16 OCT.

2019

Force est de constater que le contexte macroéconomique mondial est en train de se détériorer, mais la probabilité d’une récession semble toujours éloignée, les banques centrales venant à nouveau à la rescousse. Un compromis commercial entre les États-Unis et la Chine pourrait devenir réalité, dans la mesure où le président américain sera bientôt plus occupé avec des problématiques intérieures, notamment une campagne de réélection.

Actions vs. Obligations

Le récent repli des rendements obligataires a constitué un facteur de soutien déterminant pour les actions sur une base relative. Ainsi, dans la mesure où les investisseurs se concentrent sur ce qui génère les meilleures performances, nous continuons de privilégier les actions par rapport aux obligations.

Le contexte macroéconomique mondial ralentit. Par conséquent, notre vue stratégique à long terme ne reste que modérément positive. Notre scénario économique central repose sur:

  • La poursuite d’une croissance mondiale ralentie mais toujours positive 
  • L’improbabilité d’une récession imminente aux États-Unis
  • Les interventions des banques centrales 
  • L’absence d’inflation

D’un point de vue tactique à plus court terme, nous surpondérons les actions via les États-Unis – la région la plus sûre – mais également les actions de la zone euro

Il ne fait aucun doute que le contexte macroéconomique est difficile et qu’il n’offre guère de soutien à l’heure actuelle. Les banques centrales se montrent toutefois de plus en plus accommodantes via des baisses de taux et le lancement de nouvelles mesures d’assouplissement quantitatif.

Les banques centrales puisent dans leur boîte à outils pour permettre de prolonger le cycle actuel, en atténuant l’impact de facteurs de perturbation, tels que la guerre commerciale et les autres incertitudes géopolitiques.

Actions

Les actions américaines restent notre principale conviction

Nous continuons de surpondérer les actions américaines

La guerre commerciale commence à affecter le marché intérieur. Les indices ISM du secteur manufacturier se contractent et les exportations américaines sont orientées à la baisse. La croissance du PIB devrait ralentir à 1,8 % dans les douze prochains mois.

Le commerce mondial reste le problème le plus significatif, les droits de douane ayant été une source de grande confusion. Il n’y a pas eu non plus de conclusions claires concernant le dernier round de négociations qui s’est tenu à la Maison Blanche à la mi-octobre. Pour le moment, l’incertitude entourant la politique commerciale américaine continuera de peser sur l’activité, les consommateurs et les investisseurs. 

Dans ce contexte, la Fed est venue à la rescousse le mois dernier en abaissant ses taux d’intérêt de 25 pb. L’impact peut déjà être perçu dans la croissance de la liquidité, laquelle s’est enfin orientée à la hausse depuis le début de l’année. Les conditions financières aux États-Unis sont accommodantes. 

A l’approche de la réunion du FOMC qui se tiendra à la fin du mois, la Fed ne donne actuellement aucun signal allant dans le sens ou à l’encontre d’une troisième baisse des taux. Le marché anticipe une baisse des taux avec une probabilité d’environ 70 %, en fonction des données et de l’actualité concernant la guerre commerciale.

 

Marchés émergents

Moins de complaisance mais plus de synchronisation 

Sur les marchés émergents, les signes indiquant un ralentissement du contexte macroéconomique ainsi qu’une hausse simultanée des incertitudes géopolitiques ne manquent pas. Pourtant, les chiffres les plus récents se sont avérés plus encourageants, particulièrement en Chine. 

Une trêve entre les États-Unis et la Chine serait nécessaire pour vraiment inverser la tendance actuelle et cette trêve est fort probable, car elle est également dans le meilleur intérêt des deux pays. 

En termes de valorisation, dans la mesure où elles ne présentent pas d’excès, les actions des marchés émergents sont attrayantes.  

Le scénario principal intègre toujours une croissance d’environ 6 % du PIB en 2019.

Nous restons neutres à l’égard des marchés émergents et nous continuerons à surveiller très étroitement cette région. Les actions chinoises ont été plus affectées par le ralentissement économique et font l’objet de moins de complaisance. Étant plus en phase avec la dynamique économique, un rebond durable des actions chinoises devra être conforté par un redressement des données économiques.

 

La zone euro

La prime de risque est élevée alors que les risques ont diminué

Même si l’Europe a amplement contribué aux incertitudes géopolitiques, les risques ont quelque peu diminué de même que les chances d’un « Brexit » dur. 

 

L’économie de la zone euro ralentit, mais la BCE a soufflé un vent nouveau sur les marchés en baissant ses taux de dépôt et en relançant son assouplissement quantitatif sans fixer de date limite. Étant donné que certaines obligations locales présentent des rendements négatifs, la prime de risque sur les actions de la zone euro a augmenté.

Nous restons surpondérés sur les actions de la zone euro pour le moment.

La croissance du crédit et de l’offre monétaire devraient servir de soutien pour les marchés. Les données les plus récentes concernant la croissance des crédits aux entreprises dans la région est encourageante, car il semble que le vent ait tourné en matière de liquidité au sein de la zone euro. 

La BCE a encouragé les gouvernements à prendre le relais de la politique monétaire avec des mesures de relance budgétaire visant à remédier au ralentissement de la croissance. En Italie, aux Pays-Bas et même en Allemagne, la baisse des coûts liés aux intérêts de la Banque centrale devrait augmenter la marge de manœuvre en termes de dépenses budgétaires. La définition et la mise en place de telles mesures vont prendre du temps et il n’y a aucun sentiment d’urgence à l’heure actuelle.  

Avis négatif sur l’Europe hors zone euro 

Le Parlement britannique a été « prorogé » pendant cinq semaines. Il n’y a eu aucune séance ni à la Chambre des communes ni à la Chambre des Lords et donc aucun débat concernant soit le « Brexit », soit d’autres problèmes intérieurs urgents. La session parlementaire vient juste de reprendre le lundi 14 octobre avec le discours de la reine. 

Les négociations concernant un accord sur le « Brexit » ont constitué l’une des principales sources d’inquiétude dans la région, où nous restons sous-pondérés. 

L’échéance approche à grands pas et c’est en fin de mois que le pays doit quitter l’Union européenne. L’actualité la plus récente indique qu’un accord pourrait être conclu avant le 19 octobre. L’alternative est une extension après le 31 octobre.

Sous réserve qu’un « Brexit » dur soit évité, nous anticipons des répercussions positives sur les actions locales et sur la livre sterling. Nous sommes passés à un positionnement neutre sur la livre sterling, anticipant des nouvelles plus positives hormis un « Brexit » dur. 

 

Obligations et devises

En termes d’obligations et de devises, sous réserve que l’économie mondiale évite une récession, le contexte macro financier est propice aux opérations de portage. Le portage le plus élevé se situe sur la dette émergente en devise forte. 

Nous restons également investis en obligations Investment Grade. Le contexte international, avec une BCE conciliante, reste favorable, malgré le net resserrement des spreads depuis le début de l’année. Le rapport portage/risque est intéressant et l’environnement de taux peu élevés favorise le crédit. Nous privilégions le crédit en euro.

Pour ce qui concerne les devises, nous conservons notre position acheteuse de yen. Nous avons récemment liquidé nos positions vendeuses (short) sur le dollar et la livre sterling pour devenir neutres. Le dollar devrait cesser de s’apprécier, surtout si la Fed baisse ses taux et reste accommodante. 

Nous sommes exposés à l’or, qui reste un instrument de couverture attrayant dans un contexte de taux bas et de rendements négatifs.

 

    La poursuite d’une croissance mondiale ralentie mais toujours positive 
    L’improbabilité d’une récession imminente aux États-Unis
    Les interventions des banques centrales 
    L’absence d’inflation