14 JUIN

2017

Performance absolue , Thèmes

"En marche"... Mais vers où ?

Fin 2016, l’avenir de l’Union européenne semblait compromis par le vote sur le « Brexit » et par certaines élections nationales, dont les résultats auraient pu signifier le début de la fin de ce partenariat politique et économique. Aujourd’hui, malgré bien des problèmes non encore résolus, les manchettes de journaux ne portent que sur Trump & la Russie; Temer & le Brésil et le Qatar & le Moyen orient. En Europe, l’amélioration des fondamentaux économiques et des perspectives politiques, ramène les investisseurs vers ces actifs.

Les indices en actions se sont bien comportés dans l’ensemble, excepté dans certaines régions comme le Brésil, frappé par des scandales politiques. Le secteur technologique a été un moteur de performance, masquant les difficultés rencontrées par certains acteurs (énergie, grands magasins, …). L’effet peut être constaté sur le spread entre le Nasdaq 100 (+6,11%) et l’indice Russell 2000 (-2,16%), ce dernier étant moins exposé à la technologie et plus exposé à l’énergie. La dynamique positive en Europe a permis à l’euro de gagner 3,22 % face au dollar. Les spreads obligataires n’ont pas bougé de façon significative.

Au cours du mois de mai, l’indice HFRX Global Hedge Fund est demeuré pour l’essentiel inchangé, générant un rendement de +0,06%.


Stratégie Long short equity

Depuis la fin du premier trimestre 2017, les secteurs devant bénéficier des politiques de Donald Trump ont été relégués à l’arrière plan, en raison de toutes les incertitudes entourant la nouvelle administration américaine. Les valeurs technologiques ont pris le dessus, portant les indices vers de nouveaux sommets. Les valorisations tendues aux États-Unis et les données économiques échouant à confirmer le sentiment positif reflété par les indices, ont conduit les investisseurs à augmenter leurs allocations dédiées à l’Europe, une région dont les perspectives s’améliorent. Afin de nous adapter à l’évolution du marché, à la hausse de l’investissement passif et à la difficulté de procéder à des ventes à découvert, nous avons maintenu notre biais neutre vis-à-vis de cette stratégie. Le récent processus de « renormalisation » continue à se dérouler et nous nous intéressons progressivement à des gérants plus pro-cycliques qui, selon nous, serons mieux armés pour tirer parti des possibles mesures favorables aux entreprises, promises aux États-Unis et en Europe.

Stratégie Global Macro

Au cours du trimestre passé, les marchés des actions des pays développés – alimentés par des anticipations de relance budgétaire et de dérégulation aux États-Unis et par de nouvelles données économiques vigoureuses – ont continué à se raffermir. Cet optimisme s’est quelque peu estompé en fin de trimestre et la tendance s’est poursuivie au cours du deuxième trimestre, en raison des difficultés rencontrées par l’administration Trump pour faire adopter sa nouvelle réforme de santé. Le slogan « Making America Great Again » (rendre à l’Amérique sa grandeur) va prendre plus de temps à se concrétiser qu’initialiement prévu. Les résultats des élections néerlandaises et françaises ont permis aux marchés de se stabiliser mais les incertitudes économiques ne se sont pas dissipées. Les cours des actifs devraient, selon nous, continué à enregistrer d’importantes fluctuations, à mesure que les anticipations se matérialisent. Les stratégies Macro seront capables de capturer et de tirer parti de ces grandes variations du marché, grâce à la hausse de la volatilité sur les taux et les dévises. Notre poche Global Macro peut compenser notre exposition nette acheteuse, étant donné qu’elle investit dans des facteurs de risque différents de ceux de nos fonds actions.

Stratégies Quantitatives

Au cours du deuxième trimestre 2017, les stratégies quantitatives ont eu du mal à générer des performances positives. Les modèles à long terme ont été les moins affectés par les revirements récents dans le sentiment du marché à court terme. Les modèles de suivi de tendances à long terme et le portage ont souffert des fluctuations sur les devises. Les stratégies Momentum et Quality ont affiché de belles performances en Europe et aux États-Unis. Les positions vendeuses de volatilité continuent à former une stratégie positive mais, dans l’ensemble, une hausse de la volatilité permettrait d’accroître le nombre d’opportunités au sein de notre poche quantitative.

Arbitrage de produits taux

Nous avons maintenu inchangée notre allocation à l’arbitrage de produits de taux. A l’issue des élections françaises, le spread de taux entre l’Allemagne et la France s’est réduit et les spreads de swaps européens ont retrouvé leurs niveaux de décembre 2016. La volatilité sur les taux d’intérêt a considérablement reculé en Allemagne et aux États-Unis.

Le spread du Libor et des swaps indexés sur le taux à un jour aux États-Unis est revenu vers les niveaux de plancher historiques et a renoué avec son régime de prix passé.  

Marchés émergents

Si les marchés émergents offrent toujours de nombreuses opportunités d’investissement au sein des différentes classes d’actifs (devise, courbe de taux, action et obligation spécifiques), le marché se rappoche de sa juste valeur après un rebond de 18 mois. Afin d’exploiter ces opportunités, nous avons investi dans des gérants macro mondiaux, dont certains sont spécialisés dans une région spécifique (comme l’Asie, par exemple), et dans des gérants locaux, qui procèdent à une analyse fondamentale et réalisent des visites sur le terrain auprès des sociétés, afin de sélectionner les valeurs. Si le Brésil et le Vénézuela ont, tous deux, connu une recrudescence considérable de la volatilité ces dernières semaines, nos gérants se sont montrés capables de naviguer à travers le processus de liquidation massive.

Risque arbitrage - "Event driven"

Nous devenons plus positifs envers cette stratégie, tout en restant conscients des risques liés au biais net acheteur des gérants de stratégies « event». Le nombre de transactions pourrait augmenter si un certain niveau de dérégulation est mis en place. Dans un tel cas, les importants soldes de trésorerie des entreprises américaines affectés à l’étranger, pourraient être rapatriés et utilisés dans le cadre d’acquisitions. 

Les investissements dans des gérants européens « event » que nous étudions, bénéficieront de la nécéssité d’une croissance ciblée. En ce qui concerne l’arbitrage de fusions et acquisitions, nous privilégions les gérants moins statiques et davantage orientés vers un positionnement sur des spreads plus larges, la marge moyenne sur les transactions s’étant considérablement comprimée. 

Entreprises en difficulté

Nous sommes advantage optimistes en ce qui concerne le cycle de la dette d’entreprises en difficulté, en raison de la hausse potentielle des taux d’intérêt et de la réduction des mesures de soutien. Le secteur de l’énergie, qui a fait l’objet d’émissions massives ces dernières années, a jusqu’ici présenté de nombreuses opportunités intéressantes, grâce à la volatilité des cours du pétrole et à son impact sur ces titres. Les marchés émergents peuvent également offrir des opportunités grâce à la vigueur du dollar et au relèvement des taux d’intérêt.    

Stratégie Long short credit & High yield

Nous restons prudents vis-à-vis de cette stratégie, cette classe d’actifs étant plus sensible à la trajectoire des taux d’intérêt que ne le sont les spreads de crédit. La quête de rendement et l’environnement des taux proches de zéro voire négatifs, vont continuer à fortement soutenir cette classe d’actifs, et la possibilité de générer de la performance sur la partie courte relève du défi.