Coffee Break 28/09/2020

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • Les PMI « flash » du mois de septembre ont laissé entrevoir un fléchissement dans les services, qui sont plus vulnérables à la résurgence des cas de COVID-19, alors que le secteur manufacturier s'en sort beaucoup mieux.
  • S’exprimant devant le Congrès américain, le président de la Fed Jérôme Powell a promis que la banque centrale soutiendrait l'économie « aussi longtemps qu'il le faudra ». Malgré une certaine amélioration depuis le deuxième trimestre, les perspectives d’avenir restent « très incertaines ».
  • Le décès de Ruth Bader Ginsburg, juge progressiste de la Cour suprême des États-Unis, a déclenché une controverse. Son remplacement avant l'élection présidentielle offrirait au président Trump la possibilité de cimenter une majorité conservatrice de 6-3 à la Cour.
  • Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d'Angleterre, a mis en avant les résultats mitigés du recours à des taux d'intérêt négatifs. Bien que leur utilisation reste possible, elle n'est pas encore à l'ordre du jour.

 

ET ENSUITE ?

  • La politique sera sous les feux de la rampe en ce début du quatrième trimestre avec le premier débat présidentiel aux États-Unis et la reprise des négociations sur le « Brexit » entre le Royaume-Uni et l’UE.
  • Les démocrates de la chambre des représentants préparent un plan de relance de 2 400 milliards de dollars pour faire face au coronavirus. Le vote pourrait avoir lieu dès cette semaine, mais la polarisation politique à Washington réduit l’espoir d’un compromis.
  • Sur le plan statistique, les États-Unis publieront leurs derniers chiffres mensuels d’emploi avant les élections. On attend également les chiffres d’inflation et les taux de croissance définitifs du PIB du 2e trimestre pour les États-Unis et le Royaume-Uni.
  • Des données d’enquête sont également attendues des deux côtés de l’Atlantique, avec une série d’indices sur la confiance des consommateurs, la conjoncture actuelle et les anticipations d’inflation.

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • Notre scénario central prévoit la poursuite d’une reprise graduelle des marchés financiers, en raison principalement de l'abondance de liquidité et du soutien des gouvernements, mais cette dynamique pourrait s’essouffler d’ici la fin de l’année. Les marchés devraient continuer de connaître des hauts et des bas au sein d’une large fourchette de fluctuation. Dans le contexte actuel, l’incertitude perdure aux États-Unis, exacerbée par la nomination prochaine du successeur de Ruth Bader Ginsburg et le nombre élevé de cas de COVID-19. Un nouveau plan de relance budgétaire pourrait apporter un nouvel élan si le Congrès parvient à un accord sur son contenu.
    • La réponse politique européenne a quelque peu rassuré grâce à l’accord sur un plan de relance, qui combine le budget à long terme de l’UE et le nouveau plan « Next Generation EU » pour un montant total de 1 800 milliards d’euros. Cela devrait faire baisser la prime de risque des actions de la zone euro.
    • Nos principales convictions :
      • Premièrement, nous restons fidèles aux « gagnants » de la crise à moyen terme, tels que la technologie, la santé et l’environnement.
      • Deuxièmement, nous avons ajouté des positions sur des actifs qui présentent des niveaux de valorisation attractifs par rapport au passé. Nous avons identifié les banques au sein des secteurs « value », la dette des marchés émergents et les devises bon marché. Nous avons également accentué certaines préférences régionales (Europe et marchés émergents – notamment les actions chinoises de classe A – au détriment des États-Unis et du Japon).
  • Nos vues sur les marchés
    • Historiquement, la reprise économique (et l’augmentation des taux) est favorable à la performance des titres « value». Ce n’est pas le cas aujourd’hui, car les taux sont restés bas. Dans un contexte de ralentissement de la reprise et de nouvelle politique monétaire de la Fed, il n’y a pas de raison majeure de favoriser un style plutôt qu’un autre.
    • La volatilité n’est pas prête de disparaître : alors que la visibilité sur l'épidémie et ses conséquences reste limitée, elle est également de règle en période d’élection présidentielle. Les élections de 2020 s’annoncent très polarisées et une impasse parlementaire n’est pas à exclure.
    • À court terme, les attentes ayant été revues à la hausse, les surprises économiques risquent d’être moins favorables. Les taux réels ont cessé de baisser dans l'attente de nouvelles orientations de la banque centrale.
    • À plus long terme, les politiques monétaires et budgétaires conciliantes et la perspective d’un vaccin devraient conduire à une reprise de l’économie.
  • Risques
    • La pandémie de coronavirus est le principal risque pesant sur la reprise économique. Seul un vaccin pourrait inverser la tendance. Plusieurs sociétés se trouvent en phase finale des essais.
    • Risque électoral aux États-Unis : la gestion de la crise du coronavirus, les tensions économiques, les troubles sociaux et la perspective d’un arrêt brutal des mesures de soutien budgétaire sont source d’incertitude alors que la valorisation n’est plus aussi attrayante qu’elle ne l’a été. Une fois la période électorale passée, il y a convergence macroéconomique sur une politique expansionniste, qu’elle passe par une augmentation des dépenses (Biden) ou une baisse des impôts (Trump) dans un contexte de politique monétaire conciliante. Une impasse post-électorale au niveau du Congrès n’est toutefois pas à exclure.
    • Les relations entre les États-Unis et la Chine resteront probablement tendues et assombrissent les perspectives de croissance mondiale. Aucun des deux pays ne peut se permettre de relancer une guerre commerciale. Après la fermeture de consulats dans les deux pays, l'administration Trump publie maintenant des recommandations qui demandent que les entreprises chinoises cotées en bourse aux États-Unis soient radiées de la cote si elles ne donnent pas aux autorités de régulation américaines l'accès à leurs comptes vérifiés.
    • Négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE: alors que l'échéance du « Brexit » se rapproche à grands pas, le Royaume-Uni n’a toujours pas conclu d'accord avec l'Union européenne, ce qui l’expose au risque d'un « Brexit dur » : le pays serait soumis aux règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à compter du 1er janvier 2021.

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous maintenons une légère sous-pondération des actions dans leur ensemble, et compte tenu du contexte actuel, nous conservons aussi nos couvertures sur les actions américaines et européennes, ainsi que notre exposition à l’or et au JPY en tant que couvertures du portefeuille. En plus de notre conviction d’une réduction structurelle de la prime de risque de la zone euro et d’une surpondération des actions de la zone euro par rapport aux actions américaines, nous tablons également sur un affaiblissement à terme du dollar américain par rapport à l’euro. Nous avons une position neutre sur les actions britanniques. Nous surpondérons les actions émergentes (via les actions chinoises de classe A) et sous-pondérons les actions japonaises. Nous conservons enfin une exposition à la dette émergente et aux obligations investment grade.

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Nous avons une légère sous-pondération des actions, qui s’accompagne d’une sélectivité accrue concernant l’allocation régionale en actions.
    • Surpondération de la zone euro et sous-pondération des actions américaines. La réponse coordonnée des États membres face au virus a resserré les liens, tandis que la valorisation offre toujours une décote relative par rapport aux États-Unis et que la région est moins recherchée. Faisant habituellement preuve de résilience dans les périodes de récession, les États-Unis apparaissent aujourd’hui plus fragmentés que l'Europe. Les valorisations ne sont plus aussi attractives qu’elles ne l’ont été par le passé. Les rachats d’actions, qui ont été un moteur important ces cinq dernières années, devraient également être moins favorables en 2020.
    • Position neutre sur le Royaume-Uni de façon opportuniste. Le Royaume-Uni est passé à côté du rebond des marchés internationaux tandis que la faiblesse de la livre sterling devrait être un facteur de soutien. Cela ne devrait surprendre personne que le « Brexit » soit un facteur défavorable pour le Royaume-Uni, mais également pour l’Europe dans son ensemble.
    • Surpondération des actions émergentes (via les actions chinoises de classe A) et sous-pondération des actions japonaises. La Chine connaît une reprise économique en forme de « V » et compte au moins deux mois d’avance sur le reste du monde.
    • Nous conservons de fortes convictions à l’égard de divers investissements thématiques. Les secteurs de l’oncologie et de la biotechnologie s’avèrent relativement résilients dans le contexte actuel et révèlent un potentiel important de croissance alimentée par l’innovation et le pouvoir de fixation des prix. Nous pensons que les thèmes liés à l’action climatique et à l’environnement permettent d’avoir une exposition à des solutions essentielles pour un avenir plus propre et vont continuer à prendre de l’importance. Une gouvernance solide semble produire de meilleurs résultats lors d’une pandémie, tant au niveau des entreprises que des États.
  • Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte, mais avec une forte diversification, car l’environnement actuel pourrait engendrer des opportunités sur les marchés obligataires.
    • Sous-pondération des emprunts d’État qui n’offrent aucun potentiel de rendement en dehors des phases d’aversion au risque. Nous privilégions les obligations des pays périphériques par rapport à celles des pays centraux de l’Europe.
    • Dans un portefeuille multi-actifs, la diversification sur le crédit s’avère attrayante : nous surpondérons les obligations investment grade américaines et européennes, car les achats des banques centrales sont un facteur de soutien.
    • Nous surpondérons également la dette émergente, y compris les obligations d’entreprises, avec une préférence pour la dette en devise forte et ESG. La classe d’actifs continue d’offrir un portage favorable.
    • Nous avons une exposition à la couronne norvégienne (NOK), qui s’est révélée attractive pendant la crise, ainsi qu’à l’or et au yen japonais, qui jouent un rôle de couverture.
    • Notre conviction profonde d’une réduction structurelle de la prime de risque de la zone euro nous conduit à avoir une position vendeuse sur l’USD contre l’EUR.

 

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