17 OCT.

2018

Thèmes , Actions

Les marchés développés terminent stationnaires

 

Actions européennes : performance stationnaire en septembre

La politique italienne est revenue sur le devant de la scène ce mois-ci : les actifs italiens se sont d’abord redressés suite au ton plus conciliant du gouvernement, avant de chuter, après un retour des tensions politiques suite à l’accord obtenu par le gouvernement au sujet de l’objectif de déficit pour 2019 (2,4 % du PIB).

L’indice PMI composite de la zone euro a reculé en septembre, mais au niveau de 2,1 %, il est toujours compatible avec la croissance actuelle. Sur le plan sectoriel, les banques de la zone euro, soutenues par la hausse des rendements obligataires, se sont redressées au cours du mois, et, bien qu’elles figurent parmi les bénéficiaires de la rotation en faveur des titres « value », elles ont effacé la plupart de leurs gains en raison de la détérioration de la politique italienne. Le pétrole et le gaz et les ressources de base, dopés par l’envolée des cours des matières premières, ont terminé en tête. Les valeurs technologiques ont accusé un recul en raison des préoccupations liées à la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, tandis que les valeurs défensives sont restées globalement à la traîne, du fait du rebond des rendements obligataires.

Nous avons réduit notre exposition aux biens de consommation de base (principalement nos positions dans les produits ménagers et de soin et dans l’alimentation et les boissons), mais conservé une surpondération globale du fait de la bonne tenue des fondamentaux.

Malgré la situation actuelle en Italie, nous maintenons la surpondération des valeurs financières (via les banques) et restons bien diversifiés, certaines banques espagnoles bénéficiant du rebond de l’Amérique latine. Nous avons relevé à neutre notre exposition aux activités minières, soutenues par la demande accrue d’infrastructures en Chine.

 

Actions américaines : des performances mitigées

Les actions américaines ont enregistré des performances mitigées au cours du mois pour terminer en légère hausse. Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine se sont accrues, tandis que l’économie américaine a maintenu une dynamique solide.

La technologie a fait preuve de faiblesse, du fait des prises de bénéfices des investisseurs dans le secteur après certaines révisions prudentes des prévisions et les témoignages de Facebook/Twitter devant le Congrès. Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine se sont accrues en septembre. L’administration Trump a annoncé ses projets d’application de droits de douane sur 200 milliards de dollars supplémentaires d’importations en provenance de Chine, avec un taux initialement fixé à 10 % et qui devrait passer à 25 % au début de l’an prochain.

Nous avons réduit à neutre notre exposition aux valeurs industrielles dans un contexte d’incertitude géopolitique qui risque de reporter les décisions d’investissement. Alors que certaines entreprises des secteurs des biens de consommation cyclique et des technologies de l’information vont se joindre à des entreprises existantes dans les télécommunications pour former un nouveau secteur des services de communication, nous avons relevé à neutre notre exposition aux télécommunications. Nous avons également renforcé notre exposition à la santé, puisque ce secteur bénéficie du regain d’aversion au risque.

 

Actions des marchés émergents : crise de liquidité dans le secteur financier en Inde

Les marchés émergents ont sous-performé les marchés développés : les États-Unis et la Chine sont restés sur le devant de la scène tandis que les cours pétroliers sont repartis à la hausse et les rendements obligataires américains ont poursuivi leur progression.

Les pays émergents ont de nouveau sous-performé les pays développés en septembre. L’Amérique latine s’est avérée la région la plus robuste, tandis que les pays asiatiques ont été frappés de plein fouet. L’escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine a de nouveau fait les gros titres. Les États-Unis ont menacé de taxer 267 milliards de dollars supplémentaires d’importations chinoises, en sus des droits de douane déjà annoncés ou appliqués. En représailles, la Chine a établi une liste de droits de douane de 60 milliards de dollars d’importations américaines. Parallèlement, la Fed a haussé ses taux de 25pb supplémentaires. Les prix de l’énergie se sont envolés en septembre, et le Brent a atteint un sommet depuis 2014 en raison d’une série de chocs liés à l’offre (sanctions en Iran, crise au Venezuela, etc).

L’Inde a affiché les performances les plus désastreuses en septembre, le mois le plus noir depuis les mesures de resserrement monétaire en août 2013 initiées par le secteur financier. Le scepticisme des investisseurs dû aux défaillances des sociétés financières non bancaires s’est propagé aux autres secteurs, notamment ceux présentant les valorisations les plus élevées. Ces craintes naissantes relatives aux problèmes de crédit et de liquidité affectant le secteur financier non bancaire, ainsi que le risque de contagion, ont également pesé sur la confiance du marché

Le relèvement de taux plus élevé que prévu par la banque centrale de Turquie (dans une tentative d’endiguer l’inflation et les risques de fuite de capitaux) a restauré la confiance des investisseurs. Le Brésil a surperformé grâce à plusieurs événements politiques, notamment le rejet de l’appel de Lula par la Cour Electorale et l’annonce de la candidature de Fernando Haddad, tandis que Jair Bolsonaro a été poignardé le 6 septembre pendant sa campagne. Lors du Troisième Sommet inter-coréen, le Président sud-coréen Moon Jae-in et le leader nord-coréen Kim Jong-un ont signé un accord de paix qui prévoit des mesures spécifiques de dénucléarisation visant à mettre un terme de fait à la guerre dans la péninsule coréenne.

Nous conservons notre position neutre en Chine (mais avec un biais négatif), puisque l’aggravation des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine est restée sur le devant de la scène. Nous avons réduit notre exposition en Inde, compte tenu de la perte de confiance sur ce marché surévalué, associée à la hausse des cours pétroliers et à la faiblesse de la devise. Nous avons relevé à « surpondérée » notre exposition au Brésil, du fait de l’apaisement du cycle électoral, avec Jair Bolsonaro en tête pour le second tour. Nous avons également renforcé notre exposition mexicaine, qui passe à « surpondérée », après l’adoption de l’accord USMCA, la région constituant un bénéficiaire potentiel de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. En termes d’allocation sectorielle, nous avons augmenté à « surpondérée » notre exposition aux matériaux, compte tenu des mesures de relance des infrastructures en Chine, tout en relevant à neutre notre exposition aux télécommunications après une révision à la baisse du profil de risque.