16 AVR.

2019

Asset Class , Equities

Un solide premier trimestre

 

Actions européennes : performances positives

Menées par les secteurs défensifs, les actions européennes ont enregistré des performances positives, tandis que les valeurs cycliques ont sous-performé. L'Italie a signé les meilleurs résultats, affichant une performance positive dans la plupart des secteurs à l'exception des banques. Le marché français a bénéficié de la bonne tenue des valeurs de luxe, tandis que le marché allemand a fait les frais des batailles judiciaires menées par Bayer et des pressions qui ont pesé sur le secteur automobile suite aux rumeurs selon lesquelles les États-Unis envisageraient d'éventuelles mesures protectionnistes.

Les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine se sont poursuivies après un report du délai du 1er mars, tandis que le « Brexit » a lui-même été reporté à une date ultérieure qui dépendra de l'adoption (ou non) par le Parlement britannique de l'accord conclu avec l'UE. Les résultats publiés par les entreprises ont été décevants en 2018 et ont été suivis de prévisions prudentes pour cette année, certaines sociétés comme Infineon et Osram annonçant même un avertissement sur résultats. Toutes ont désigné le ralentissement de la demande chinoise comme l'un des principaux responsables. Dans l’ensemble, le premier trimestre s’est terminé sur une note positive, les marchés mondiaux affichant de solides performances.

Notre attitude est positive à l'égard des entreprises européennes qui présentent un biais plus cyclique. En conséquence, nous avons procédé à quelques prises de bénéfices sur les positions que nous détenons dans les secteurs des biens de consommation courante et de la santé. À l'inverse, nous avons renforcé notre présence dans le secteur des biens d'équipement, principalement en faveur des entreprises exposées à la Chine et à la zone euro, tout en continuant à surpondérer les valeurs financières (principalement les banques de détail).


 

Actions américaines : un contexte économique plutôt favorable

Les marchés mondiaux ont poursuivi leur trajectoire ascendante, affichant leur meilleure performance trimestrielle depuis une décennie. Les préoccupations relatives à la croissance mondiale ont été reléguées au second plan, les investisseurs ayant porté leur attention sur les déclarations conciliantes de la Réserve fédérale. La Fed a continué de surpasser des attentes déjà très optimistes, la majeure partie des membres du FOMC n'anticipant plus aucune hausse cette année (contre une projection médiane de deux hausses en décembre dernier) et les déclarations concernant le bilan étant plus conciliantes que prévu. L'espoir d'une résolution au conflit commercial sino-américain a également apporté un soutien non négligeable aux actions mondiales.

Nous sommes optimistes en ce qui concerne les actions américaines et privilégions les actions cycliques plutôt que leurs homologues défensives dans la mesure où le contexte économique reste plutôt favorable. En conséquence, nous avons réduit notre exposition aux biens de consommation de base qui sont ainsi sous-pondérés tout en maintenant notre surpondération du secteur de la technologie (semi-conducteurs essentiellement). Nous avons conservé notre position neutre vis-à-vis des valeurs industrielles (mais positive vis-à-vis des biens d'équipement) dans l'espoir d'une résolution de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.

 

Actions émergentes : l'Asie, moteur de performance des marchés émergents

Après un solide début d’année, les actions des marchés émergents ont dégagé une performance légèrement positive en mars. Elles ont sous-performé les actions des marchés développés sur le mois et depuis le début de l’année en cours en dépit d’un rebond de près de 10 % durant le trimestre. Sur le plan régional, l’Amérique latine et la zone Europe de l’Est/Moyen-Orient/Afrique (EEMEA) ont plombé la performance des marchés émergents, tandis que l’Asie a produit des résultats positifs. Les actions asiatiques ont soutenu la performance des marchés émergents à la faveur du ton plus conciliant qu’attendu de la Fed, des signaux positifs entourant les négociations commerciales sino-américaines et des nouvelles mesures de relance en Chine.

Si l’on y ajoute l’annonce par MSCI de l’inclusion plus vaste que prévu des actions A chinoises dans ses indices, il n'est guère surprenant de voir la Chine poursuivre sur sa lancée depuis le début de l’année, avec un gain de 2,44 % en mars qui lui a permis d’enregistrer sa meilleure performance trimestrielle depuis le 2e trimestre 2009.

L’Inde a également été l’un des marchés émergents les plus performants en mars, grâce à des indicateurs macroéconomiques positifs et aux espoirs des investisseurs d’une victoire du parti BJP de Narendra Modi aux prochaines élections. Le redressement des valeurs technologiques a soutenu Taïwan mais pas autant la Corée, pénalisée par des bénéfices décevants, tandis que les élections en Thaïlande ont eu peu d’impact sur le marché.

Dans la région EMEA, la Turquie s’est repliée, le regain de volatilité de la livre turque ayant incité les investisseurs à vendre leurs actions à l’approche des élections locales. La morosité des données sur l’activité au Brésil a été aggravée par le manque d'avancées dans la réforme des retraites du fait de tensions entre le président et le Congrès, lesquelles ont inquiété les investisseurs.

Vers la fin du mois, l’inversion de la courbe des taux américaine et les signes d’une possible récession à venir aux États-Unis ont créé une certaine incertitude et provoqué des prises de bénéfices parmi les investisseurs internationaux. La roupie indienne a été la monnaie la plus performante sur le mois grâce aux afflux continus de capitaux étrangers, tandis que le réal brésilien a terminé tout en bas du palmarès. Les cours du pétrole ont poursuivi leur remontée à la faveur des baisses de production de l’OPEP+.

D’un point de vue sectoriel, les valeurs immobilières asiatiques l’ont emporté au niveau des marchés émergents dans le sillage de l’évolution favorable de la politique monétaire, tandis que les valeurs industrielles ont sous-performé.

Nous avons maintenu notre exposition surpondérée envers la Chine, à la faveur de la politique accommodante menée par Fed, des mesures de relance de l'État chinois et de l'augmentation progressive du poids des actions A locales dans les indices MSCI. Nous sommes restés optimistes vis-à-vis des actions brésiliennes, malgré les quelques prises de bénéfices auxquelles nous avons procédé suite à un solide mouvement de reprise et au scepticisme qui s'est installé concernant la réforme des retraites, tout en maintenant notre positionnement positif dans les secteurs de la santé, des valeurs industrielles et des matériaux.