Ne serait-ce que pour quelques mois, l’avenir apparaît un peu plus clair et serein. Alors qu’ils étaient majoritairement négatifs, les chiffres économiques sont devenus plus mitigés, laissant entrevoir une stabilisation. Le sentiment de marché s’est amélioré et l’apaisement de l’environnement géopolitique a apporté un certain répit aux marchés financiers. Les banques centrales sont passées en mode extrêmement conciliant. C’est le bon moment de prendre quelques bénéfices, tout en conservant une exposition à un éventuel mouvement haussier de fin d’année par le biais d’instruments dérivés.

Actions vs. obligations

Les prévisions macroéconomiques semblent confirmer le scénario d’un atterrissage en douceur pour 2019 et 2020, avec une croissance du PIB qui ralentit mais qui reste positive. Un choc pourrait bien sûr faire dérailler ce scénario, mais l’actualité semble pour le moment apporter suffisamment d’apaisement et de visibilité pour les prochains mois.

L’activité industrielle mondiale est en train de se stabiliser après avoir marqué une pause au 3e trimestre. De la même manière, la confiance des entreprises a cessé de baisser au niveau mondial et même si elle se trouve toujours en terrain négatif, elle semble avoir passé le creux de la vague. 

Les banques centrales sont accommodantes. En octobre, la Réserve fédérale a baissé ses taux d’intérêt pour la troisième fois depuis juillet 2019, et probablement pour la dernière fois de l’année. Une forte baisse des obligations apparaît peu probable en raison des achats des banques centrales, même si la Fed préfère parler d’ « ajustement » de son bilan plutôt que d’assouplissement quantitatif.

Dans ce contexte, nous continuons de préférer les actions aux obligations et notre avis stratégique à plus long terme reste modérément positif.

Actions

Lors des précédentes modifications de notre stratégie, nous avions neutralisé notre position vendeuse sur la livre sterling (GBP), car celle-ci avait cessé de se déprécier par rapport aux autres grandes devises. Notre avis négatif à long terme concernant les actions britanniques est lui-aussi devenu neutre. Nous avons pris une partie de nos bénéfices sur notre surpondération des actions américaines et de la zone euro. Pour l’avenir, nous avons désormais un positionnement neutre, hors instruments dérivés. Nous avons ajouté des options pour profiter d’une éventuelle poursuite du mouvement de hausse d’ici la fin de l’année. Nous avons également renforcé notre biais de valeur via les banques de la zone euro.

Royaume-Uni : une occasion à saisir

Bien que la question du « Brexit » ne soit toujours pas résolue, le premier ministre actuel Boris Johnson a réussi à aller plus loin que Theresa May avant lui. La chambre des communes a voté la tenue d’élections législatives anticipées le 12 décembre 2019 et les dirigeants de la zone euro ont accepté d’accorder au Royaume-Uni un nouveau délai jusqu’au 31 janvier 2020 pour sortir de l’UE. Ces huit dernières semaines, près de deux millions de citoyens britanniques se sont inscrits sur les listes électorales.

Le marché britannique a été boudé par de nombreux investisseurs qui n’avaient pas une visibilité suffisante pour investir dans la région. Aujourd’hui, toutefois, malgré un positionnement toujours faible, une grande partie des risques ont été intégrés aux cours. La valorisation relative du marché britannique fait ressortir son caractère bon marché par rapport au marché européen, ce qui explique notre récente position neutre.

 

Actions américaines : toujours notre principale conviction

Maintien de notre surpondération des actions américaines

Aux États-Unis, les données économiques comme les indices de confiance des entreprises, se sont stabilisées au cours du mois d’octobre. La tendance baissière de l’indice ISM manufacturier semble elle aussi s’être interrompue. La Réserve fédérale semble avoir accompli une première mission : apaiser en grande partie les craintes de récession aux États-Unis.

Lors de son dernier comité, tout en promettant de maintenir des conditions financières favorables et de soutenir le marché dans son ensemble, la Fed n’a pas manifesté l’intention d’en faire plus pour améliorer les perspectives de croissance. Les baisses de taux ont eu un effet apaisant. La fin de ce cycle monétaire pourrait marquer le début d’une politique de relance budgétaire.

D’autres enjeux intérieurs sont en train de prendre une importance croissante, parmi ceux-ci :

  • une destitution de Donald Trump devient de plus en plus probable ;
  • la campagne électorale est sur le point d’occuper une place centrale et sera certainement l’un des facteurs d’évolution du marché en 2020. Elle pourrait générer des chocs de croissance et des points d’entrée intéressants.

À l’heure actuelle, la valorisation des actions américaines reste attrayante par rapport aux obligations, mais elle l’est un peu moins par rapport aux niveaux historiques. La prime des actions américaines a été bien méritée mais sa marge de progression est maintenant réduite.

Avec leur biais thématique inhérent, d’autres régions pourraient finir par prendre le dessus dans la reprise économique et financière, comme les marchés émergents par exemple. 

À l’heure actuelle, la fin de l’assouplissement de la Fed et les rachats d’actions devrait être compensé par la publication des résultats du 3e trimestre, qui se sont avérés meilleurs que prévu. Nous verrons ce que nous réserve 2020 en termes de croissance des entreprises et des bénéfices et qui s’installera à la Maison-Blanche en fin d’année.

 

Zone euro

Nous conservons notre surpondération des actions de la zone euro et apprécions la valeur offerte par les titres de « valeur »

Dans son ensemble, la région a bénéficié de la réduction du risque politique perçu : le risque de « Brexit » brutal a diminué et les tensions commerciales sont en train de se calmer. 

Economic news flow has also – again – become less negative and the relative improvement is reflected in the equity marketL’actualité économique est (de nouveau) moins négative et cette amélioration relative se reflète dans le marché des actions.. 

La chute des rendements obligataires a également soutenu les actions de la région, qui affichent une prime de risque élevée. Cependant, tant que les taux d’intérêt ne progressent pas plus rapidement ou plus fortement, il existe encore une marge de progression pour les actions. Nous privilégions les segments cycliques et de valeur, comprenant notamment les banques et le secteur de l’automobile. La sélection joue un rôle clé, tout comme la connaissance et la gestion du biais de valeur de la région.

Dans un avenir proche, le potentiel de hausse supplémentaire dépendra d’un programme budgétaire plus ambitieux, qui pourrait changer la donne, et de signes concrets d’une amélioration du rythme de croissance du PIB et des bénéfices.

 

Marchés émergents

Des mesures monétaires et budgétaires ciblées

Dans les marchés émergents, et notamment en Chine, la tendance pourrait là aussi être en train de se renverser lentement. Par rapport aux années antérieures, les mesures monétaires et budgétaires prises par la banque centrale sont modestes, mais elles sont utiles et bien ciblées.

Les dernières données économiques sont plus encourageants. 

La valorisation des actions est relativement attrayante par rapport aux autres régions et, sous réserve d’un environnement toujours propice à la prise de risque, les actions émergentes devraient afficher de bons résultats. D’un autre côté, les fondamentaux ne vont pas s’améliorer du jour au lendemain et les risques d’exécution n’ont pas disparu dans le domaine politique, la première phase d’un accord commercial n’étant toujours pas signée.

Nous conservons une position neutre envers les actions émergentes, préférant les obligations.

 

Obligations et devises

En matière d’obligations et de devises, le contexte macro-financier sera propice au portage. Le portage le plus favorable se trouve dans la dette émergente libellée en devise forte..

Nous restons également investis en obligations Investment Grade. Avec l’assouplissement de la BCE, le contexte général reste favorable malgré le resserrement important des spreads observé depuis le début de l’année. Le rapport portage/risque est intéressant et l’environnement de taux peu élevés est favorable au crédit.

Dans l’univers des devises, nous conservons une position acheteuse sur le yen..

Nous avons également une exposition à l'or, qui reste une couverture attrayante dans un contexte de taux peu élevés et de rendements négatifs.