24 NOV.

2017

Performance absolue , Stratégies d'investissement mensuelles , Thèmes

La croissance mondiale tourne à plein régime

On ne peut pas dire qu’il n’ait pas eu de mauvaises nouvelles en octobre, mais le marché a préféré se concentrer sur les bonnes nouvelles. Le défaut de paiement du Venezuela est resté contenu au niveau local et l’aspiration à l’indépendance du parlement catalan n’a pas déclenché de mouvement de baisse généralisé du marché.

Les actions sont restées soutenues, l’économie mondiale enregistrant sa plus forte croissance depuis longtemps. Le Japon se distingue, avec une progression de 8,13 % du Nikkei 225. Les rendements souverains n’ont pas beaucoup bougé. Bien que la Fed ait manifesté son intention de poursuivre une normalisation des taux, le spread entre les taux américains à 2 et 10 ans est resté peu élevé – signe peut-être que les investisseurs attendent des chiffres d’inflation plus solides. En ce qui concerne les matières premières, le WTI a gagné un peu plus de 5 % suite aux tensions politiques dans le Moyen-Orient. Les métaux précieux sont restés à peu près stables, le cuivre et l’acier reculant en raison d’une baisse attendue de la demande. Le cobalt et le palladium font partie des quelques métaux qui augmentent en raison de l’engouement pour les véhicules électriques. En octobre, le dollar s’est apprécié par rapport à la plupart des devises, gagnant  même 1,65 % contre l’euro pour finir le mois à 1,165.

L’indice HFRX Global Hedge Fund EUR a gagné 0,50 %.

STRATEGIE Long short ACTIONS

Dans l’ensemble, le mois d’octobre a été un bon mois pour les gestionnaires actions long/short. On observe toutefois une certaine dispersion entre les régions et les styles. Les États-Unis et l’Asie ont été acheteurs nets d’actions tandis que les fonds européens ont été vendeurs nets, inversant la tendance du mois dernier. Aux États-Unis, les technologies ont été le secteur le plus acheté, favorisant les gestionnaires spécialisés dans ce secteur, tandis que ceux du secteur de la santé ont fait moins bien en raison de la sous-performance de leurs positions acheteuses par rapport aux positions vendeuses. Si les fonds asiatiques ont réduit leur exposition brute en cédant certaines valeurs technologiques, la région s’est bien comportée, grâce notamment à la contribution du Japon après la réélection de Shinzo Abe. Les marchés européens sont restés plus stables, à cause probablement de la crise politique en Espagne et du risque d’impasse en Allemagne dans les efforts de formation d’un gouvernement. Beaucoup de gestionnaires européens restent convaincus que la robustesse actuelle de l’économie, avec une sous-pondération des actions européennes dans les portefeuilles et des valorisations relativement moins chères que d’autres actifs, en font une opportunité d’investissement très attrayante pour les trimestres à venir. Ils l’expriment en augmentant leur exposition nette aux valeurs cycliques européennes au détriment des titres défensifs jugés au bon prix. La récente normalisation se poursuit et les investisseurs ont plus d’informations sur les points d’incertitude qui les inquiétaient. L’administration Trump a officialisé le choix du futur président de la Réserve fédérale : Jérôme Powell. De son côté, la BCE a validé le scénario attendu de réduction de son programme d’assouplissement quantitatif à compter de janvier 2018, tout en conservant une attitude conciliante quant à une éventuelle prolongation du programme.


STRATEGIE GLOBAL MACRO

Les rendements d’octobre des gestionnaires global macro sont dispersés. Les gestionnaires systématiques ont eu tendance à surperformer en raison de leurs positions acheteuses sur les indices actions (principaux contributeurs à la performance du mois), tandis que les plus mauvaises performances correspondent principalement à des fonds ayant des positions longues sur les obligations portoricaines. En raison de la phase de transition actuelle des programmes de soutien des banques centrales, le positionnement des fonds a tendance à être très hétérogène, ce qui se traduit par une forte dispersion des performances. Nous pensons que d’importantes fluctuations de prix continueront de se produire à mesure que les anticipations s’adaptent à la réalité. Les stratégies macro pourront bénéficier de ces importantes fluctuations de marché grâce à l’augmentation de la volatilité sur les taux et les devises. Notre allocationGlobal Macro pourrait équilibrer la position nette acheteuse car il investit sur plusieurs facteurs de risque affectant nos fonds actions.


STRATEGIES QUANTITATIVES

Depuis le début de l’année, les stratégies quantitatives ont eu du mal à afficher des rendements positifs. Les modèles LT ont été moins affectés par les inversions récentes du sentiment de marché à court terme. En dehors d’événements ponctuels tels que les tensions de l’été entre la Corée du Nord et les États-Unis, les indices de volatilité sont restés proches de leurs points les plus bas aux États-Unis comme en Europe, ce qui constitue un facteur défavorable pour la plupart des stratégies. La volatilité courte reste une stratégie positive, mais dans l’ensemble, une hausse de la volatilité augmenterait le nombre d’opportunités dans notre allocation quantitative.

 

ARBITRAGE PRODUITS DE TAUX

Nous avons maintenu notre allocation aux arbitrages obligataires au même niveau. Malgré le discours plus appuyé des banques centrales, qui devrait finir par entraîner une hausse des taux, la volatilité est restée modérée. L’accès aux lignes de bilan n’a pas été un problème aux États-Unis ces derniers mois, car les oppportunités se sont réduites. Nous restons convaincus de l’intérêt de la stratégie, car l’Europe et le Japon offrent toujours des opportunités intéressantes.


MARCHÉS ÉMERGENTS  

Sur l’année en cours, les gestionnaires émergents macro réussissent à générer des rendements en Asie et en Amérique latine. Malgré les soucis de liquidité de Porto Rico et du Venezuela en octobre, ces crises sont restées contenues au niveau local. La plupart de nos gestionnaires sont arrivés à générer des rendements positifs, à l’exception d’un gestionnaire très investi sur Porto Rico. Les marchés émergents continuent d’offrir de nombreuses opportunités d’investissement sur l’ensemble des classes d’actifs (devises, courbe des taux, actions et obligations).


ARBITRAGE DE RISQUE – EVENT DRIVEN

Nous sommes plus optimistes à l’égard de cette stratégie, tout en restant conscients des risques liés au biais net acheteur des gestionnaires event-driven. Si la confiance des dirigeants d’entreprises n’est pas affectée par des faux-pas politiques, toute déréglementation intervenant aux États-Unis, mais également en Europe, pourrait se traduire par un nombre accru d’opérations. En effet, d’importantes liquidités conservées à l’étranger par les entreprises américaines pourraient alors être rapatriées et servir à d’éventuels rachats. Il semble que nous nous rapprochions de la réforme fiscale tant attendue. Malgré le regain d’optimisme quant à la capacité du Congrès à aboutir à un résultat, il reste encore beaucoup d’incertitude sur les détails. Dans les stratégies de fusions et acquisitions, nous privilégions les gestionnaires moins statiques et plus tournés vers les opérations de spread.


ENTREPRISES EN DIFFICULTÉ

Nous sommes plus haussiers sur le cycle des entreprises en difficulté, en raison de la hausse probable des taux d’intérêt et de la réduction de l’assouplissement quantitatif. Le secteur de l’énergie, qui a enregistré des émissions massives ces dernières années, a offert jusqu’à présent une bonne réserve d’opportunités en raison de la volatilité des cours du pétrole et de l’impact sur ces titres. Les détaillants traditionnels sont gravement touchés par les innovations technologiques et offrent quantité de dislocations au sein du secteur.


CRÉDIT LONG/SHORT & HIGH YIELD

Bien que la quête de rendement et l’environnement de taux proches de zéro continuent d’apporter un solide soutien à cette classe d’actifs, la volatilité pourrait monter en flèche si des changements rapides de politique monétaire surprenaient le marché.