28 JUIN

2018

Equities , Jan Boudewijns , Asset Class

Actions émergentes : maintenir le cap dans la tempête

Après avoir accusé un retard sur les marchés développés, et, en particulier sur les actions américaines pendant plusieurs années consécutives, les actions des marchés émergents (mesurées par l’Indice MSCI Emerging Markets) ont connu un rebond impressionnant depuis 2016. Au début de cette année, on s’attendait à la poursuite de cette reprise au cours des années à venir, compte tenu du contexte de redressement économique et de solidité des fondamentaux des entreprises. Toutefois, avril a marqué un tournant plutôt inattendu (temporaire ?), puisque les marchés émergents ont de nouveau sous-performé. Par conséquent, que nous réserve l’avenir ?


Des opportunités naissantes dans un contexte de marché en pleine évolution

Après quelques années de performances robustes, les marchés émergents ont été secoués par un certain nombre de turbulences au second trimestre. L’impact combiné d’une désynchronisation de la croissance mondiale (malgré une croissance toujours vigoureuse aux États-Unis) et des initiatives économiques et géopolitiques de l’administration Trump (réductions d’impôts aux États-Unis, sanctions visant la Russie et l’Iran, tensions commerciales avec ses principaux partenaires commerciaux) ont alimenté les anticipations de relèvement des taux d’intérêt américains, la volatilité des cours pétroliers et l’affermissement du dollar US.

Par conséquent, plusieurs marchés émergents et leurs devises, notamment ceux présentant des balances extérieures plus faibles, ont commencé à subir des pressions au cours des dernières semaines. Alors que 2018 représente une année d’élection importante dans les pays émergents, l’actualité politique en provenance de Turquie, du Mexique, du Brésil, de Malaisie, etc., a aggravé l’incertitude. La situation politique italienne observée récemment n’a pas non plus contribué à rassurer les investisseurs, notamment sur les marchés d’Europe de l’Est. Au cours de cette période, les principaux marchés émergents affichant des fondamentaux plus solides, tels que la Chine, la Corée du Sud, Taïwan, ont néanmoins continué à faire état de performances satisfaisantes. Toutefois, il n’est pas surprenant que certains investisseurs remettent en question les perspectives des marchés émergents en tant que classe d’actifs. Même si nous reconnaissons que ces difficultés ont accru la volatilité générale du marché, et qu’une sélection spécifique selon le pays, le secteur et le titre reste décisive, plusieurs facteurs confirment notre optimisme relatif au sujet des marchés émergents à moyen et long terme.

  • À leurs niveaux actuels, les actions des marchés émergents (ME) présentent une opportunité attractive pour les investisseurs à long terme. Tandis que la majorité des pays développés se situe aux derniers stades d’un cycle d’expansion, les pays émergents se trouvent encore au début du cycle et sont soutenus par une croissance robuste de l’économie et des bénéfices.
  • Selon le Fonds Monétaire International (FMI), les pays émergents devraient afficher un taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) proche de 5,0 % en 2018, presque deux fois celui des pays développés. Sans surprise, la Chine, qui joue un rôle de plus en plus prépondérant, non seulement comme seconde économie mondiale, mais également comme la principale destination des exportations des pays émergents, va continuer de servir de locomotive à la croissance des marchés émergents.
  • En dépit de l’inquiétude actuelle concernant la solidité des fondamentaux, le ratio moyen dette/PIB des marchés émergents est toujours favorable et a même reculé dans de nombreux pays. En outre, le risque d’inflation reste largement maîtrisé, du fait des innovations technologiques de rupture qui continuent de juguler la hausse des salaires.


Une croissance solide des bénéfices conjuguée à des valorisations attractives

Le contexte économique favorable et la croissance des bénéfices constituent des facteurs clés des rendements des actions. Alors que nous entamons un nouveau cycle de marché, les rendements des actions émergentes devraient bénéficier de tendances démographiques durables, de niveaux d’endettement plus faibles des entreprises, et du renforcement des échanges commerciaux entre les marchés émergents. Par ailleurs, alors que le dollar US demeure un facteur important, le niveau d’endettement en USD des sociétés cotées sur les marchés émergents, notamment en Asie, a fait état d’une réduction depuis la crise de 2013, grâce au désendettement et à la rigueur des dépenses d’équipement.

Selon MSCI, la croissance des bénéfices et du chiffre d’affaires pour les actions émergentes devrait dépasser les marchés développés étrangers pendant une bonne partie de l’année 2019. Selon les estimations de Candriam, la plus forte croissance des bénéfices émanera de l’Asie (essentiellement la Chine et la Corée du Sud), et des secteurs suivants : technologies de l’information, matériaux et énergie.

Autre argument en faveur des actions des marchés émergents, les valorisations attractives à la fois par rapport aux moyennes historiques et aux marchés développés (mesurées par le ratio cours/bénéfices corrigé des variations conjoncturelles).

(Il n’est pas possible d’investir dans un indice.Les performances passées ne présagent pas des performances futures).

 

Exploiter les inefficiences du marché tout en restant vigilant en matière de risque

Pendant plusieurs années, les risques, plutôt que les opportunités, de l’investissement dans les actions des marchés émergents ont dominé les gros titres et l’attitude des investisseurs. Toutefois, alors que nous avons atteint un point d’inflexion en 2016, les perspectives pour l’investissement sur les marchés émergents se sont nettement améliorées.

Malgré les perspectives prometteuses, les investisseurs doivent être conscients des risques associés aux marchés émergents, et la sélection d’actifs reste décisive pour la (sur)performance. Il existe toujours des risques liés à la politique de la banque centrale et des risques géopolitiques, notamment le protectionnisme et les droits de douane. Candriam reste vigilant quant aux tendances macro-économiques mondiales et locales, aux réformes réglementaires et aux évolutions (géo)politiques, ainsi qu’en matière de sélection de titres, selon son approche reposant sur l’analyse des fondamentaux. Au niveau micro-économique, la sélection de titres fondamentale avec la flexibilité d’exploiter les inefficiences du marché et de gérer le risque est et restera de plus en plus importante. Candriam est convaincu que les investisseurs peuvent réaliser des performances supérieures via une approche thématique qui favorise les entreprises de qualité présentant des avantages concurrentiels alliés à une croissance organique solide et durable.