17 JUIN

2019

Revenus fixes , Thèmes

Manque de visibilité sur bruit de fond géopolitique

 

Actions européennes: Santé et Services aux collectivités, les seuls secteurs affichant des gains…

L’automobile et les semi-conducteurs ont été les secteurs les plus pénalisés au cours de la période, en pleines tensions commerciales, tandis que la santé et les services aux collectivités ont été les seuls secteurs à générer des gains. Les valeurs financières ont également cédé du terrain, alors que les rendements obligataires ont touché de nouveaux planchers, pesant sur les perspectives de résultats du secteur. La faiblesse persistante des données économiques à l’échelle mondiale et l’absence d’une date spécifique de reprise des négociations commerciales sino-américaines assombrissent la visibilité sur les résultats et affectent l’appétit pour le risque dans cette région du monde. Ce facteur entraîne également un resserrement des valorisations relatives au sein des valeurs de qualité par rapport aux valeurs de rendement.

Nous conservons notre positionnement global en Europe et surveillons étroitement le Bund allemand, en sa qualité d’indicateur fiable du sentiment de peur sur les marchés. Nous surveillons également les dispersions/tensions en matière de style de gestion, dans la mesure où elles pourraient déboucher sur un retournement, après ce qui semble avoir été une surchauffe des marchés.






 


Actions américaines: les secteurs défensifs ont mieux fait que le marché 

La plupart des investisseurs espéraient une issue favorable aux négociations commerciales sino-américaines et/ou aux discussions concernant le « Brexit ». Ceci n’a pourtant pas été le cas.

La forte hausse des marchés boursiers mondiaux depuis le début de l’année s’est brusquement interrompue en mai. La plupart des investisseurs attendaient ou espéraient une issue favorable rapide aux négociations commerciales sino-américaines, mais ils ont été déçus par l’effondrement total de ces négociations. Le président Trump a même augmenté les droits de douane sur 200 milliards de dollars de marchandises supplémentaires, tout en plaçant le groupe chinois Huawei sur liste noire, interdisant à toute société de livrer des produits ayant plus de 25 % de composants américains à Huawei ou à ses filiales. A une échelle plus globale, l’économie mondiale pourrait être sérieusement affectée en cas d’escalade supplémentaire dans le conflit commercial. Les rendements obligataires se sont ainsi détendus de manière généralisée, en raison de la fuite des investisseurs vers des segments refuges.

Aux États-Unis, les secteurs défensifs se sont mieux comportés que l’ensemble du marché, alors que les valeurs cycliques (consommation discrétionnaire, industrielles) ont été en retrait. Dans ce contexte, notre positionnement surpondéré sur les soins de santé a été favorable. Notre exposition sous-pondérée aux services de communication a pour sa part légèrement pesé sur la performance.

Les petites capitalisations américaines ont sous-performé ces derniers mois, ce qui semble indiquer la fin du cycle.

Nous conservons notre attitude prudente/neutre en matière d’allocation sectorielle aux États-Unis, avec une surpondération de la santé, ce secteur devant se montrer moins sensible à toute escalade dans la guerre commerciale. Nous surveillons étroitement cette position, car des risques pourraient surgir lors du débat national concernant les programmes de sécurité sociale. Notre positionnement général aux États-Unis reste inchangé, mais nous suivons de près les services de télécommunication et les valeurs technologiques, afin de nous y repositionner dans le cas où une opportunité d’achat se présenterait.

 

Actions émergentes: négociations commerciales rompues

Les marchés émergents ont affiché leur plus mauvaise performance mensuelle depuis le début de l’année et sous-performé les marchés développés.

L’optimisme des investisseurs lié à une reprise naissante de la croissance mondiale s’est en effet estompé dans le sillage d’une nouvelle escalade dans les tensions commerciales.

L’Asie a été la plus touchée, la Chine étant affectée par la rupture des négociations commerciales avec les États-Unis, l’imposition de droits de douane supplémentaires ainsi que par les mesures prises envers des sociétés telles que Huawei, alors que la Corée et Taïwan ont souffert de la forte pondération du secteur technologique dans leurs indices de référence respectifs et de leur sensibilité au commerce mondial.

Les pays de l’ASEAN et l’Inde ont fait office de marchés refuges, l’Inde étant soutenue par la victoire du parti au pouvoir aux élections générales, ce qui constitue un gage de continuité politique. Les marchés de la zone Europe de l’Est/Moyen-Orient/Afrique (EEMOA) et ceux d’Amérique latine se sont également retrouvés sous pression, néanmoins dans une moindre mesure.

Vers la fin de la période, le Mexique est devenu la dernière victime des tensions commerciales en cours, Donald Trump apposant des droits de douane de 5 % sur les exportations mexicaines vers les États-Unis afin de contrôler l’immigration illégale.

Nous avons réduit notre exposition à la Chine à neutre, en procédant principalement à une vente d’ADR/sociétés cotées aux États-Unis et en réinvestissant une partie des bénéfices en Inde. Notre opinion sur les valeurs indiennes demeure toutefois neutre, compte tenu de la surperformance récente de ce marché. Nous conservons notre exposition surpondérée au Brésil afin de tirer parti des plans de relance économique actuels.