20 NOV.

2018

Thèmes , Actions , Stratégies d'investissement mensuelles

Les actions de croissance entraînent la baisse des marchés

 

Actions Européennes : Compte tenu de la persistance des risque géopolitiques, tout répit susciterait une forte reprise.

Les actions européennes ont chuté en octobre – les actions de qualité/croissance ayant, dans l’ensemble, sous-performé – tandis que les secteurs défensifs ont profité de 

l’aversion mondiale au risque pour surperformer. C’est principalement la tourmente

politique autour du budget italien qui a pesé sur la confiance des investisseurs.


En Allemagne, Angela Merkel a annoncé qu’elle quitterait la tête de son parti et ne briguerait pas une réélection à la chancellerie en 2021. Au Royaume-Uni, le sommet d’octobre s’est avéré décevant, compte tenu de l’avancée modeste des négociations liées au « Brexit ». L’indice PMI composite de la zone euro fléchit en octobre, indiquant une croissance du PIB annualisé de seulement 1,6 % au début du dernier trimestre de l’année.
Selon nos prévisions concernant le marché de l’énergie, la demande s’avérant plus faible que prévu (ce qui ne nous a pas empêchés d’atteindre nos objectifs de cours) et les investisseurs mondiaux maintenant leur surpondération du secteur, nous avons réduit notre exposition à celui-ci, passant à une sous-pondération.

Nous avons accru notre exposition cyclique en adoptant une position « surpondérée » sur le secteur de la technologie (principalement les semi-conducteurs) et « neutre » sur celui de la consommation discrétionnaire, car le récent repli et la forte dynamique des bénéfices dans ces secteurs les rendent encore plus attractifs.


 

Actions américaines : Forte croissance des bénéfices et valorisations avoisinant des niveaux historiques

Les actions américaines, qui avaient constitué pour les investisseurs une zone de confort exceptionnelle jusqu’en septembre, ont chuté face aux craintes que l’économie mondiale et les bénéfices aient atteint leur apogée et que la Fed opère un durcissement excessif de sa politique monétaire. Tous les secteurs ont continué d’afficher de solides résultats, présentant une croissance à deux chiffres. Les secteurs de la consommation cyclique et de la finance ont dépassé les bénéfices générés par les secteurs défensifs.
La baisse des bons du Trésor américain, au début du mois, a semblé inquiéter les investisseurs, qui ont vu les taux à 10 et 30 ans atteindre leurs plus hauts niveaux depuis 2011 et 2014, respectivement, avant d’évoluer partiellement en mode « risk-off ». Le compte rendu de la réunion du FOMC de septembre n’a guère surpris, reprenant les prévisions de hausse de taux pour 2019 et confirmant celles émises pour ce mois de décembre.

Nous avons tactiquement réduit à « neutre » notre exposition au secteur de la technologie, car le ratio risque/rendement y était moins justifié que dans le secteur de la santé, sur lequel nous maintenons une forte surpondération. Nous avons relevé à « neutre » notre exposition au secteur des services aux collectivités, dans un environnement politique et macroéconomique incertain.

 

 

Actions émergentes : Les risques propres à certains pays dominent les profits générés par la croissance mondiale

Les marchés émergents ont connu un mouvement baissier, dans un contexte d’affaiblissement général au niveau régional – une mauvaise saison des résultats, une actualité négative concernant la guerre commerciale opposant les États-Unis à la Chine, une envolée des taux dans le monde et la crainte d’un cycle tardif ont ébranlé la confiance des investisseurs.

Les marchés émergents ont continué à dégringoler, sous-performant les marchés développés. L’Amérique latine a surperformé, sous la seule impulsion du marché brésilien, après la victoire de Jair Bolsonaro aux élections présidentielles et en anticipation d’un programme favorable aux marchés. Le marché mexicain, au contraire, a chuté, en raison principalement de l’annulation de la construction, déjà entamée, de l’aéroport de Mexico, mais également des pertes de change liées aux inquiétudes suscitées par l’incertitude croissante envers la politique économique.

Les actions asiatiques ont perdu du terrain à la suite de l’affaiblissement mondial, dont les premiers signes se sont manifestés aux États-Unis. L’actualité négative concernant la montée des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, une envolée des taux dans le monde et le retour en force du dollar américain sont venus s’ajouter aux effets persistants de l’insuffisance des données macroéconomiques et de la liquidité en Chine durant le mois. Toutes les monnaies asiatiques, à l’exception du peso philippin, se sont affaiblie, alors que le dollar américain s’est renforcé le mois dernier. Le won coréen a poursuivi sa descente, tandis que la Banque de Corée a gelé son taux et que ceux des emprunts d’État ont atteint des sommets jamais vus depuis sept ans. La roupie indienne a continué à subir les pressions causées par le creusement du déficit courant, la perte d’appétit pour le risque et l’absence de répit dans le cycle de resserrement monétaire de la Fed.

Aucune tentative de relance en Chine, qu’il s’agisse de la réduction du taux de réserves obligatoires ou du projet de baisse d’impôts des particuliers, n’a jusque-là réussi à enrayer l’effondrement de la région. En attendant, le gouvernement a confirmé le ralentissement de l’activité économique en fin de mois et promis une politique accommodante, notamment à l’égard du secteur privé.

Nous maintenons notre position surpondérée envers le Brésil (mais avec un biais négatif), car le marché a affiché de bonnes performances en octobre, ainsi qu’envers l’Inde, sachant toutefois que le pays a continué à subir les pressions causées par le creusement du déficit courant.

Nous avons également conservé notre position neutre sur la Chine (avec un biais positif sur les actions défensives), tout en suivant de près les négociations commerciales en cours avec les États-Unis.