13 AVR.

2018

Allocation d'actifs , Thèmes

Nous restons positif à moyen-terme

SYNTHÈSE

  • Nous sommes neutres sur les actions. Bien que notre scénario de base reste positif à moyen terme, nous observons une augmentation des risques à la baisse, car la dynamique macro-économique touche à son optimum et les craintes de protectionnisme s’intensifient.
  • Nous conservons un avis négatif sur l’Europe hors zone euro, en particulier envers les britanniques. C’est la seule région dans laquelle les rendements attendus sont relativement faibles.
  • Du côté des obligations, la dette émergente reste notre classe d’actifs favorite.



STRATÉGIE CROSS ASSETS

Scénario économique

Du point de vue macro-économique, à moyen terme, le contexte international reste favorable aux actifs plus risqués . L’économie mondiale est en pleine croissance et devrait poursuivre son expansion, grâce notamment au regain de croissance sur les marchés émergents. Cette croissance, qui a été révisée à la hausse, devrait également soutenir les marchés développés.

Aux États-Unis, la croissance économique s’est accélérée sur les deux dernières années, et même si elle sera probablement modeste au cours du premier trimestre de cette année, elle devrait s’accélérer dans les mois à venir. La croissance américaine est alimentée par la consommation, elle-même soutenue par la solide croissance des emplois et par l’augmentation des revenus des ménages, tandis que les exportations continuent de bénéficier de la demande internationale et de l’affaiblissement du dollar. La croissance économique est également stimulée par les mesures de relance budgétaire du Président Trump.

Dans la zone euro, la croissance s’est également accélérée quasiment partout, soutenue par la demande intérieure et, plus récemment, par les exportations nettes. Malgré la récente tendance positive des résultats d’entreprises, comme le montre les indicateurs d’activité, la croissance devrait rester solide grâce aux exportations, aux investissements et à l’augmentation de la consommation.

Les menaces récentes de guerre commerciale font peser des risques sur notre scénario principal basé sur une croissance solide et une inflation modérée.

Cycle de croissance

Comme prévu, le cycle de croissance est moins favorable aujourd’hui qu’il ne l’était il y a quelques mois. La phase d’expansion actuelle se prolonge, mais à un rythme plus lent et avec une plus grande dispersion entre les régions. Les indicateurs d’activité économique sont désormais plus conformes aux prévisions de croissance réelle, notamment dans la zone euro. Cette période de « flottement » devrait se poursuivre, que ce soit aux États-Unis ou dans la zone euro. En parallèle, l’optimisme économique de ces derniers mois a été ébranlé, notamment dans la zone euro, avec une forte baisse des surprises économiques.

Liquidité

À l’exception de la Réserve fédérale, toutes les banques centrales restent particulièrement conciliantes. Malgré une croissance plus forte dans la zone euro, la BCE peut maintenir sa politique monétaire en raison de la faiblesse de l’inflation (inférieure à son objectif de 2020), tandis que la Banque du Japon reste prompte à intervenir. Les conditions financières restent donc favorables et ont à peine changé aux États-Unis et dans l’UE.

Résultats

La prochaine saison des résultats, des publications et des prévisions aura un impact important sur la performance des marchés. Aux États-Unis, les attentes élevées ont déjà été fortement révisées à la hausse. La croissance attendue des bénéfices est maintenant proche de 20 %. Dans la zone euro, les attentes sont plus modestes, aux alentours de 8 % après d’importantes révisions à la baisse depuis le début de l’année.

Sentiment

De leur côté, les investisseurs trahissent des signes d’anxiété suite à l’augmentation des incertitudes (géopolitiques). Ils ont réduit le risque de leurs portefeuilles en mars en augmentant leur allocation en  liquidités. Ils ont également ajusté leur allocation sectorielle, comme en témoigne la rotation en faveur de secteurs plus défensifs, tels que la consommation courante ou l’immobilier. La menace d’une guerre commerciale est leur principales préoccupation, suivie de la remontée de l’inflation.

Conclusion

Dans l’ensemble, notre scénario de base à moyen terme continue de favoriser les actions par rapport aux obligations. La croissance devrait rester solide, même si la visibilité s’estompe un peu au-delà du second semestre 2018 en dehors des États-Unis. Bien qu’en légère hausse, l’inflation n’est pas notre principal souci tant que le resserrement monétaire reste graduel. L’augmentation de la volatilité pourrait être source d’opportunités, sachant notamment que les valorisations des marchés actions se sont détendues après les récentes corrections. Nous sommes malgré tout neutres sur les actions, car nous observons une augmentation des risques négatifs dans notre scénario de base, principalement au niveau de la dynamique macro-économique qui touche à son optimum, de l’accélération du resserrement monétaire et de l’intensification des craintes de protectionnisme. Nous recherchons clairement un meilleur point d’entrée avant d’accroître le risque dans nos portefeuilles. 

CONVICTIONS RÉGIONALES ACTIONS & OBLIGATIONS 

STRATÉGIE RÉGIONALE ACTIONS

 

Actions américaines

Nous sommes actuellement neutres envers les actions américaines. Nous prenons acte de l’impact positif de la réforme fiscale et de la déréglementation initiées par Donald Trump, ainsi que de l’amélioration de la croissance des revenus. La politique commerciale des États-Unis (USD compris) nous semble toutefois une inconnue politique majeure alors que les risques commencent à se matérialiser.

Actions de la zone euro

La zone euro continue d’enregistrer une forte expansion qui s’élargit sur le plan géographique. Les indicateurs d’activité montrent toutefois des signes s’essoufflement, tandis que les statistiques économiques déçoivent le marché actuellement. La BCE reste conciliante et peu pressée de durcir sa politique. La dynamique des résultats d’entreprise s’est affaiblie et les actions de la zone euro manquent par conséquent de nouveaux catalyseurs, ce qui explique notre position plus prudente à court terme.

Actions européennes hors zone euro

L’orientation monétaire plus stricte de la Banque d’Angleterre a mis un frein à la dépréciation de la livre sterling, ce qui compromet la croissance des bénéfices en provenance de l’étranger. Les négociations sur le « Brexit » représentent toujours un risque, tandis que les négociations concernant de nouvelles relations commerciales ne semblent pas faire beaucoup de progrès. Les prévisions de croissance des bénéfices, et donc les rendements attendus, sont également plus faibles que dans d’autres régions, ce qui explique notre avis négatif.

Actions japonaises

La visibilité sur la conjonction d’une politique conciliante et d’une expansion supérieure à la croissance potentielle reste une bonne nouvelle pour le Japon. Le marché boursier est toutefois fortement corrélé à la performance du yen, qui sert actuellement de valeur refuge et semble déconnecté de l’attitude accommodante de la Banque du Japon.

Actions des marchés émergents

Les actions émergentes bénéficient actuellement d’une amélioration des fondamentaux et d’une croissance plus forte. La région serait toutefois vulnérable dans l’éventualité d’une guerre commerciale internationale. Le poids important de la technologie (28 %) est également source de volatilité. 


STRATÉGIE OBLIGATAIRE

Position négative sur les emprunts d’État et les obligations d’entreprises

La politique monétaire des banques centrales est en train de se durcir. La Réserve fédérale est la plus avancée dans son cycle de resserrement des taux, tandis que la BCE devrait mettre fin à son assouplissement quantitatif en 2018 et commencer à relever ses taux en 2019 au plus tôt. Dans le même temps, l’inflation devrait progressivement augmenter parallèlement aux perspectives de croissance économique. Les salaires devraient commencer à augmenter aux États-Unis en raison du resserrement du marché du travail. Dans ce contexte, les taux d’intérêt à 10 ans devraient remonter vers 0,9 % en Allemagne et 3 % aux États-Unis. Cela aurait également une incidence sur les obligations d’entreprises investment grade en raison du faible niveau des spreads.

Position neutre sur le haut rendement

Les spreads sur le segment du haut rendement ont atteint nos niveaux cibles et des pressions ont commencé à faire leur apparition avec d’importantes sorties de capitaux. Nous pensons que le resserrement des spreads ne va pas durer, mais le portage reste intéressant malgré tout.

Position positive sur la dette émergente

Nous apprécions l’environnement favorable à cette classe d’actifs et estimons que les spreads pourraient se resserrer davantage. Le portage figure parmi les plus élevés de l’univers obligataire, et il en est de même pour les rendements attendus. Il s’agit également d’une diversification attrayante.