillons étroitement les gestionnaires de ces stratégies, en raison de la génération de rendements potentiellement élevés, mais nous restons généralement en retrait, car l’environnement actuel continue de favoriser la réappréciation du risque. Le marché commence à réévaluer le risque, mais les spreads très étroits offrent des risques asymétriques négatifs. Le segment du haut rendement a connu d’importantes sorties de capitaux et un élargissement des spreads après la chute enregistrée par les marchés au mois de février, mais cette tendance s’est inversée.  

 

Stratégie long short crédit & high yield

La quête de rendement s’est avérée plus difficile depuis le début de l’année, tant en Europe qu’aux États-Unis. L’environnement présente un caractère complexe, en raison de l’accélération de la volatilité et du manque de visibilité dans les deux grandes régions, à différents moments du cycle de crédit. Nous restons par conséquent très prudents dans ce domaine.