16 MAI

2019

Actions , Thèmes

Une solide saison de résultats

 

Actions européeennes: les secteurs cycliques en vedette

Les actions européennes ont, une nouvelle fois, enregistré des performances positives. Contrairement au mois dernier, ce sont les valeurs cycliques et les titres malmenés en 2018 qui ont dominé le mouvement haussier, les valeurs cycliques survendues et les banques de la zone euro générant les meilleures contributions en Europe. Les marchés ont réagi à : 1) la BCE, restée conciliante; 2) l’amélioration des données économiques à l’échelon mondial ; et 3) la saison des résultats, surprenant à la hausse.

Nous avons conservé nos positions surpondérées sur les financières, tout en réduisant notre position sur le secteur de la technologie pour la passer à « neutre » et prendre quelques bénéfices. En effet, nous ne voyons que peu de potentiel haussier en Europe, compte tenu des incertitudes sur un accord commercial.







 


Actions américaines: une économie favorable

Les marchés mondiaux ont continué de générer de belles performances en avril, à la faveur de surprises positives sur les résultats des entreprises aux États-Unis et en Europe.

Les préoccupations relatives à la croissance mondiale ont été reléguées au second plan, les investisseurs ayant porté leur attention sur les déclarations conciliantes de la Réserve fédérale. La Fed a continué de surpasser les attentes déjà très optimistes, la majorité des membres du FOMC n’anticipant plus aucune hausse de taux cette année (contre une projection médiane de deux hausses en décembre dernier) et les déclarations concernant le bilan s’avérant plus conciliantes que prévu.

Les publications de résultats se sont montrées supérieures aux estimations du consensus, tous les secteurs (à l’exception des matières premières) affichant une croissance positive. Au sein du secteur des matières premières, l’énergie et les matériaux ont enregistré une baisse à deux chiffres au premier trimestre. Dans l’ensemble, la croissance des ventes se porte bien, plus de la moitié des entreprises battant les estimations. En général, les données économiques américaines sont restées solides en avril, indiquant que l’économie continue de croître au-dessus de sa tendance.

Le secteur de la santé et, plus encore, celui de la biotechnologie, ont subi une correction durant la période, leurs performances divergeant du climat général dominant les marchés mondiaux. Des différences aussi extrêmes ne sont bien évidemment pas le fruit de facteurs spécifiques aux sociétés, mais elles résultent de facteurs « top-down », et, une nouvelle fois, le facteur à l’œuvre ici était politique. La chute a commencé de façon très généralisée, affectant tous les segments de la santé. Si certains titres, notamment ceux liés à la technologie médicale, ont commencé néanmoins à rebondir quelque peu avant la fin du mois, les sociétés pharmaceutiques et les entreprises de biotechnologie sont restées figées. Les nouvelles médicales et règlementaires étant rares et dans l’attente du programme traditionnel de conférences, plus chargé du début de l’été, l’impact des déclarations politiques s’est avéré encore plus nuisible.

Nous restons encore optimistes à l’égard des actions américaines, dans la mesure où le contexte économique est favorable car il bénéficie de bons niveaux de productivité et de consommation et d’une inflation restant modérée. Nous avons conservé notre position dans le secteur de la santé, car la saison des résultats est encore positive (et, selon nous, la solution « Medicare pour tous » ne devrait pas être entérinée par le Congrès sous cette forme), tandis que nous avons réduit de façon tactique notre exposition au secteur de la technologie à « neutre », car les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine tournent mal.

 

Actions émergentes: en progression, mais toujours en retrait par rapport aux marchés mondiaux

Les actions des marchés émergents ont dégagé une performance positive en avril, même si elles continuent de sous-performer les actions des marchés développés.

Sur le plan régional, l’Amérique latine et la zone Europe de l’Est/Moyen-Orient/Afrique (EEMEA) a surperformé les marchés émergents, grâce à l’Afrique du Sud (l’un des marchés les plus performants après l’Egypte) qui a bénéficié d’attentes positives concernant les élections et d’un renforcement du rand. En revanche, la Turquie et sa devise ont enregistré une baisse après les élections locales.

En Asie, la reprise du secteur de la technologie – notamment des grandes capitalisations – a soutenu le marché taïwanais, tandis que l’incertitude politique a maintenu l’Indonésie et la Thaïlande dans une position d’attente des résultats électoraux.

Les actions chinoises ont poursuivi leur hausse, à la faveur d’un début de redressement de l’activité, grâce aux mesures d’assouplissement monétaire prises antérieurement et au regain d’optimisme généré par des signaux positifs entourant les négociations commerciales sino-américaines. Toutefois, au cours de la seconde partie du mois, les préoccupations liées à un ralentissement de la relance chinoise ont atténué la performance.

Le Mexique (l’un des marchés les plus performants en Amérique latine) a enregistré une performance positive au cours de la période, grâce à l’apaisement du climat politique et au regain d’optimisme des investisseurs. Les leaders de la Corée du Nord et de la Russie se sont rencontrés en avril, afin de discuter d‘un accord de dénucléarisation.

Tout au long du mois, les pesos mexicain et philippin ainsi que le rouble russe ont affiché les meilleures performances au sein des devises émergentes. Le cours du pétrole a poursuivi sa tendance haussière après l’annulation par Donald Trump des dérogations accordées aux importateurs de pétrole iranien. Sur le plan sectoriel, les biens de consommation cyclique ont signé la meilleure performance au sein des marchés émergents, alors que les services aux collectivités et les matériaux ont sous-performé.

Nous avons réduit notre exposition aux matériaux à « neutre » en procédant à quelques prises de bénéfices, les marchés étant devenus plus volatils. Nous avons maintenu notre exposition « surpondérée » envers la Chine, à la faveur de la politique accommodante menée par la Fed et des mesures de relance de l’État chinois, tout en surveillant de près les négociations commerciales afin de préparer notre prochain mouvement. Hormis ces négociations commerciales – les résultats des entreprises, la Fed, l’évolution du dollar et les évènements politiques locaux (avec plusieurs élections en cours et à venir) représentent certains des indicateurs à surveiller au cours des prochaines semaines.