16 AOÛT

2017

Allocation d'actifs , Thèmes

L’expansion mondiale se poursuit

Résumé

  • Malgré un récent fléchissement de l’activité, l’expansion mondiale menée par la zone euro se poursuit.
  • Bien que les banques centrales s’orientent doucement vers un resserrement très progressif, la divergence de politique monétaire devrait perdurer.
  • La principale question pour les mois à venir sera la résilience des marchés actions face à cette tendance au resserrement.
  • Toujours positifs sur les actions, nous avons réduit tactiquement notre surpondération au dollar, car le taux de change EUR/USD a franchi des niveaux clés de résistance. 




Principales convictions

  • L’expansion mondiale se poursuit, se maintenant à un haut niveau malgré le récent fléchissement de l’activité dans la zone euro.La croissance du PIB de la zone euro s’est également accélérée, la confiance atteignant de nouveaux sommets. En parallèle, aux États-Unis, les surprises économiques continuent de se remettre de leurs niveaux extrêmement négatifs grâce à un bien meilleur second trimestre, avec un taux de croissance annuel du PIB de 2,6 % sur cette période, tandis que les révisions des comptes nationaux font ressortir une activité légèrement moins dynamique d’une année sur l’autre. Le FMI a toutefois révisé à la baisse les prévisions de croissance du pays pour 2017 et 2018 dans la perspective d’une relance budgétaire modérée. Malgré cette dynamique globalement positive au niveau mondial, la remontée de l’inflation met plus longtemps que prévu à se manifester et dépendra à la fois de l’évolution des prix du pétrole et des taux de change. En outre, même si les craintes de protectionnisme se sont atténuées (Chine, NAFTA), elles n’ont pas complètement disparu. Dans ce contexte, nous maintenons une surpondération aux actions avec de fortes convictions régionales en faveur de la zone euro, le Japon et les marchés émergents, tout en conservant un biais court sur la duration.
  • Le risque politique s’est déplacé de l’Europe vers les États-Unis. Nous pensons qu’avec les élections françaises, nous avons passé le pic de l’incertitude politique au sein de la zone euro, le risque politique italien apparaissant gérable  à moyen terme et déjà intégré par les marchés. Aux États-Unis, l’effondrement de la réforme de la santé au Congrès compromet les progrès de Donald Trump sur les réformes et mesures fiscales promises, tandis que sa cote de popularité est en train de chuter. Le dérapage du calendrier des mesures de relance budgétaire continue d’être source d’incertitude.. Nous attendons d’avoir plus de visibilité pour prendre une position plus positive : au niveau national, sur les mesures de relance budgétaire, de réduction d’impôts et de déréglementation, au niveau international, sur les tensions géopolitiques avec la Syrie, la Russie, l’Iran et la Corée du Nord
  • Les banques centrales sont en première ligne mais la divergence de politique monétaire entre les deux côtés de l’Atlantique devrait perdurer. Les investisseurs semblent un peu trop complaisants à l’égard des ajustements de politique de la Fed, car ils n’ont pas encore intégré dans les cours la possibilité d’une hausse de taux d’ici la fin de l’année ni même d’une autre l’année prochaine. La Fed pourrait toutefois commencer à réduire son bilan en octobre et accélérer le rythme de cette réduction l’année prochaine. Les investisseurs sont en revanche beaucoup plus prudents à l’égard des décisions de la BCE et de leur impact, bien que cette dernière continuera certainement à accroître son bilan en 2018 malgré l’annonce éventuelle d’une réduction à venir de ses interventions. La conférence de Jackson Hole prévue en fin de mois devrait apporter un peu plus de visibilité.

 

Strategie Multi-Actifs

TPositionnement tactique et gréographique du portefeuille

Aperçu general : Actions & Obligations

La conjoncture économique mondiale reste favorable aux actions par rapport aux obligations dans une perspective à moyen terme. Les actions apparaissent toujours plus attrayantes que les obligations en termes de valorisation et de rendements attendus. Les surprises économiques américaines se remettent de leurs niveaux extrêmement négatifs, mais accuse toujours du retard par rapport à la zone euro et aux marchés émergents. Les actions européennes n’ont pas pour autant bénéficié de cette surperformance économique en raison de la récente appréciation de l’euro, qui devrait entraîner une nouvelle baisse dans les révisions relatives des résultats des entreprises. Nous pensons que le taux de change EUR/USD devrait se stabiliser, grâce à la divergence de politiques monétaires. Les investisseurs restent également confiants, les indicateurs de volatilité étant très bas et les actions européennes continuant d’enregistrer des flux entrants. 

La principale question pour les mois à venir sera la résilience des marchés actions face à cette tendance (graduelle) au resserrement monétaire. L’incertitude résultant des risques géopolitiques, de l’inflation et de la récente appréciation de l’euro oblige les banques centrales à rester prudentes. 

 

Stratégie Actions Par Région

Positifs sur les actions, notamment de la zone euro, du Japon et des marchés émergents

  • Nous avons une position neutre sur les actions américaines. Le ralentissement de l’économie américaine pourrait maintenant être derrière nous et les surprises économiques s’améliorent. Le risque d’exécution que nous continuons de voir dans les mesures annoncées de relance budgétaire nous amène toutefois à réviser à la baisse nos prévisions de bénéfices. La croissance des bénéfices, qui pourrait s’améliorer de 7 %, dépend aujourd’hui des fondamentaux, qui restent favorables. 
  • Nous sommes positifs sur les actions de la zone euro. L’expansion économique plus robuste et généralisée de la région, la politique accommodante de la banque centrale et la forte croissance des bénéfices des entreprises sont autant de facteurs favorables aux actifs risqués de la zone euro. Les prévisions de croissance des bénéfices ont été révisées à la baisse, car l’appréciation de l’euro risque de pénaliser les exportateurs européens, malgré le soutien de la forte demande intérieure. Dans ce contexte, nous avons une préférence pour les actions italiennes et les petites capitalisations de la zone euro, qui sont relativement protégées de la hausse de l’euro en raison de leur forte exposition au marché domestique.
  • Nous sommes négatifs sur les actions européennes hors zone euro. Les incertitudes entourant les conditions du Brexit et leur impact sur l’économie nous tiennent à l’écart de cette région. Les fondamentaux intérieurs sont en train de s’affaiblir et les risques à la baisse perdurent. Nous avons déjà révisé à la baisse nos prévisions de croissance des bénéfices.
  • Nous avons un avis positif sur les actions des marchés émergents, qui bénéficient de valorisations attrayantes dans un contexte de solide croissance mondiale. La faiblesse du dollar américain, associée au ralentissement de l’économie américaine, ont été favorables à la région qui a surperformé. Bien que l’ajustement du bilan de la Fed puisse générer de nouvelles incertitudes, les marchés émergents devraient bénéficier du soutien apporté par le cycle mondial et les politiques monétaires conciliantes. 
  • Nous sommes positifs sur les actions japonaises. Le renforcement de la croissance mondiale et les mesures stimulantes au niveau domestique figurent parmi les principaux facteurs de performance et nous sommes davantage convaincus que la Banque du Japon ne se joindra pas de sitôt au mouvement de resserrement monétaire des autres banques centrales, ce qui devrait entraîner un affaiblissement du JPY.
  • Avec le raffermissement de la croissance mondiale par rapport aux deux dernières années, les principaux risques pour l’avenir sont d’ordre (géo)politique.

Stratégie Obligataire

Position négative sur les obligations d’État, duration courte

  • Les rendements souverains européens et américains, qui ont augmenté ces dernières semaines,devraient continuer sur leur lancée, soutenus par le resserrement de la politique de la Fed et les éventuelles tensions inflationnistes à venir. La hausse des salaires et les éventuelles mesures de relance devraient faire progresser l’inflation, bien que ces deux facteurs mettent plus longtemps que prévu à se matérialiser. La probabilité des mesures protectionnistes de la part des États-Unis reste une inconnue.

  • L’amélioration de l’économie européenne pourrait également entraîner une hausse des rendements obligataires de la zone euro, car les risques politiques sont en train de reculer et la BCE devrait commencer à détailler la prochaine étape dans la réduction de son soutien cet automne.

  • Nous avons une position neutre sur le crédit, car les spreads se sont déjà bien réduits et la hausse éventuelle des rendements risque de pénaliser la performance.En ce qui concerne la dette émergente, le mouvement actuel d’assouplissement monétaire constitue un soutien important ; cette thématique obligataire a notre préférence à l’heure actuelle.

 

Matières Premières

  • Les cours du pétrole devraient se stabiliser, car la production américaine a cessé d’augmenter tandis que celle de l’OPEPmontait en flèche, à cause principalement de la Libye et du Nigéria, qui avaient été exemptés de l’accord de réduction de la production. Le prix du pétrole (Brent) a ainsi atteint 52 dollars en fin de mois et devrait se maintenir autour de ce niveau.

     

Devises

  • Nous avons vendu la moitié de notre surpondération au dollar. Bien que nous nous attendions à ce que le cours EUR/USD se stabilise, nous reconnaissons que des niveaux clés de résistance ont été franchis.
  • Nous avons bénéficié du rebond des prix de pétrole grâce à notre exposition à la couronne norvégienne (NOK).